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31/01/2007

(Sur)vivre sur les routes indiennes

Petit guide de survie à destination de l’usager de la route en Inde. La première règle essentielle est…qu’il n’y en a pas. Ou plutôt si, celle du plus fort. Ici, la route n’est pas à tout le monde mais à chacun. Une différence subtile à comprendre de toute urgence. Et ainsi développer un septième sens essentiel : le réflexe. Conduire en Inde relève d’une concentration permanente. Tout écart vous mettra dans une situation, disons, peu confortable.

Ensuite, ne pas oublier qu’en Inde, héritage britannique oblige, tout le monde roule à gauche. Mais croire que cela signifie « priorité à gauche » serait une grossière erreur. La priorité va au véhicule le plus imposant. Ou à celui qui a le klaxon le plus menaçant. Ce qui revient à peu près au même.

Sur les routes indiennes, on klaxonne pour tout et n’importe quoi. La plupart du temps pour dire : « Attention j’arrive, dégagez le passage. » Surtout quand il s’agit des bus. En général, ils passent en force, sans se poser de questions. Auraient-ils oublié l’existence de la pédale de frein ? Malheur aux deux-roues qui ne se seront pas rabattus sur le bas-côté : ils iront vérifier d’un peu plus près à quoi ressemble le sol.

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Le tout est de comprendre que la circulation fonctionne par vagues successives. Et ensuite de ne pas les rater. Quand on sent qu’on peut plus ou moins passer, alors il faut y aller, sans hésiter. Une seconde d’hésitation vous vaudra de nombreux coups de klaxons. Ou pire.

Pour résumer, l’usager devra apprendre à jongler entre les voitures qui déboîtent de nulle part, les piétons qui traversent sans regarder, les vaches, chèvres et autres chiens qui font simplement ce qu’ils veulent. Soit autant d’éléments indésirables peu réceptifs au klaxon.

Puis il faudra cohabiter avec des conducteurs qui ont une interprétation assez personnelle du sens interdit. Le scénario habituel : tourner dans une rue à sens unique et se retrouver nez à nez, ou plutôt roue contre roue, avec un rickshaw qui n’a rien à faire là. Au mieux, il s’excusera par un demi-sourire ou un hochement de tête. Au pire, il vous reprochera de ne pas avoir anticipé qu’il allait arriver en sens inverse !

Enfin, pour tourner, ne pas oublier de tendre son bras. Et ce, même si votre véhicule possède un clignotant. Motif : personne ne le regarde. Certaines voitures affichent toutefois « No hand signal » à l’arrière, pour prévenir qu’elles ne feront usage que de leur clignotant. Le monde à l’envers.

Extraits



Quant à ceux qui seront tentés par la conduite de nuit, une autre difficulté s’annonce : les pleins phares. Tout le monde conduit en pleins phares. Tout le monde, sauf vous. Résultat : vous êtes aveuglés. Et comme les Indiens ont une fâcheuse tendance à se balader la nuit sur le bord de la route, vous manquez d’en écraser quelques-uns.

Entre 1978 et 1998, le taux de mortalité sur la route a augmenté de 79 % en Inde. Dans le seul Etat du Tamil Nadu, il y a six accidents par heure, dont un mortel. À bon entendeur…

30/01/2007

Tout un village se mobilise contre le sida

« Un village montre l’exemple pour mettre fin à l’épidémie du sida », titre mardi le Times of India. Il s’agit de Budni, situé dans l’Etat méridional du Karnataka. Ses 4.000 habitants viennent de voter en faveur du dépistage obligatoire des garçons et des filles avant le mariage. Depuis cinq ans, 15 villageois, dont 4 enfants, sont morts du sida.

« Nos filles ont été mariées à des hommes venus de Mumbai, Kolhapur ou Goa, qui avaient contracté le virus. Elles sont ensuite revenues au village : veuves et malades. De même, certains de nos garçons ont été contaminés par des filles originaires d’autres villages. C’est pourquoi nous avons décidé de rendre le test obligatoire », explique l’un des membres du panchayat, l’équivalent de nos communes.

« Ce qui est frappant, s’étonne le Times of India, c’est que ce soit un village si peu développé qui ait pris cette mesure positive ». En effet, à Budni, l’hôpital le plus proche est à 10 kilomètres. Il n’y a ni route ni école secondaire. La majorité des 600 familles vit dans des maisons de boue.

Désormais, une « révolution silencieuse est en marche », estime le quotidien. Les « devadasis » ont pris la tête de la lutte contre le sida. Les devadasis, issues de la caste des intouchables, sont des esclaves de Dieu. À leur naissance, elles sont vouées à une déesse hindoue et devront ensuite offrir leurs corps aux hommes. Des prostituées divines, premières victimes de l’épidémie.

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Tous les jours, les devadasis de Budni font le tour du village avec des instruments de musique afin de « réveiller les consciences ».







Le peu de moyens ne les a pas découragés : elles ont créé un comité de santé qui s’occupe actuellement de 35 personnes atteintes du HIV. « J’ai été consacrée devadasi à l’âge de neuf ans. Ce qui s’est passé ensuite s’apparente à l’enfer. Je ne veux pas que les filles du village connaissent ce que j’ai subi. Maintenant, je travaille pour la communauté, je lutte contre le HIV et contre le système des devadasis », explique Kalavathy. Elle a permis à 12 jeunes filles d’échapper à ce tragique destin. « Une vraie révolution », conclut le Times of India.

Selon le dernier rapport d’Onusida, l’Inde détient le triste record du plus grand nombre de personnes infectées par le VIH. Avec 5,7 millions de personnes contaminées, l’Inde dépasse désormais l’Afrique du Sud (5,5 millions).

29/01/2007

Petite histoire d'un mariage arrangé

Murthy et Sharmila se sont dit « oui » lundi matin. Se jurant amour et fidélité jusqu’à ce que la mort… Non, à tout bien y réfléchir, ça ne ressemblait pas vraiment à ça.
C’était juste…autre chose. Un mariage arrangé conclu en deux semaines. Il y a 15 jours, Murthy et Sharmila ne s’étaient jamais rencontrés. Aujourd’hui, ils sont mariés. Quoi de plus normal pour celui baigné dans la culture indienne. Difficile à comprendre pour celle bercée par la culture occidentale.

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Tout commence par un dîner la veille de la cérémonie religieuse. Les invités se retrouvent dans l’un des nombreux « marriage hall » de la ville. Dans ce qui ressemble à une vaste cantine, les convives partagent le thali, plat typique de la région. Pour se faire une idée, il suffit d’imaginer un mariage traditionnel en France. Le dîner qui dure des heures et les plats qui se succèdent. Et ensuite, d’imaginer exactement l’inverse. Voilà, c’est à ça que ressemble un mariage tamoul. On mange vite, assis devant sa feuille de bananier. On parle peu. Ici, la notion de «dîner convivial » n’existe guère. Il s’agit de manger, point.

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Seule originalité dimanche soir : le nombre d’Occidentaux réunis dans la salle. Normal, Murthy est le sculpteur d’Auroville. Il a reçu plusieurs récompenses nationales, tel que le précise son faire part : «N. Murthy, national awardee of stone carving.»

Voilà. ll est à peine 20h15 et c’est déjà fini. Vous partez avant même que la future mariée arrive. Elle parcourt les dix kilomètres entre Pondichéry et Auroville sur un trône illuminé qui avance à 5 km/h !

Le lendemain a lieu la cérémonie religieuse. À 6h du matin. Une histoire d’horoscope. La cérémonie est très protocolaire. Précédés des musiciens, les mariés s’installent sur un pandel, un petit espace sacré situé sur une estrade. Le jeune couple est entouré par sept femmes - obligatoirement non veuves - portant des plateaux chargés des divers objets nécessaires à la cérémonie (noix de coco, bijoux, etc.).

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S’en suit une série de rituels minutieux. On commence par invoquer Ganesh, le dieu qui lève les obstacles. Vient ensuite le bain rituel donné par cinq femmes au fagot sacré composé de trois plantes. Fécondité, longévité, douceur de vivre : cette cérémonie attirera sur le couple divers bienfaits. Les futurs époux rendent ensuite successivement hommage à leurs parents en leur baignant les pieds sur un large plateau. Suivent le thâli pûjâ et le thâli kattudal qui constituent en quelque sorte l'équivalent de la bénédiction et de l'échange des alliances dans le mariage chrétien.

Les invités et la famille lancent alors sur le couple du riz safrané mêlé de pétales de fleurs, ajoutant ainsi leur bénédiction à celle du prêtre. Main dans la main, les mariés font sept fois le tour du feu sacré. Ensuite, ils reçoivent cadeaux et argent de la part des convives qui se succèdent sur l’estrade. Ils se rendent ensuite au temple le plus proche. C'est en tant que mari et femme qu'ils assistent à la cérémonie.

Pour Murthy, presque la trentaine, ce mariage est la fin de longues semaines de pression parentale. Et le début de grandes questions existentielles pour quelqu’un qui n’a jamais partagé sa vie : «Quand on a une femme, on doit rentrer à la maison après le travail ? Comment on fait si on a envie de faire autre chose ?», se demandait-il ainsi il y a quelques semaines. Souhaitons leur que ce vieil adage populaire soit vrai : « L’amour vient après le mariage. »

Voir le film du mariage



26/01/2007

Et la République indienne fut créée

Le 26 janvier 1950, l’Inde devient une République. Deux ans et demi après son indépendance. Le père de la Nation, le Mahatma Gandhi, décédé en 1948, n’est pas là pour constater le fruit de ses années de lutte. S’adressant à ses compatriotes, Nehru déclare : «Nous avons de la chance d’assister à la création de la République indienne. Nos successeurs nous envierons cet instant unique.»

medium_ambedkar_small.JPG Ce jour-là, la Constitution est adoptée. L’un de ses principaux rédacteurs est le Dr Ambedkar, figure de la lutte en faveur des intouchables.






Dans le texte, il inscrit la lutte contre toutes formes de discrimination, tant envers les femmes qu’envers les hors-castes. Il élève au rang de principe constitutionnel le principe du respect de la liberté de religion. « Chaque citoyen obtient alors le droit de votre, faisant de notre pays la plus grande démocratie du monde », rappelle le Hindu dans son édition de vendredi.

L’Assemblée constituante adopte également l’hymne national indien, inspiré d’une chanson écrite et composée par le Prix Nobel de littérature, Rabindranath Tagore.

Ici, interprété par les meilleurs musiciens indiens.



medium_embleme_inde_small.jpg La toute nouvelle République indienne se dote d’un emblème : le lion. Il trouve son origine dans le chapiteau aux lions d'Ashoka retrouvé à Sarnath, près de Varanasi, dans l'état du Uttar Pradesh. Ce chapiteau comporte quatre lions symbolisant la puissance, le courage et la confiance.


Là se trouve la devise nationale : Satyamēva Jayatē, « Seule la Vérité triomphe », en sanskrit.

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Depuis, chaque 26 janvier est jour de fête nationale. Toutes les villes et villages indiens se parent aux couleurs de la République : orange, blanc et vert.

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À Dehli, une grande parade militaire est organisée en présence du président de la République indienne, Abdul Kalam.









Voir ce clip gouvernemental, destiné à promouvoir la République indienne.


25/01/2007

Amour, gloire et politique

Dans l’Etat du Tamil Nadu, les politiques sont en général de bons acteurs. La raison est simple : ce sont de vrais acteurs ! Sortis tout droit de Tamilwood, le Bollywood tamoul.

medium_MGR_SMALL.jpg Il y eut d’abord M.G. Ramachandran. M.G.R pour les intimes. L’homme se présente aux élections régionales en 1977. Sur grand écran, la superstar incarne les héros épiques. Sur le terrain, le public-électeur ne fait pas la différence : M.G.R récite devant la foule en liesse les dialogues qui ont fait son succès.


Le discours est creux mais peu importe, l’électeur retrouve le plaisir déjà éprouvé dans les salles obscures. Adoré, adulé, l’homme va régner pendant dix ans sur l’Etat du Tamil Nadu.

À sa mort, les tamouls assistent à un étrange duel. La femme de M.G.R et sa maîtresse s’affrontent dans un combat sans merci pour capter son héritage politique. Un scénario digne des meilleurs films tamouls. Et ce d’autant plus que la maîtresse n’est autre que la jeune première du cinéma indien, Jayalalitha. Habile, cette dernière remporte les élections régionales en 1991. Elle devient la première femme élue au poste de « chief minister » d’un Etat.

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Jayalalitha s’est fait connaître pour son populisme teinté d’autoritarisme. Les journalistes sont les premiers à en faire les frais. Elle est aussi connue pour son culot : impliquée dans six affaires de corruption, elle retourne l’accusation contre le premier ministre de l’époque, Atal Behari Vajpayee , et est réélue en 2001. Elle est alors au top de sa popularité : des temples lui sont entièrement consacrés ! La « femme de fer » est même entrée au Guiness des Records pour avoir organisé le plus grand banquet de mariage : son fils était entouré de 150.000 convives.

medium_nouveau_small.jpg Un record vraisemblablement insuffisant pour être réélue en mai 2006. C’est désormais le docteur Kalaignar M. Karunanidhi qui est à la tête du Tamil Nadu. Et ce pour la cinquième fois.


Lui n’a pas été acteur mais scénariste, avec plus de 70 films à son compteur. Un peu comme si Jean-Marie Poiré prenait la tête de la région Ile-de-France !

24/01/2007

Love story à l’aéroport de Chennai

L’aéroport de Chennai, ex-Madras, a été mardi le théâtre d’une «histoire digne des plus grands films bollywoodiens», selon le Deccan Chronicle.

Tout commence il y a six mois quand une jeune fille de 23 ans, originaire du Punjab, à la frontière indo-pakistanaise, tombe amoureuse de son voisin d’en face. Ce qui aurait dû être le début d’une belle histoire d’amour se transforme vite en enfer. En Inde, le mariage arrangé reste de mise. Les deux familles s’opposent donc à cette relation.

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Pour « aider à la rupture », la famille de la jeune fille l’envoie chez des proches à New York. Pendant six mois, elle feint d’avoir oublié son amoureux. Mais en réalité, les deux tourtereaux s’échangent des mails enflammés à longueur de journée.

La croyant « guérie », sa famille l’autorise à rentrer au pays. Mardi midi, son oncle l’attend à l’aéroport. Mais il ignore une chose : son amoureux est venu la chercher. La jeune fille à peine débarquée, le couple s’enfuit vers un rickshaw. C’était sans compter la volonté de l’oncle, qui les a rattrapés avant qu’ils n’atteignent le véhicule. La jeune fille s’est retrouvée tiraillée par son oncle et son petit ami, forçant la police à intervenir. Tout le monde a été embarqué au poste.

Après huit heures de négociations, l’oncle a cédé, quittant le commissariat en maudissant le jeune couple. Quant aux deux amoureux, ils sont partis main dans la main.

Qui a dit que les histoires d’amour finissaient mal ?


07:05 Publié dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (5)

23/01/2007

2007 : le «Petit Napoléon» va trébucher

« Petit Napoléon ou néo-conservateur ? » Pour qualifier Nicolas Sarkozy, l’éditorialiste du Hindu hésite. « La nomination, certains diront le sacre, du ministre de l’Intérieur français et président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, comme candidat des conservateurs pour l’élection présidentielle n’est pas une surprise. Le petit Napoléon n’a en effet jamais caché ses ambitions », écrit-il.

Pour le quotidien de centre gauche, le constat est clair : « En deux ans, Sarkozy a transformé l’UMP en une formidable machine politique entièrement sous ses ordres. » Cependant, il a commis une erreur : « En essayant de courtiser à la fois les électeurs centristes et ceux d’extrême-droite, il a fait une série de déclarations contradictoires. »

Et de lister les plus évidentes :
- Il a soutenu la guerre en Irak avant de la condamner.
- Il a promis aux immigrés de leur accorder le droit de vote aux élections locales avant de changer d’avis.
- Il est en faveur de la libéralisation pourtant, il défend les entreprises publiques françaises des « prédateurs étrangers ».

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L’éditorialiste du Hindu estime par ailleurs que si Nicolas Sarkozy s’est prononcé contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne - « snobant ainsi les 5 millions de musulmans français » -, c'est uniquement pour satisfaire les électeurs d’extrême-droite.

« Ce genre de discours ne sera pas suffisant pour remporter l’élection », conclut le Hindu. Et ce d’autant plus que « Chirac pourrait se présenter comme candidat indépendant ». « Le président français a en effet la réputation de placer ses propres intérêts au-dessus de ceux de sa famille politique et il déteste Nicolas Sarkozy », précise le journal.

« Cet homme, que les socialistes ont surnommé 'le néo-conservateur américain à passeport français', pourrait bien trébucher face à la socialiste Ségolène Royal », estime le journal. Et de se poser la même question que de nombreux électeurs français : « Va-t-on assister à un match Ségo-Sarko ou Le Pen va-t-il de nouveau jouer les perturbateurs ? »

Selon le Hindu, une chose est sûre : « Avec plus de 40 candidats dans la brèche, le 22 avril réunit tous les ingrédients d’une série à suspense. »

07:15 Publié dans Vu d'ici | Lien permanent | Commentaires (2)

22/01/2007

Le voyage astral de Saddam

« Où est l’âme de Saddam ? », s’interroge le Deccan Chronicle, près d’un mois après la pendaison de l’ancien raïs. Pour répondre à cette question, le quotidien a fait appel à Veenu Sandal, journaliste et astrologue de renom en Inde. Et cette manchette prometteuse : « Veenu Sandal a suivi pour nous l’âme de Saddam Hussein dans le monde astral. »

L’article commence par les interrogations de rigueur : « Saddam Hussein est-il devenu un fantôme qui vient hanter ceux qui l’ont tué ? Sa présence étant désormais indétectable, même par les gadgets de sécurité les plus sophistiqués, va-t-il aller à la Maison-Blanche ou rendre visite au président Bush dans son ranch texan ? Est-il allé au paradis pour avoir donné sa vie à son pays ou est-il en train de souffrir pour toutes les souffrances dont on dit qu’il est responsable ? »

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S’en suit une longue explication des différents scénarii post-mortem. « Quand une personne meurt, l’âme, accompagnée par des messagers du Dieu de la Mort et ses proches disparus, se dirige vers le monde astral », explique l’astrologue.

Oui, mais voilà, « certaines fois, l’âme ne quitte pas la terre et devient un fantôme ». Là, plusieurs cas de figure : soit l’âme se transforme en fantôme errant. Et ce, parce qu’il y a eu « une défaillance au cours de la cérémonie mortuaire ». Soit, l’âme devient un fantôme parce qu’elle « n’a pas assez de force pour embarquer à bord de son voyage astral ». Dans le cas d’une maladie, par exemple.

Autre possibilité : l’âme devient un fantôme parce qu’elle ne veut pas quitter la terre et que personne ne peut la forcer. Ou encore parce qu’elle a quelque chose à accomplir avant de rejoindre les astres. Et l’astrologue de poursuivre très sérieusement : « Par exemple, chez moi, j’ai deux fantômes. Le premier, un prêtre de son vivant, était là bien avant que la maison ne soit construite. Quand il passe, un parfum exquis envahit la pièce. »

À quelle catégorie appartient donc Saddam ?

Après de longues explications sur le pourquoi du comment Saddam est mort - avec un passage inquiétant sur le thème du «Si Bush et Blair se sont trompés en envahissant l’Irak, pourquoi Saddam n’aurait-il pas eu le droit de se tromper aussi ?» - Veenu Sandal arrive à trois certitudes :

• « Son âme n’est ni au paradis ni en enfer »
• « À chaque date anniversaire de sa mort, beaucoup de gens verront son fantôme »
• « Son âme connaît en ce moment même un processus intense de purification spirituelle »

Et de conclure : « Ce qui est une bonne chose pour tous. Pour ses sympathisants comme pour ses détracteurs. »

Nous voilà rassurés.

La version de Charlie Hebdo

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(DR/Charlie Hebdo)

19/01/2007

Un ministre au secours de la moralité publique

De l’art de la censure. Le gouvernement indien vient d’interdire AXN, la chaîne des séries télé et des programmes de télé-réalité. Et ce, jusqu’au 15 mars. Selon le ministre de l’Information, Priya Ranjan Dasmunsi, le contenu de cette chaîne étrangère est «indécent et de mauvais goût». Un programme a particulièrement déclenché la colère de ce ministre puritain : «The world's sexiest commercials», soit un tour du monde des publicités les plus sexy. Ranjan Dasmunsi estime que cela « nuit à la moralité publique ». Sauf à celle des habitants de Chennai et de Pondichéry, où, en raison de mystérieux problèmes techniques, la chaîne diffuse encore !

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(Capture d'écran d'une publicité)

La décision a bien sûr provoqué la colère des téléspectateurs, privés de leurs séries préférées. « C’est ridicule. La décision du gouvernement est injuste. Je ne vais pas pouvoir regarder mes séries ! », s’indigne un fan d’AXN dans les colonnes du Deccan. D’autres se demandent où est la logique, tel cet étudiant en MBA : « Certains clips diffusés sur les chaînes musicales sont beaucoup plus osés que les publicités du programme. » (cf. Let’s dance)

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Les publicitaires ont vivement réagi. « Le gouvernement a pris une décision absurde. Si les politiciens jugent que certains programmes sont obscènes, ils doivent demander à la chaîne de les retirer », estime l’un d’entre eux. Et de s’interroger : « Comment une seule personne peut-elle décider de ce qu’un milliard de personnes a envie de regarder ? »

D’autres s’interrogent sur la définition même de l’indécence. « Comment définir l’indécence ? Je ne soutiens pas l’obscénité mais nous devrions nous mettre d’accord sur ce qui est ou non indécent. Ce genre de décision ne doit pas être politique », estime le vice-président d’une boîte de pub.

Par le passé, cinq chaînes ont déjà connu des interdictions temporaires. Depuis deux ans, le gouvernement indien a adressé 203 rappels à l’ordre à différentes chaînes de télévision, dont un tiers pour diffusion d’images à caractère obscène.

18/01/2007

Quand le racisme s’invite chez Big Brother

Soupçons de racisme sur le Big Brother anglais. Lors de la quotidienne de mardi, diffusée sur Channel Four, trois candidates du célèbre jeu de télé-réalité ont tenu des propos racistes envers la participante indienne, l’actrice Shilpa Shetty.

Les médias indiens et anglais se sont aussitôt emparés de l’affaire. « Big Brother India soutient Shilpa », titrait jeudi le Deccan Chronicle. « Big Brother est devenu Big Bother (gênant) - hier soir », titrait-t-on côté britannique.

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(Photo AP)

Et le Deccan Chronicle de donner des exemples desdits propos.
Dialogue entre deux candidates :
« Elle me rend malade. »
« Oui, c’est un chien. Elle rêverait d’être blanche. »

Autre exemple, devant un poulet cuisiné par l’actrice de Bollywood :
« Je n’ai pas assez confiance pour manger ce poulet. J’ai peur. »
« Oui, qui sait où elle a mis ses mains. »

Quant aux questions posées à la candidate indienne, elles se passent de commentaire : « Tu habites dans une maison ou dans une cabane ? »



L’Ofcom, l’autorité britannique de surveillance audiovisuelle, a reçu plus de 19.000 plaintes de téléspectateurs choqués. Le CSA anglais a promis que des décisions seraient prises en fonction des lois en vigueur au Royaume-Uni.

La polémique embarrasse les autorités britanniques. Elle a atterri à la Chambre des Communes où un député d’origine indienne, Keith Vaz, a interpellé Tony Blair. Réponse de l’intéressé : «Je n’ai pas vu l’émission, je ne peux donc pas faire de commentaire». Le chef du gouvernement a toutefois rappelé son opposition au « racisme sous toutes ses formes ».

Londres tente désormais de calmer le jeu. Un porte-parole britannique a ainsi rappelé « le rôle important joué par la communauté indienne au Royaume-Uni. »

Côté indien, le gouvernement a demandé aux autorités britanniques de sanctionner ces propos. Et le ministre indien de l’Information de donner un conseil à ses compatriotes : « Avant de participer à ce genre de programmes à l’étranger, veuillez informer le gouvernement. » A bon entendeur…

 
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