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20/02/2007

68 morts à bord du Dehli-Attari (II)

Mardi 20 février. En « une » de tous les journaux indiens : l’attentat de dimanche soir et ses 68 victimes. Difficile faire l’impasse sur ce blog. Et ce d’autant plus que les réactions à cet attentat sont plutôt d’un genre nouveau.

Les responsables indiens et pakistanais semblent en effet faire front commun contre le terrorisme. « Il y a à peine un an, cette rencontre aurait abouti à l’arrêt du processus de paix entre les deux pays », écrit le Deccan Chronicle, désormais, les négociations survivent à la terreur. » Ainsi, la rencontre prévue mercredi entre les ministres indien et pakistanais des Affaires étrangères n’a pas été annulée. Le quotidien du sud indien souligne le caractère inhabituel de cette « réaction spontanée de rejet du terrorisme » par les deux parties et l’impute à « une colère commune contre ces criminels qui ont tué des innocents », à la fois Indiens et Pakistanais.

 

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(À gauche, le haut commissaire pakistanais, Shahid Malik, avec le ministre indien des Chemins de Fer, Lalu Prasad Yadav. (Photo AP)

 

Pour une fois, insiste encore le journal, le premier ministre indien, Manmohan Singh, et le président pakistanais, Pervez Musharraf, n’ont pas opté pour la facilité, à savoir, désigner le camp d’en face. « Hindous et Musulmans, Indiens et Pakistanais, des deux côtés nous savons qu’il y a des gens qui veulent arrêter le processus de paix entre nos deux pays. Nous ne devons pas leur laisser la possibilité de le faire», a déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Khursheed Mehmood Kasuri. « Nous ne les laisserons pas saboter le processus de paix », a renchéri le général Musharraf, dans les colonnes du journal pakistanais Dawn.

Toutefois, dans la presse pakistanaise, les extrémistes hindous sont montrés du doigt, en raison notamment du nombre de Pakistanais morts dans l’explosion. (Lire l’article de The Nation).


Sur le terrain, l’enquête avance. Le ministre des chemins de fer, Lalu Prasad Yadav, a annoncé l’arrestation d’une personne. Des témoins ont raconté avoir vu cet homme, en compagnie d’un autre, dans l’un des deux wagons visés, et ce, peu avant l’explosion. Selon ces témoins, les deux hommes avaient « une attitude louche ». Aucun indice n’a pour l’instant permis à la police de retrouver la trace du deuxième suspect.

 

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(Photo Reuters)

 

Dans la région, la sécurité a été renforcée. Le Thar Express, qui effectue la liaison entre Munabao au Rajasthan et la gare de Khokharapar, dans la province pakistanaise de Sindh, a été placé sous étroite surveillance. Lalu Prasad a en effet reconnu lundi un défaut de sécurité en gare de Dehli. « Il y a des détecteurs de métaux mais pas d’équipements pour contrôler ce qu’il y a l’intérieur des bagages », a-t-il déclaré. Le ministre de l’Union, Naranbhai Rathva, a quant à lui annoncé le versement de 1.000.000 de roupies - 17.216 euros - aux familles des victimes, et 50.000 roupies - 858 euros - aux blessés. Les victimes Pakistanaises recevront la même indemnité.


N
ote d’espoir dans la catastrophe, cette histoire à la une du Deccan Chronicle. Dimanche soir, Syed Mohammad Siddiq, sa femme et ses trois enfants, se rendaient en taxi à la gare de Dehli, pour embarquer à bord du Samjhauta Express. Impatients de retrouver leurs proches au Pakistan, ils ont demandé au chauffeur d’accélérer la cadence. Mais la voiture est tombée en panne d’essence. À quelques minutes près, la famille a raté le train. «C’est le destin. Dieu a voulu sauver ma famille de la mort», a déclaré Syed Mohammad Siddiq. « Nécessairement, le hasard a beaucoup de pouvoir sur nous, puisque c'est par hasard que nous vivons », écrivait Sénèque.

 

Plus d'infos :

Chronologie des principaux attentats dans les trains indiens. 

Reportage sur les lieux du drame. 

Commentaires

les deux chefs de gouvernements ont compris qu'il n'était plus dans leur intéret de se quereller et de laisser les extremistes pourrirent leur relation. Car en dehors de livrer la mort, l'objectif des terroristes est non seulement de faire peur, de tuer mais aussi et surtout de faire en sorte que cette politique de la terreur joue sur l'économie et l'Inde et du pakistan. Plus les gens resteront pauvres et mieux cela arrange les extremistes.

Je note par contre les primes dérisoises aux victimes blesses et familles de victimes, car même si cela paraitre beaucoup pour ce pays, la somme reste quand même bien misérable.

Écrit par : Montjoye | 20/02/2007

bonjour Marianne,
je découvre ton blog à travers cette actualité si tragique... Bravo en tt cas pr ces éclairages d'une réalité si différente de la nôtre. Et bon séjour là-bas !

Écrit par : alf | 20/02/2007

@Montjoye.
Erratum : l'indemnité prévue pour les familles des victimes de l'attentat est d'un million de roupies, soit environ 17.000 euros, et non de 100.000 roupies.

Écrit par : L'Indépendante | 20/02/2007

merci pour la rectification, Oui c'est déjà mieux et représente une somme 'normale' pour l'Inde. J'ai noté que les pakistanais recevrons la même indemnité, ce qui à mon avis est assez juste et permet d'éviter le fait qu'il y ai aux yeux de certains des morts plus importants que les autres.

Écrit par : Montjoye | 20/02/2007

re : votre lien sur la chronologie ne fonctionne plus

Écrit par : Montjoye | 20/02/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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