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02/04/2007

La démocratie par la caste (bis)

Pas plus tard que vendredi, j’évoquais sur ce blog une société indienne, figée par l’existence des castes. C’était sans compter la volonté de certains de faire voler en éclats ce système millénaire. À Coimbatore, dans le Tamil Nadu, 100 mariages inter-castes sont célébrés chaque année. Une petite révolution dans cet Etat conservateur.

Devenus parents, ces couples ont lancé une mode : baptiser leurs enfants d’un prénom « révolutionnaire », qui ne fait ni référence à la caste ni à la religion. En Inde, les noms et prénoms permettent en effet de savoir immédiatement l’appartenance sociale et religieuse de l’individu.

Ainsi, Russia et Arivukadal viennent d’appeler leur nouveau-né Cuba. « Ils ont choisi de l’appeler Cuba car c’est une île révolutionnaire et anti-impérialiste », a expliqué le grand-père de l’enfant. « Ces noms peuvent paraître étranges, mais ils ont été donnés pour faire évoluer les mentalités. Un nom n’est qu’une identité. Il ne doit pas indiquer la caste d’un individu », explique K. Ramakrishnan, le secrétaire général du parti Periyar Dravidar Kazhagam (PDK).

 

Depuis plusieurs années, le PDK, un parti politique du Sud indien dont l’un des objectifs est d’en finir avec l’intouchabilité, encourage les mariages inter-castes. « Comme la différence de caste est l’une des barrières principales à ce genre de mariage, les couples choisissent pour leurs enfants des prénoms qui n’ont aucun rapport avec une caste ou une communauté », explique K. Ramakrishnan. Selon le secrétaire général, le nombre de mariages inter-castes à Coimbatore aurait augmenté de 25 % en 2006 par rapport à l’année précédente.

Parmi ces couples, certains ont choisi d’appeler leurs enfants Vietnam, Jakarta, Malaisie ou Manille. « Ces prénoms symbolisent la liberté et l’indépendance de ces enfants par rapport au système de castes », expliquent M. Pughazendi et Mme Manimegalai, les parents de la petite Manille.

Pour le secrétaire du PDK, il n’y a rien de bizarre à choisir un nom de pays pour prénom : « Il y a bien des gens qui appellent leurs enfants Chidambaram ou Tirupathi (des villes indiennes) ou qui les affublent des noms des personnages épiques hindous. »

Mais cela amène parfois à des situations cocasses. Ainsi, quand Vietnam a voulu s’inscrire sur les listes électorales, le fonctionnaire l’a regardé de haut : « Je t’ai demandé d’écrire ton nom et pas d’où tu viens ! »

Commentaires

Génial !
La révolution des esprits est en route.

Écrit par : Odin | 02/04/2007

Moi aussi je dis bravo !

Très joli en plus de s'appeler Manille. ;)

Écrit par : Malou | 02/04/2007

Bonjour,

J'en veux plus, sorry... Une grande envie de mieux comprendre. As tu quelques références livresques qui me permettraient d'en savoir plus sur le sujet de la remise en cause des castes.

Merci

Écrit par : dominique | 09/04/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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