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12/03/2007

Cricket Mania

medium_joueurs_indiens_small.jpgCes derniers temps, l'Inde n’a qu’une idée en tête : le parcours des « hommes en bleu ». Un petit air de déjà vu ? Il ne s’agit pourtant pas de ballon rond mais de batte de cricket. La neuvième Coupe du monde de cricket a en effet officiellement débuté dimanche soir, avec la cérémonie d’ouverture au Trelawny Stadium de Montego Bay, en Jamaïque.


La légende du cricket caribéen, Sir Garfield Sobers, a déclaré ouverte la compétition, qui se déroule pour la première fois aux Caraïbes. C’est donc parti pour sept longues semaines de folie pour les milliards de fans à travers le monde.

 

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Et toute l’Inde d’afficher son soutien à ses Bleus à elle. Impossible de faire l’impasse.

 

 

 

 

Ainsi pouvait-on lire sur le site du Times of India, le plus grand quotidien en langue anglaise du pays : « Le moment est enfin venu. Dans les jours qui viennent, toutes les batailles pour la suprématie mondiale auront pour théâtre les terrains de cricket. Les hommes en bleu portent en eux les aspirations de toute une nation. (…) Tous nos encouragements aux joueurs. Nous souhaitons qu’ils ramènent au pays la coupe la plus convoitée au monde. »


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(Des supporters Indiens et Pakistanais assistent ensemble à la cérémonie d'ouverture)

 

Vu de France, cela peut surprendre. Mais le cricket (pour comprendre les règles, cliquez ici) est un sport très populaire dans de nombreux pays. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2 milliards de téléspectateurs, 16 équipes internationales, 51 matchs, 12 stades, 9 pays hôtes, 5 millions de dollars de prix, 3 millions de dollars pour l’équipe championne du monde… Quant à la région Caraïbes, il lui en coûtera 300 millions de dollars pour organiser l’événement.


L’Inde, qui a perdu en finale de la dernière coupe du monde contre l’Australie, compte bien prendre sa revanche. À en croire les médias indiens, l’équipe a cette fois-ci toutes les chances de l’emporter. Cyberkitty, journaliste et blogueuse de Dehli, voit une finale Inde - Afrique du Sud avec, bien sûr, la victoire finale de l’Inde. Réponse le 28 avril, aux Barbades.

 

Le site officiel de la Coupe du monde de cricket 2007.

Plus de photos de la cérémonie d’ouverture.

Le dossier spécial du Times of India.

09/03/2007

Trop de rêves tuent la rave

Les rave party n’ont définitivement pas la faveur des autorités. Dimanche dernier, des milliers de jeunes venus de toute l’Inde s’étaient donné rendez-vous dans la ville de Donaje, près de Puna, au sud de Bombay. Objectif : organiser une vaste full moon party.

 

Mais les autorités locales n’étaient pas de cet avis. Alertée par des SMS envoyés aux futurs raver depuis un site pornographique ( !), la police a débarqué sur les lieux de la fête. Déguisés en « jeunes teuffeurs », ils ont observé les jeunes s’échanger maintes substances illicites avant de passer à l’action. Bilan des courses : 250 arrestations.

 

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Sept étrangers - originaires d’Allemagne, d’Iran et de Palestine -, ont également été arrêtés. Pour eux, les choses devraient se corser : en matière de drogue, la règle appliquée en Inde est celle de la tolérance zéro.

 

Le trafic et la consommation de produits stupéfiants sont sévèrement punis en vertu d’une loi de 1985, que les tribunaux indiens appliquent avec une grande rigueur. Elle prévoit la peine de mort dans certains cas de récidive.

 

Il y a sept ans, un ressortissant français était arrêté en Inde en possession de 2,5 kg de cannabis. Il a été condamné à 10 ans d’emprisonnement ferme. Une peine confirmée en appel au mois de septembre 2004. À bon entendeur…

07/03/2007

Les sans-abri de Delhi

medium_sans_abri_delhi_small.jpgParis, quai du canal Saint-Martin, une centaine de SDF attend toujours d’être relogée. À des milliers de kilomètres, les sans-abri de Delhi n’y croient plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque jour, la capitale indienne voit son lot de migrants débarquer des campagnes environnantes. Tous espèrent y trouver un travail et des conditions de vie décentes. En arrivant, ils s’installent sur le trottoir. Beaucoup ne le quitteront plus. Un récent rapport note que les mouvements migratoires vers la capitale sont une fois et demie supérieurs à la moyenne nationale. Chaque jour, 665 personnes débarquent à Delhi.


Dans son supplément dominical, le Hindu consacre un long reportage à ces migrants venus d’ailleurs. Le quotidien du sud indien dénonce une « politique de l’habitat qui leur assure de rester dehors durant l’hiver meurtrier ». En attendant de trouver mieux, ces migrants vivent de petites ventes : fleurs, papiers, encens. Les enfants font l’aumône, suivent les touristes en attendant que quelques roupies tombent dans leurs mains.

 

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The Hindu raconte l’histoire de Pokhar et de sa femme, Tiliya. Ils ont trois enfants. C’est une famille d’artisans comme l’Inde en compte des milliers. Dans leur village natif, près de Alwar, au Rajasthan, ils vivaient de leur poterie. Leur communauté est connue pour faire les meilleurs pots à eau de tout le pays. Mais depuis quelques années, les ventes ont baissé. Et les artisans ont peu à peu sombré dans la pauvreté. Pokhar et Tiliya ont choisi de tout quitter pour venir à Delhi. Ils n’y ont rien trouvé.

06/03/2007

Le festival de la bonne humeur

Pendant qu’au Tamil Nadu les Hindous célébraient Masi Magam, dans le nord du pays, les couleurs étaient à l’honneur. Chaque année, après la pleine lune, les Indiens fêtent Holi, un festival qui marque la fin de l’hiver et le début du printemps. Il symbolise donc la vie et l’exubérance, associées à cette saison.

 

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Et quand il s’agit d’exubérance, les Hindous ne font pas les choses à moitié. La tradition est d’allumer de grands feux de joie et de s’enduire de couleurs

 

medium_filles_holi_small.jpgLes jeunes vont de villages en villages, aspergeant tout le monde sur leur passage et criant « Bura Na Mano, Holi Hai ». En hindi : « Ne soyez pas fâchés, c’est holi ! » La fête contamine jusqu’aux hommes politiques.

 

 

Pendant trois jours, les croyants chantent et dansent au rythme des tambours. Ils participent aussi à de vastes processions. Poèmes humoristiques et autres blagues sont également au programme. En un mot, le festival de la bonne humeur.


Ce festival est en général associé à la figure de Krishna, incarnation de l'amour du bonheur divin. Krishna, jaloux de la belle couleur de peau de Râdhâ, la charmante fille de son père adoptif, demanda à la mère Yashoda la raison de cette différence. Elle lui répondit en rigolant : « Si tu es jaloux, tu n’as qu’à changer son teint en l’enduisant de couleur ». Ce qu’il fit.

 

Quant aux grands feux qui sont organisés pendant holi, ils ont aussi leur origine sacrée. Le jeune Prahlada, un fervent croyant, était détesté par son père, le roi Hirnakashyipu. Celui-ci passait son temps à inventer des stratagèmes pour éliminer son fils. La sœur du roi, Holika, prit alors la défense du jeune Prahlada. Ne craignant pas le feu, elle prit le jeune homme par le bras et entra dans les flammes. Prahlada sorti du feu sans aucune brûlure mais Holika y resta. Dès lors, le père de Prahlada le laissa tranquille. Ce feu, allumé chaque année lors de Holi, symbolise la victoire du bien sur le mal.


Mais depuis quelques années, les associations de défense de l’environnement dénoncent un festival qui, faute de célébrer la nature, la détruit. Entre autres reproches, l’utilisation excessive de couleurs à base de produits chimiques, de bois pour faire les feux et d’eau, pour nettoyer les dégâts. L’exubérance a ses limites.

05/03/2007

Les idoles en fête

Masi Magam ou la fête des idoles. Samedi, des milliers de personnes ont célébré cette fête hindoue du Tamil Nadu. « Masi » signifie les mois de février-mars en tamoul. « Magam » est l’une des 27 étoiles de l’astrologie indienne. La fête de Masi Magam est célébrée chaque année, le jour de la pleine lune.

 

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À Pondichéry, des milliers de fidèles viennent se purifier de leurs péchés sur la plage nord, bientôt suivis par les idoles de 80 temples de la région. Un spectacle hors du commun.

À l’aube, a lieu la cérémonie Theerthavari : les idoles sont alors aspergées d’eau de mer. Un rituel synonyme de chance pour les temples et leurs fidèles. Cette année, le chief minister de Pondichéry, N. Rangaswamy, était de la partie.

 

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Toute la journée, des milliers de fidèles affrontent le soleil brûlant pour se recueillir devant les différents temples, et participer aux puja, les cérémonies religieuses hindoues.

 

 

 

 

 

Ici, une femme dessine les bindis - ces points rouges - sur les fronts des croyants. Là, une autre vend des plateaux de noix de coco et de bananes à offrir aux divinités.


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Mais l’ambiance est loin d’être pieuse. Masi Magam est avant un jour de fête pour les hindous du sud de l’Inde. La journée est rythmée au son des tambours. Dans les ruelles étroites de Kurusukkupam et Vaithikuppam - les quartiers des pêcheurs - s’est installé un véritable marché. 

 

Colliers, bracelets, tirelires et autres babioles en plastique : on trouve tout et n'importe quoi. Dans Pondichéry, des stands de boissons et riz en tout en genre ont été installés à la hâte. De grandes distributions de nourriture s’organisent.

 

Masi Magam ne serait pas une vraie fête hindoue s’il n’existait pas une légende à son origine. Celle-ci veut qu’il y a bien longtemps, Shiva, Dieu de la vie et Dieu de la mort, soit apparu sous les traits d’un enfant devant le roi Vallala de Tiruvannamalai, une ville sainte du nord du Tamil Nadu. Mourant, le roi s’inquiétait de disparaître sans descendance, c’est-à-dire sans personne pour effectuer les derniers rituels mortuaires. Shiva lui promis alors de s’en occuper.

 

Promesse tenue : le roi mourra le jour de Masi Magam et Shiva se chargea des derniers rituels. En bénissant la dépouille du défunt, Shiva annonça que toute personne qui se baignerait dans la mer le jour de Masi Magam fusionnerait avec lui et accèderait au stade de « moksha » : la libération finale de l’âme individuelle. De quoi donner envie de se jeter à l'eau !

28/02/2007

Sale temps pour les indigènes

medium_carte_andaman_small.jpgAndaman. Archipel indien situé dans le Golfe du Bengale, à 200 km au sud des côtes birmanes. Sur l’une des 204 îles qui composent l’archipel, vit la tribu Jarawa. 270 personnes au total, aujourd’hui menacées de disparition.

 

 

 

 

 

 

Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a examiné vendredi 23 février le cas de cette tribu de chasseurs-cueilleurs. Rien a filtré de cette réunion.

 

Depuis plusieurs années, l’ONG Survival International, qui défend les droits des peuples indigènes à travers le monde, fait pression sur les autorités indiennes pour protéger cette tribu, dont les plus proches parents sont vraisemblablement originaires d’Afrique.

 

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(Crédit/Survival International) 

 

En 2001, Survival International a remporté une première victoire. Le gouvernement indien a en effet abandonné le programme de sédentarisation de cette population dans des villages dits « gouvernementaux ». Ce programme, lancé en 1991, s’était révélé fatal à ces populations isolées. Avec sédentarisation riment changement brutal du mode de vie, destruction de l'identité et perte des liens sociaux. La dépendance forcée entraîne alors dépression et alcoolisme chez les survivants.

 

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 (Crédit/Survival International)

 

Mais cela n’a pas suffit. Aujourd’hui, l’association évoque la probable disparition des 270 derniers Jarawas « si le gouvernement indien ne prend pas des mesures de protection immédiates ».

En cause notamment, l’élargissement d’une route qui traverse leur territoire, route que la Cour suprême indienne a pourtant ordonné de fermer en 2002.  Mais les impératifs économiques de l’archipel ont pris le dessus : sur cette route, circulent en effet de nombreux touristes et autres chasseurs, attirés par le gibier local. Problème : ces allers-retours incessants exposent les Jarawas à des maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés. Ainsi, rapporte Survival International, la tribu a récemment été victime de deux épidémies mortelles de rougeole.


Le 9 août dernier, les Nations unies ont lancé depuis New York un slogan, à l’occasion de la journée internationale des peuples autochtones : « Nous ne sommes pas arriérés, notre mode de vie est aussi avancé que le vôtre. » Un message qui n’est semble-t-il pas arrivé jusqu’en Inde.


Sur le sujet, lire ce rapport de la Commission Internationale pour les droits des peuples indigènes.

26/02/2007

L’Inde a honte de ses jeunes mariées

medium_mariage_small.jpgMariées avant l’âge légal. Selon une étude menée par 18 organismes de recherche*, 45 % des femmes indiennes, âgées entre 20 et 24 ans, ont été mariées avant leur 18ème anniversaire. « Une maladie sociale qui fait honte à l’Inde », écrit le Times of India.

 

 

« Le pire, poursuit le quotidien, est que ce chiffre dépasse 50 % dans certains Etats. » Ainsi : 61 % dans l’Etat de Jharkhand, 60 % dans le Bihar, 57 % au Rajasthan, 55 % en Andra Pradesh, 53 % au Madhya Pradesh, Uttar Pradesh et West Bengal, et enfin 52 % dans l’Etat de Chhattisgarh. Une tendance récente étant donné que les femmes interrogées avaient entre 20 et 24 ans.

  

L’étude révèle une autre évolution inquiétante. Dans six Etats, (Arunachal Pradesh, Punjab, Mizoram, Sikkim, Tripura et West Bengal), le taux de femmes mariées avant l’âge de 18 ans a augmenté par rapport à l’enquête précédente, datant de 1998-1999. Dans ces Etats, de plus en plus de femmes sont mariées à 15 ans. « Cela montre que le Child Marriage Restraint Act - voté en 1976 et destiné à réduire les mariages d’enfants -  n’est pas appliqué dans plusieurs Etats », estime un expert qui a participé à l’enquête.

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L’Inde rurale est notamment montrée du doigt. 52,5 % des mariages en dessous de 18 ans ont en effet lieu dans des zones rurales. Un chiffre qui tombe à 28,1 % dans les grandes villes du pays.

En cause ? « Le manque d’éducation ». Plus de 71 % des femmes concernées n’ont en effet pas eu accès au système éducatif. Quant au 30 % restant, ce mariage précoce les empêche souvent de poursuivre des études supérieures.

Dimanche, Cynthia Pandian, la vice-présidente de l’université de Manonmaniam Sundaranar, dans le Tamil Nadu, a lancé un signal d’alarme. « Dans un monde globalisé, il est devenu impératif pour les femmes d’avoir accès à l’éducation supérieure pour acquérir un savoir technique et ainsi améliorer leur employabilité », a-t-elle expliqué. Aujourd’hui, seules 7% des femmes poursuivent leurs études supérieures en Inde. Si le statu quo perdure, ce chiffre ne sera que de 30 % en 2020. Un scénario qui pourrait peser sur la croissance indienne étant donné que la jeunesse du pays représente 70 % de la population.

Sur la situation des femmes en Inde, lire ce rapport de l’OCDE.

*Enquête menée dans 29 Etats en 2005-2006. 124.395 femmes âgées de 20 à 24 ans ont été interrogées.

23/02/2007

Le «mouvement anti-Wal-Mart» prend de l’ampleur

medium_walmart_logo_small.jpgDehli, Mumbai, Bangalore. Jeudi, plusieurs grandes villes indiennes ont vu défilé dans leurs rues le « mouvement anti-Wal-Mart », alors que des responsables du géant américain de la grande distribution étaient en visite dans la capitale indienne.

 

À l’origine de la polémique, la décision du groupe indien Bharti Enterprise, à la tête de la première entreprise téléphonique du pays, de lancer une chaîne de supermarchés en collaboration avec Wal-Mart. L’objectif est clair : la classe moyenne indienne et ses 300 milliards de dollars qu’elle dépense chaque année dans la grande distribution. Un chiffre qui devrait doubler d’ici 2015.

 

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Mais la décision a provoqué des remous. En tête des manifestations de jeudi, le parti communiste indien, accompagné de plusieurs syndicats et autres organisations sociales, à l’image du All-India Forward Bloc et de la National Alliance of Street Vendors of India. Ils dénoncent une décision qui contourne la législation en vigueur sur les investissements étrangers et demande un renforcement de celle-ci.


En matière de grande distribution, la loi indienne est très contraignante : ne sont autorisés que les investissements étrangers qui concernent une seule marque. Seule possibilité pour les firmes étrangères : passer des accords de franchise avec des sociétés indiennes. Bharti et Wal-Mart se sont donc engouffrés dans la brèche.


Les syndicats redoutent également la faillite des petits commerçants, la fuite des capitaux à l’étranger et les pratiques peu éthiques du géant américain. Des inquiétudes relayées par la presse indienne. « L’arrivée de la chaîne va chasser les petits marchands », écrit ainsi The Hindu dans son édition de vendredi. Et de poursuivre : « Le gouvernement doit examiner l’impact sur les commerçants et mettre des gardes fous pour protéger les petits entrepreneurs. » Avec 12 millions de petits commerces en Inde, employant plus de 40 millions de personnes, l'enjeu est de taille.


Sur les pratiques peu éthiques du géant américain, voir le film «Wal-Mart, the high cost of low price».

22/02/2007

Le Tamil Nadu, base arrière des Tigres ?

medium_map_small.jpgChaque année, à l’approche du 22 février, le même scénario se reproduit sur les côtes du Tamil Nadu. Des réfugiés tamouls sri-lankais débarquent par dizaines.

 

 

 

Depuis le début de la semaine, une centaine de personnes ont ainsi été secourues en pleine mer par la marine indienne.

Le 22 février au Sri Lanka n’est pas un jour comme les autres. C’est la date anniversaire du cessez-le-feu signé en 2002 entre le gouvernement sri-lankais et la guérilla séparatiste des Tigres de libération de l’Eelam Tamoul (LTTE). Un cessez-le-feu maintes fois violé par les deux parties.


Dans son édition de jeudi, le Deccan Chronicle raconte la peur des populations tamoules du Sri Lanka à l’approche de cette date fatidique, craignant qu’elle ne soit l’occasion d’une déclaration de guerre, de la part de l’une ou l’autre partie. « Chaque 22 février, les gens ont la fausse impression que le cessez-le-feu va être rompu. Que pouvons-nous faire face à ce genre de rumeur ? », s’interroge ainsi un diplomate sri-lankais dans les colonnes du quotidien. Brisés par la guerre, les Tamouls sri-lankais tiennent en effet à ce cessez-le-feu, si fragile soit-il. Depuis le début du conflit, près de 60.000 civils ont été tués. Un million de personnes a été déplacé.



medium_logo_tigres_small.jpg L’histoire commence en 1971, quand la population tamoule, fatiguée par la domination cinghalaise sur l’île, décide de se révolter. Bientôt les LTTE se forment et réclament la création d’un Etat indépendant, l’Eelam Tamoul, à l’Est et au Nord de l’île. Mais peu à peu, le soutien de la population s’effrite.

 

 

 

Et ce d’autant plus que les Tigres recrutent de force la jeunesse tamoule. Aux attentats meurtriers perpétrés par les LTTE répondent les attaques aveugles de l’armée régulière.

Face à cette situation dramatique, beaucoup choisissent l’exil. Chaque mois, des dizaines de Tamoul prennent place à bord d’embarcations de fortune, à destination des côtes indiennes du Tamil Nadu. L’Etat indien a mis en place 133 camps de réfugiés, comme celui de Muddiarkuppam, à une centaine de kilomètres au sud de Chennai, où sont entassés 4.000 personnes. Au total, il y a près de 200.000 réfugiés sri-lankais au Tamil Nadu.

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Mais depuis le début des années 1990, la police indienne surveille de près les nouveaux arrivants. Le souvenir de l’assassinat du premier ministre indien, Rajiv Gandhi, par une kamikaze tamoule en 1991 est tenace. Depuis, l’Inde a inscrit le mouvement séparatiste sur sa liste noire du terrorisme international.
 

Ces derniers jours, la tension s’est renforcée sur les côtes indiennes. La semaine dernière, la marine indienne a saisi un bateau chargé d’explosifs, appartenant aux LTTE. Le Tamil Nadu craint de plus en plus que son territoire ne serve de base arrière aux Tigres, notamment pour la fabrication de matériel ou d’armes. Certains experts estiment qu’environ 15 bateaux-suicide se trouvent actuellement dans les eaux séparant l’Inde du Sri Lanka. Jeudi, le niveau d’alerte sur les côtes du Tamil Nadu est passé au rouge.

21/02/2007

Pondichéry fête la « Mère »

21 février 1878 – 21 février 2007. Aujourd’hui, le tout Pondi fête l’anniversaire de la « Mère », compagne du philosophe bengali Sri Aurobindo et fondatrice d’Auroville, cité universelle.

 

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Concrètement, cela donne beaucoup de monde dans l’ancien quartier colonial de la ville, où l’Ashram a ses bureaux. Ils sont faciles à reconnaître : tous les bâtiments appartenant à cette communauté spirituelle sont gris.  

 

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Sous un soleil de plomb, des centaines de visiteurs, venus parfois de très loin, attendent pour voir la maison où ont vécu Sri Aurobindo et la Mère, rue de la Marine. Les disciples ont notamment rendez-vous pour le Darshan, c’est-à-dire le moment où ils seront en contact visuel avec la représentation de leur maître spirituel disparu. (Voir ce film)

 

medium_mère_small.jpgPour mieux comprendre cette ferveur, revenons un peu en arrière. Derrière le personnage mystique de la Mère, se cache Mirra Alfassa. Fille d’une Egyptienne et d’un Turc, elle est née à Paris en 1878. Très jeune, elle vit de nombreuses expériences mystiques.

 

 

 

Devenue peintre, elle se marie avec l’impressionniste Henri Morisset et passe ses soirées en compagnie de Rodin et de Gustave Moreau. En 1910, elle divorce et épouse le philosophe Paul Richard. Le jeune couple part à la découverte de l’Inde en 1914. Arrivée à Pondichéry, Mirra Alfassa tombe sous le charme de Sri Aurobindo, révolutionnaire devenu philosophe. En 1920, elle quitte tout pour le rejoindre.



medium_sri_aurobindo_small.jpgSri Aurobindo est l’un des fondateurs du mouvement militant indépendantiste indien. Son combat lui vaut une année de prison. De nouveau inquiété par les autorités britanniques, il se réfugie à Pondichéry en 1910, alors comptoir français.

 

 

 

II se consacre alors exclusivement à la méditation et à l'élaboration de sa philosophie du yoga intégral. Autour de lui s'organise un ashram, dont Mirra Alfassa, devenue entre temps la « Mère », la direction en 1926. Son but ? «Etablir une conscience de Vérité qui créera un nouvel être, l'être supramental».

 

Le 28 février 1968, la Mère fonde la communauté d'Auroville, à quelques kilomètres de Pondichéry. Elle réalise ainsi son rêve de voir un endroit dans le monde où « tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations pourraient vivre librement en citoyens du monde, obéissant à une seule autorité, celle de la vérité Suprême, un lieu de paix, de concorde et d'harmonie ». (Lire mes notes précédentes sur Auroville).

Elle meurt le 17 novembre 1973, assassinée, dit-on, par ses disciples, qui voulaient la « déifier » de son vivant…

 

Pour en savoir plus, lire cet article de The Hindu, écrit en 2003 à l'occasion du 125ème anniversaire de la Mère. 

 
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