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01/03/2007

Équilibre précaire au Gujarat

medium_affiche_film_smal.jpgIl y a cinq ans, l’Etat du Gujarat connaissait de terribles émeutes anti-musulmanes. Le réalisateur Rahul Dholakia, originaire de cette région, en a fait un film, « Parzania », sorti ces jours-ci sur tous les écrans du pays.

 

 

 

 

Tous ? Non. Car le film a été interdit au Gujarat, dirigé par Narendra Modi, représentant de la ligne dure du BJP, les nationalistes hindous.

Tout commence le 27 février 2002, quand 58 personnes meurent dans l’incendie d’un train à Godhra, au Gujarat. Ce jour-là, le Sabarmati express, qui fait la route entre Ahmedabad et les villes du nord de l’Uttar Pradesh, transportait des activistes hindous, les Kar Sevaks.

Ces derniers rentrent d’un pèlerinage contesté à Ayodhya. Depuis longtemps, cette ville  cristallise les violences intercommunautaires entre hindous et musulmans. En cause ? L’emplacement de la mosquée Babur. Les hindous prétendent qu’elle se trouve sur le lieu d’un ancien temple dédié à Rama. Le 6 décembre 1992, la mosquée est détruite par les activistes hindous, entraînant une vague d'affrontements intercommunautaires.

 

medium_violences_gujarat_small.jpg

 

En février 2002, les extrémistes hindous accusent leur pendant musulman d’avoir commandité l'incendie du train. Il n’en faut pas plus pour déclencher un véritable pogrom anti-musulman.

 

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Entre 800 et 2.000 personnes, selon les sources, ont été tuées. 75.000 autres ont dû fuir leurs maisons.

 

 

 

 

 

 

 

Après les émeutes, la Commission nationale des droits de l’homme a mis en évidence la responsabilité de l'État du Gujarat dans le déroulement de ces violences. Plusieurs rapports de l'ONG Human Rights Watch ont également conclu à une planification des tueries antérieure à l'incendie du train. Par ailleurs, l’enquête, rendue difficile par la mauvaise volonté des autorités locales, n’a jamais permis de savoir si l’incendie était accidentel ou criminel.

Cinq ans après, le fait que le film ne soit pas sorti au Gujarat montre que l’équilibre communautaire reste fragile dans cette partie de l’Inde. « Le film rappelle que les fantômes de 2002 hantent toujours l’Etat du Gujarat et qu’ils ne seront pas exorcisés tant que les responsables du carnage seront au pouvoir », écrit le magazine Frontline cette semaine. Et de conclure : « Cinq ans après, la peur règne toujours au Gujarat. »


Sur les violences de 2002, lire l’article de Christophe Jaffrelot, spécialiste de l’Inde et directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI).

Commentaires

Ayant vécu à Pondichéry quelques temps, c'est avec plaisir que je lis votre blog. Vos notes et photos me provoquent des souvenirs. Cela ne s'arrange pas à Auroville... J'ai mis un lien depuis mon blog vers le votre... http://ressacs.hautetfort.com
Bonne continuation donc.
Bien cordialement

Écrit par : Saïd Mohamed | 01/03/2007

Merci !

Écrit par : L'Indépendante | 01/03/2007

J'était à Ahmedabad en Février 2003, et un an après les événements, nos amis nous conseillaient de ne pas s'aventurer dans la vieille ville...Tout bougeait comme partout, mais avec cette sorte de pression invisible et insidieuse..."Dust city" restera malgrès ça pour moi une ville incroyable et facinante, ce fut mon premier contact avec l'inde, quel claque !
Merci pour ce blog, ou je retrouve pondichery et auroville, ou j'ai séjourné quelque temps. j'ai même donné 1 ou 2 cours de multimédia la-bas, collègue !
Bonne continuation.
sam

Écrit par : samuel | 04/03/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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