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23/04/2007

On en parle

The Hindu, le plus francophile des journaux anglophones indiens fait sa « une » du jour sur la présidentielle.

 

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Selon Vaiju Naravane, la correspondante du journal à Paris, « les grands perdants » de l’élection française sont François Bayrou, « qui espérait séduire les électeurs du centre-droit et du centre-gauche » et Jean-Marie Le Pen, « qui a multiplié ces dernières semaines les déclarations provocantes afin de récupérer les voix les plus extrêmes ».


Quant à Nicolas Sarkozy, The Hindu estime qu’il a réussi à récupérer un bon nombre de voix de l’extrême droite. Les électeurs de gauche ont de leur côté « tiré les leçons » de la présidentielle de 2002.


Le journal du sud-indien estime que le grand moment d’émotion de cette journée électorale s’est déroulé dans les isoloirs de Clichy-sous-Bois et Argenteuil, « lieu des pires violences urbaines en 2005 ». « Des milliers de jeunes originaires d’Afrique ont juré qu’ils empêcheraient Nicolas Sarkozy de remporter la présidentielle », raconte The Hindu.


Pour la petite histoire, l’électrice que je suis s’est retrouvée soumise à la loi de Murphy (la fameuse LEM) : pour mon bureau de vote français, je suis inscrite à Pondichéry. Pour le Consulat de Pondichéry, je suis inscrite en France. En posant des questions, on s’entend dire : « Il y a sûrement eu une erreur avec votre procuration. » Et les différentes administrations de se renvoyer la balle.


Résultat : étant inscrite partout et nulle par à la fois, je n’ai pas eu le droit de voter. Priver de mes droits civiques pour une erreur administrative ! Seul recours désormais : le tribunal d’instance. Autant vous dire que mes chances de voter au second tour sont minces. Haut les cœurs !


Un peu lassée de tous ces tracas, je prends mon sac à dos et quitte Pondichéry durant les 15 prochains jours, direction : l’Inde du Sud et ses beautés millénaires. Je reviens le 7 mai, le carnet de notes remplit d’histoires indiennes à vous raconter. A très vite !

06:30 Publié dans Vu d'ici | Lien permanent | Commentaires (17)

20/04/2007

Le lion est mort ce soir

 

Etat d’alerte dans le Gujarat. Le braconnage visant les lions asiatiques est en recrudescence. Une dizaine d’entre eux sont morts ces dernières semaines.

 

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Le lion d’Asie régnait autrefois sur tout le sous-continent indien. Il a aujourd’hui pratiquement disparu. Les derniers spécimens vivent à l’état sauvage dans la forêt de Gir, dans l’Etat du Gujarat.


medium_carte_gir_forest_small.jpg Selon le dernier recensement, le sanctuaire de Gir, et ses 1.400 km2 de forêt, abritait 359 lions asiatiques en 2005. Les derniers sur la planète.

 

 

 

 

La création de ce sanctuaire, qui a coûté 9,5 millions de dollars au Gujarat, a permis de sauver cette espèce rare de félin. Au moment de son inauguration en 1965, il ne restait plus que 20 lions !


Mais aujourd’hui, la survivance de l'espèce est menacée par les villageois alentour. Lassés de voir leurs champs pillés par les félins, les fermiers ont construit de gigantesques puits. Un véritable piège pour le lion asiatique. D’autres échouent contre les barrières électrifiées disposées autour des terres agricoles.


Pour mettre fin à ces massacres, les autorités de la réserve naturelle viennent de recruter 600 informateurs : ils seront chargés d’ériger des clôtures autour des puits et d’empêcher le braconnage. Récemment, quelque 30 personnes ont été arrêtées en possession de pinces et de haches.


Pour les autorités du Gujarat, l’enjeu est de taille : il s’agit de sauver une espèce en voie de disparition. Et avec elle, le symbole de la République indienne.

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19/04/2007

L'identité nationale, un thème qui fait recette

C’est reparti pour un tour. La Cour suprême indienne a décidé en début de semaine de se pencher sur un dossier controversé : le droit des personnes naturalisées à occuper des fonctions constitutionnelles ou publiques dans le pays. La cible est claire : Sonia Gandhi, l’actuelle présidente du Parti du Congrès, au pouvoir. 

 

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Sonia Gandhi est née italienne, le 9 décembre 1946, près de Vicence. Lors de ses études à l’université de Cambridge, en Angleterre, elle tombe sous le charme de Rajiv Gandhi, fils d'Indira Gandhi et petit-fils de Jawaharlal Nehru, futur premier ministre indien.


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Ils se marient en 1968 et Sonia s’installe en Inde. Elle devient citoyenne indienne en 1983.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 21 mai 1991, Rajiv Gandhi est assassiné par une kamikaze issue du mouvement des Tigres tamouls (LTTE). Sous la pression du Parti du Congrès, Sonia Gandhi accepte sa présidence en 1998 et se déclare candidate au poste de premier ministre.

L'opposition - principalement le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou) -, entre alors en guerre contre la candidate, rappelant sans cesse qu’elle n’est pas d’origine indienne. Le parti hindou centre sa campagne sur le thème de la nationalité et rappelle que Sonia ne parlait pas couramment hindi avant d’entrer en politique.

medium_sonia_drapeau_small.jpgMais la belle Sonia est populaire. En 2004, le Parti du Congrès remporte les élections générales. Sonia Gandhi doit alors accéder au poste de premier ministre. Mais face aux menaces du BJP et au risque de division du pays, elle abandonne et cède la place à Manmohan Singh, actuel premier ministre.

A l’approche de nouvelles élections générales (2008), la Cour suprême a donc relancé le débat sur la nationalité. Les sages ont décidé d’étudier la pétition déposée par le Rashtriya Mukthi Morcha (droite nationaliste), un texte qu’ils avaient pourtant écarté en 2006.

 

L'avocat du groupuscule nationaliste affirme que, partout dans le monde, seul un citoyen de naissance peut occuper certaines hautes fonctions. Il souligne « la menace politique grave » que représente la présence d'une personne naturalisée à la tête d'institutions capitales du pays.

La Cour suprême devra trancher avant que le sujet n’envenime la campagne électorale. Les juges ont d’ores et déjà indiqué qu’il n’existait aucun texte de loi en Inde interdisant à une personne naturalisée l’accès à des fonctions constitutionnelles. Les hauts magistrats estiment par ailleurs que la décision revient à chaque électeur, au moment du vote.

18/04/2007

Le commissariat où il fait bon être arrêté

medium_carte_small.2.jpgL’Inde est souvent là où on ne l’attend pas. Dernier exemple en date : le commissariat de Shipra Path à Jaipur, capitale du Rajasthan, vient d’être élu «meilleur commissariat au monde». Pas moins.

Le trophée vient d'être décerné par Altus Global Alliance, une association rassemblant six ONG et plusieurs centres de recherche, dont le but est d’améliorer la sécurité et la justice à travers les continents.

En décembre 2006, 2.000 personnes ont visité les commissariats de 23 pays. Celui de Shipra Path figurait dans le Top 5 des enquêteurs. Les cinq jurés ont finalement décidé de lui accorder le titre de « best global police station ».

 

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(Le commissariat de Shipra Path)

 

L’avocat américain Richard Aborn, président de la Citizens’ Crime Commission de New York, était en charge d’inspecter le commissariat de Jaipur. Il a longuement étudié le traitement du public, la transparence, la responsabilité, les préférences communautaires, les conditions de détention et même, la condition physique des agents de police. Sa conclusion ne souffre d’aucune ambiguïté : « Je n’ai jamais vu un tel commissariat ailleurs dans le monde. Il mérite le titre. »

Le Hindu évoque quelques-uns des points positifs de ce commissariat pas comme les autres. Les 54 policiers menés d’une main de maître par le commissaire Sunil Kumar Punia sont « très spéciaux », note le quotidien : ils ne boivent pas de thé (!), ne mangent pas de chewing-gum, ne fument pas et ne consomment pas d’alcool. Vu l’insistance du Hindu, cela doit être plutôt rare au pays de Gandhi. Tous se parlent avec déférence. On s’adresse à l’autre en rajoutant le suffixe « Ji », marque de respect absolu.

Aspect plus fondamental : la corruption. « Aux pots de vin, il disent un grand non », écrit le Hindu. Et de le prouver chaque jour : depuis qu’ils ont reçu ce titre, des dizaines de personnes viennent leur rendre visite, les bras chargés de fleurs et de douceurs. Gentiment mais fermement, les policiers refusent les cadeaux. Même ceux qui ne sont qu’une marque d’affection. L’intégrité poussée jusqu’à l’extrême.

Interrogé, le commissaire a simplement expliqué qu’il souhaitait changer l’image de la police. « Généralement, les gens pensent que la police est l’un des pires aspects de la société. Nous avons essayé de changer cette image. La récompense n’était pas notre but. Nous avons qu’un seul rêve : changer l’image de la police », a-t-il insisté lors de la remise du trophée.

Un titre qui ne passe pas inaperçu dans un pays qui figure habituellement dans les pages corruption des journaux. Selon Transparency International, l’Inde est seulement 70ème, sur 163, au classement des pays les moins corrompus. Entre le Ghana et le Mexique. Et derrière la Chine, la Tunisie et la Turquie !

08:40 Publié dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (2)

17/04/2007

Blatter s’attaque au «géant endormi»

medium_sepp_blatter_small.jpgConvaincre un milliard de fans de cricket de troquer leurs battes contre le ballon rond ? C’est la mission (impossible ?) de Sepp Blatter. Le président de la Fédération internationale de football a débuté hier une visite officielle de trois jours en Inde.

Dès son arrivée, l’homme a exhorté les responsables indiens du football à tout faire pour accéder au niveau international, allant jusqu’à évoquer « un rêve indien de parvenir au meilleur niveau ».« Je me demande quand l'Inde aura les infrastructures pour accueillir ne serait-ce qu'un tournoi de jeunes, alors la Coupe du monde, n'en parlons pas... Il est plus que temps de se mettre au travail. Je veux réveiller ce géant endormi qu'est l'Inde », a-t-il déclaré.

À ses côtés, le président de la Confédération asiatique, le Qatarien Mohammed bin Hammam, en a rajouté une couche : « Avec les structures existantes, ne pensez pas progresser, même dans les cent prochaines années. »

 

L’Inde occupe actuellement le 165e rang mondial, entre Andorre et le Lesotho ( !). Le onze indien est en 34ème position dans le classement asiatique. Le sous-continent n’a plus brillé depuis 1962, date à laquelle l’Inde remportait la médaille d’or des Jeux asiatiques. Quant à leur meilleur résultat, il faut remonter aux JO de Melbourne, en 1956 : l’équipe avait alors atteint les demi-finales.

Pour que l’Inde revienne dans la compétition, Joseph Blatter a annoncé que la FIFA investirait 400.000 dollars afin que ce sport fasse « partie de la vie sociale des gens ». « Nous sommes ici pour vous guider », a-t-il insisté.

Mais le président de la FIFA aura fort à faire s’il veut imposer le ballon rond. Certains l’accusent déjà d’avoir mis au point une manœuvre pour déstabiliser le sport roi qu'est le cricket en Inde. « J’admire le cricket et je ne suis pas là pour remplacer le sport le plus implanté dans votre pays », a pourtant déclaré Sepp Blatter dès son arrivée, avant d’ajouter : «Je milite pour le football parce que dans ce jeu, il n’existe pas de différence de caste, de culture ou de croyance, ni entre les riches et les pauvres.»

 

Mais pour beaucoup d’Indiens, le cricket remplit déjà cette fonction de mixité sociale. Pour preuve, la composition de l’équipe nationale indienne, faite de musulmans, d’hindous et de chrétiens. Il y a quelques semaines, le président de l’Association de cricket de Pondichéry me confiait : « Quand on joue au cricket, il n’y a plus de castes et de religions. Nous ne formons plus qu’un. Qu’on soit à Mumbai, Bangalore ou dans les villages, nous avons un dénominateur commun : notre passion pour le cricket. »

 

Pour Sepp Blatter, reste à espérer que la récente humiliation des joueurs de cricket indiens lors du Mondial caribbéen aura eu pour effet de convertir au football quelques inconditionnels de la batte.

16/04/2007

Des mangues contre des Harley

 

« Des mangues juteuses et rafraîchissantes contre des motos machos. Le deal semble juste », écrit le Hindu dans son édition de samedi. Les Etats-Unis et l’Inde ont signé un nouvel accord de commerce bilatéral vendredi : des mangues v/s des Harley.

Les Américains pourront d’ici peu « retrouver la saveur incomparable des mangues indiennes, dont ils se sont privés trop longtemps », a déclaré le ministre indien du Commerce, Kamal Nath.

 

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Depuis 18 ans, les mangues indiennes n’avaient plus droit de cité sur le territoire américain. Selon Washington, les agriculteurs indiens utilisaient trop de pesticides. « Désormais, les fermiers vont irradier les fruits pour tuer les parasites, afin que la qualité des mangues corresponde à celle recherchée par les Etats-Unis », précise le Hindu.

 

Pour info, sachez que l'irradiation des aliments (par rayonnement gamma, rayons X ou flux d'électrons) est une méthode employée à peu près partout dans le monde. Cette technique, controversée, vise à mieux stériliser et à améliorer la longévité des aliments traités. Elle est interdite en France pour les fruits frais, mais ce n'est pas le cas aux Etats-Unis.

En échange, l’accord prévoit donc le déferlement d’une vague de Harley Davidson en Inde. Une aubaine pour le géant américain de la moto : le marché indien des deux-roues est en pleine expansion. Rien a filtré quant aux prix des futurs bolides. Et quid des futurs Hells Angels indiens ?

 

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13/04/2007

Des histoires de «une»

Violences, immigration, délinquance… l’actualité française tourne souvent autour des mêmes thèmes. À chaque pays, ses thèmes de prédilection. Ses sujets de préoccupation. En Inde, les journaux font souvent leur « une » sur des histoires de respect et d’irrespect. De morale publique et de moeurs. De scandale et de censure. un industriel pas assez nationaliste. Ici, un ministre qui part en croisade contre les défilés de mode.

 

Sur ce blog, je m’en suis souvent fait l’écho. Non que je porte un intérêt particulier à ce genre d’histoires. Mais elles m’intéressent pour ce qu’elle révèlent du pays. Reflètent-elles les vraies préoccupations des Indiens ou uniquement celles des médias ? La question peut être posée. Mais les médias sont souvent le reflet de la société. En l’occurrence, une société indienne plutôt conservatrice.

 

Dernier exemple en date : le tatouage de Mandira Bedi. L’actrice bollywoodienne a récemment participé à une soirée dansante, exhibant fièrement sa nuque ornée d’une représentation du Eik Omkar, un symbole religieux sikh.

 

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Le Shiromani Gurdwara Parbandhak Committee (SGPC,organisation sikh) est aussitôt monté au créneau. Expliquant que la communauté sikh avait été « profondément blessée » par l’attitude de l’actrice, le SGPC a exigé des excuses publiques. « Porter ce symbole religieux est un signe d’immense irrespect à la religion sikh », a déclaré son responsable, précisant que ce n’était la première fois que cette « demi-actrice » s’en prenait à la communauté sikh.

 

Et quand on est en colère en Inde, on brûle des effigies. Les jeunes activistes du Shiromani Youth Akali Dal ont mis le feu à des posters et autres pantins ressemblant à la star. « Ek Omkar est le symbole de la naissance de la religion sikh. S’afficher avec ce symbole en dansant vulgairement est mal », a expliqué leur vice-président.

medium_mandira_maxim_small.jpgL’actrice, également présentatrice vedette de cricket, n’en est pas à son premier coup d’éclat. Elle est souvent critiquée pour ses tenues vestimentaires (tops sans bretelle, mini-jupes, etc). Elle a récemment fait scandale en posant, dénudée, en couverture de Maxim.

12/04/2007

«Détaillez votre histoire menstruelle»

Fonctionnaires indiennes 1 – gouvernement fédéral 0. Mercredi, Delhi a annulé une circulaire controversée qui prévoyait que les femmes fonctionnaires détaillent dans leur fiche d’évaluation la date de leurs dernières règles.

Le texte, intitulé « Détaillez votre histoire menstruelle », demandait également que les femmes précisent la date de leurs derniers congés maternité ainsi que leurs projets de grossesse futurs. Devaient également y figurer les derniers congés maladie et les résultats des mammographies.

 

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Le texte a provoqué la colère des femmes fonctionnaires du Maharashtra, l’Etat de Bombay. « Ça nous gêne beaucoup », confiait l’une d’entre elles, avant de s’interroger : « Que va faire le gouvernement de ces informations ? » Bien décidées à lutter contre cette discrimination sexuelle, elles ont porté l’affaire devant le gouvernement fédéral.

Ce dernier leur a donc donné raison en retirant le texte. « Nous avons pris en compte la sensibilité de cette question et nous avons décidé de retirer le formulaire controversé », a expliqué le Ministère de la Santé.

 

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Tous les fonctionnaires indiens (dont 10% sont des femmes) passent régulièrement des examens médicaux. Ils doivent indiquer leur taux de sucre dans le sang et faire une batterie de tests : lipide, reins, foie, abdomen, cœur. Désormais, hommes et femmes seront égaux devant les obligations de check-up. À moins que l’administration indienne ne décide de rendre obligatoire le dépistage du cancer de la prostate.

07:30 Publié dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2007

Polémique musicale

Le Bill Gates indien est dans un sale pétrin. Narayana Murthy, à la tête d'Infosys, l’une des plus grosses boîtes de software en Inde, manquerait de...ferveur nationale. Un défaut gênant pour celui dont le nom figure sur la liste des potentiels futurs présidents de la République indienne.

 

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La scène se passe dimanche sur le site de Infosys à Mysore, Karnataka. Une cérémonie est organisée à l’occasion de la visite du président de la République, le Dr Abdul Kalam. Le protocole est respecté : l’hymne national ouvre les festivités. À la grande surprise des invités, le Jana-Gana-Mana (« Tu es le Seigneur des Esprits de tout le monde ») est diffusé en version instrumentale (écouter). Ce qui n’arrive quasiment jamais. La qualité de la bande sonore est médiocre. Les invités sont surpris et articulent à peine les paroles du chant national.

 

A la fin de la cérémonie, les médias prennent à parti Narayana Murthy. « Parmi les 5.000 employés réunis, vous n’avez pas trouvé un petit groupe capable de chanter correctement l’hymne national et ainsi de faire honneur au président de la République ? », s’étonne le Deccan Herald. Réponse de l’intéressé : « Nous avions prévu de faire chanter cinq personnes mais finalement nous avons annulé. Nous avons pensé que les étrangers (qui travaillent pour l’entreprise, ndlr) auraient pu se sentir gênés si nous avions tous chanté les paroles. »

 

Le gouvernement du Karnataka a vu rouge. Les élus BJP (Bharatiya Janata Party, parti nationaliste hindou) ont évoqué la question lors d’une session de l’Assemblée du Karnataka. Il faut dire que Narayana Murthy est déjà dans leur ligne de mire : il est accusé de ne pas embaucher assez de travailleurs locaux dans son entreprise. Ils lui reprochent aussi sa position sur la langue locale, le kannada. Le PDG a en effet maintes fois expliqué que l’anglais devait être enseigné dans les écoles rurales, pour permettre aux enfants de « participer à l’économie mondiale ».

Les journaux ont relayé la polémique. Des dizaines de lecteurs ont envoyé des courriers aux rédactions. L’un d’entre eux écrit : « S’il a honte de l’hymne national, il n’a aucune place dans le cœur des Indiens. »

Mardi, l’homme d’affaires est enfin sorti de son silence, expliquant que l’extrait de sa citation publiée dans les médias avait été « mal interprété ». Il a ensuite présenté des excuses publiques et s’est dit « désolé » que ses propos aient offensé certaines personnes. Il a ensuite expliqué avoir choisi de diffuser la version instrumentale de l’hymne afin que chacun se sente « libre de le chanter ». Le PDG a ensuite rappelé sa « fierté d’être Indien ». Cela sera-t-il suffisant pour briguer la magistrature suprême ? Réponse en juin.

10/04/2007

Une fatwa pour une accolade

medium_Nilofar_small.JPGAu Pakistan, on ne rigole pas avec les démonstrations affectives en public. Surtout quand on est ministre. Le tribunal islamique de Lal Masjid (La Mosquée Rouge) vient de lancer une fatwa contre la ministre du Tourisme, Nilofar Bakthiar.

 

 

Motif ? Elle aurait posé de « manière obscène » sur des photos avec des parachutistes français.

En fait, la ministre a simplement donné l’accolade au parachutiste normand avec qui elle venait d’effectuer son baptême de l’air. Mais pour les islamistes radicaux de Lal Masjid, c’est l’accolade de trop. « L’attitude de la ministre a jeté l’opprobre sur la nation pakistanaise et sur toute la communauté musulmane », peut-on lire dans le texte de la fatwa, que se sont procurés les journaux indiens

 

« Les muftis de Lal Masjid appellent le gouvernement à la punir et à la renvoyer du cabinet », explique le frère de l’imam de la mosquée, le mollah Abdul-Rashid Ghazi, avant de rappeler que le Coran ne tolère pas ce genre de démonstration entre une femme musulmane et un non-musulman.

Certains partis politiques ont également crié au scandale. La plateforme Muttahida Majlis-e-Amal, une alliance de partis de droite d’opposition, a déposé une motion de censure à l’Assemblée nationale, estimant qu’il s’agissait d’un acte « allant à l’encontre de l’Islam ».

Réagissant à la polémique, Nilofar Bakhtiar a jugé cette affaire « regrettable » et expliqué qu’elle avait participé à cet exercice pour trouver des fonds en faveur des enfants victimes du séisme d’octobre 2005, qui avait fait plus de 73.000 morts dans le nord du Pakistan. « Je n’ai absolument pas honte de ce que j’ai fait et je n’ai peur de personne sauf de Dieu », a-t-elle déclaré à la presse.

Le tribunal islamique de Lal Masjid a été créé illégalement vendredi dernier. L’imam de la mosquée avait alors menacé les autorités d’attentats-suicide si elles s'opposaient à cette création. Depuis quelques semaines, les islamistes de la Mosquée Rouge ont entrepris une campagne de « moralisation » de leur quartier.

 

Le président pakistanais, Pervez Musharraf, a d'ores et déjà affirmé qu’il ne laisserait pas les islamistes prendre la justice en main. La presse pakistanaise et les associations de défense des droits de la femme dénoncent pourtant l’inaction des autorités face à la « talibanisation » de la société.

 
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