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20/02/2007

68 morts à bord du Dehli-Attari (II)

Mardi 20 février. En « une » de tous les journaux indiens : l’attentat de dimanche soir et ses 68 victimes. Difficile faire l’impasse sur ce blog. Et ce d’autant plus que les réactions à cet attentat sont plutôt d’un genre nouveau.

Les responsables indiens et pakistanais semblent en effet faire front commun contre le terrorisme. « Il y a à peine un an, cette rencontre aurait abouti à l’arrêt du processus de paix entre les deux pays », écrit le Deccan Chronicle, désormais, les négociations survivent à la terreur. » Ainsi, la rencontre prévue mercredi entre les ministres indien et pakistanais des Affaires étrangères n’a pas été annulée. Le quotidien du sud indien souligne le caractère inhabituel de cette « réaction spontanée de rejet du terrorisme » par les deux parties et l’impute à « une colère commune contre ces criminels qui ont tué des innocents », à la fois Indiens et Pakistanais.

 

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(À gauche, le haut commissaire pakistanais, Shahid Malik, avec le ministre indien des Chemins de Fer, Lalu Prasad Yadav. (Photo AP)

 

Pour une fois, insiste encore le journal, le premier ministre indien, Manmohan Singh, et le président pakistanais, Pervez Musharraf, n’ont pas opté pour la facilité, à savoir, désigner le camp d’en face. « Hindous et Musulmans, Indiens et Pakistanais, des deux côtés nous savons qu’il y a des gens qui veulent arrêter le processus de paix entre nos deux pays. Nous ne devons pas leur laisser la possibilité de le faire», a déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Khursheed Mehmood Kasuri. « Nous ne les laisserons pas saboter le processus de paix », a renchéri le général Musharraf, dans les colonnes du journal pakistanais Dawn.

Toutefois, dans la presse pakistanaise, les extrémistes hindous sont montrés du doigt, en raison notamment du nombre de Pakistanais morts dans l’explosion. (Lire l’article de The Nation).


Sur le terrain, l’enquête avance. Le ministre des chemins de fer, Lalu Prasad Yadav, a annoncé l’arrestation d’une personne. Des témoins ont raconté avoir vu cet homme, en compagnie d’un autre, dans l’un des deux wagons visés, et ce, peu avant l’explosion. Selon ces témoins, les deux hommes avaient « une attitude louche ». Aucun indice n’a pour l’instant permis à la police de retrouver la trace du deuxième suspect.

 

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(Photo Reuters)

 

Dans la région, la sécurité a été renforcée. Le Thar Express, qui effectue la liaison entre Munabao au Rajasthan et la gare de Khokharapar, dans la province pakistanaise de Sindh, a été placé sous étroite surveillance. Lalu Prasad a en effet reconnu lundi un défaut de sécurité en gare de Dehli. « Il y a des détecteurs de métaux mais pas d’équipements pour contrôler ce qu’il y a l’intérieur des bagages », a-t-il déclaré. Le ministre de l’Union, Naranbhai Rathva, a quant à lui annoncé le versement de 1.000.000 de roupies - 17.216 euros - aux familles des victimes, et 50.000 roupies - 858 euros - aux blessés. Les victimes Pakistanaises recevront la même indemnité.


N
ote d’espoir dans la catastrophe, cette histoire à la une du Deccan Chronicle. Dimanche soir, Syed Mohammad Siddiq, sa femme et ses trois enfants, se rendaient en taxi à la gare de Dehli, pour embarquer à bord du Samjhauta Express. Impatients de retrouver leurs proches au Pakistan, ils ont demandé au chauffeur d’accélérer la cadence. Mais la voiture est tombée en panne d’essence. À quelques minutes près, la famille a raté le train. «C’est le destin. Dieu a voulu sauver ma famille de la mort», a déclaré Syed Mohammad Siddiq. « Nécessairement, le hasard a beaucoup de pouvoir sur nous, puisque c'est par hasard que nous vivons », écrivait Sénèque.

 

Plus d'infos :

Chronologie des principaux attentats dans les trains indiens. 

Reportage sur les lieux du drame. 

19/02/2007

68 morts à bord du Dehli-Attari

medium_map_small.JPGIl était près de minuit dimanche soir quand une explosion s’est produite à bord du Dehli-Attari, près de Panipat, à une centaine de kilomètres de Dehli. Au moins 68 personnes ont été tuées et 50 autres blessées.

 

 

 

 

« Une boule de feu a traversé le wagon alors que nous étions endormis », se souvient l'un des passagers. « Au début, nous n’avons pas compris ce qu’il se passait », raconte un autre. « Ensuite, nous sommes sortis et nous avons vu que les deux wagons derrière nous étaient en feu. Nous avons paniqué et nous avons couru loin du train », explique-t-il. D’autres ont sauté du train en marche.

 

Les passagers se rendaient à Attari, près d'Amritsar, d'où ils peuvent emprunter le Samjhauta Express - littéralement, "L'Express de l'amitié" -, qui effectue deux fois par semaine la liaison entre l'Inde et le Pakistan. Plusieurs Pakistanais figurent donc parmi les victimes. 

 

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Le ministre des Chemins de Fer, Lalu Prasad, s’est aussitôt rendu sur les lieux du drame. Lundi matin, il a précisé que deux valises bourrées d’explosifs avaient été retrouvées sur place. Pour Lalu Prasad, il s’agit d’une tentative pour « empêcher l’amélioration des relations entre l’Inde et le Pakistan ». Cette explosion survient en effet à la veille d'une rencontre importante entre les ministres indien et pakistanais des Affaires étrangères en Inde. 

 

Interrogé sur l’éventuelle implication des services secrets pakistanais (ISI), il a déclaré : « Quels que soient les coupables, ils seront attrapés et punis. » Même son de cloche du côté du premier ministre, Manmohan Singh : « Les responsables de cette explosion seront arrêtés », a-t-il promis lundi matin. Montré du doigt, le Pakistan a également condamné l'attaque.

 

Depuis son ouverture en juillet 1976, la ligne de chemin de fer Inde-Pakistan, via le Samjhauta Express, est victime des mauvaises relations entre les deux pays. La liaison avait ainsi été suspendue début 2002 après l’attentat contre le Parlement indien en décembre 2001, imputé par Dehli aux militants pakistanais. Le trafic n’avait repris qu’en janvier 2004.

 

Voir le flash sur IBN TV.

Voir les photos de la catastrophe

Sur les relations indo-pakistanaises, lire "Inde-Pakistan, un demi-siècle d'affrontements", à la Documentation française.

15/02/2007

Les activistes du vide

medium_st_valentin_small.jpgSur cette photo un activiste du « Forum contre les maux sociaux » (ça ne s’invente pas !), malmène un jeune couple venu fêter la Saint-Valentin. La scène se passe dans un restaurant de Srinagar, au Cachemire indien.

 

 

 

Le Forum en question rassemble différents groupes islamiques qui réclament, entre autres, l’indépendance de la partie indienne du Cachemire. L’un de ces groupes, le Dukhtarane Millat, littéralement « les filles de la Nation », a mené la lutte anti-Saint-Valentin, en dénonçant une « conspiration occidentale pour corrompre la jeunesse musulmane ». Mercredi, sa responsable, Asiya Andrabi, est allée dans les restaurants de Srinagar, prêcher la bonne parole.

 

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« Il n’y a pas de place pour les célébrations de la Saint-Valentin dans notre société islamique et notre culture cachemirie. De tels événements mènent notre société à l’immoralité », a-t-elle expliqué aux couples présents. Ceux-ci ont ensuite été chassés des restaurants.

 


Le Forum avait prévenu. Voici ce que l’on pouvait lire la semaine dernière dans les colonnes du Greater Kashmir : « Nous demandons aux jeunes de ne pas participer aux célébrations de la Saint-Valentin. S’ils le font, nous agirons. »

Les islamistes n’ont pas le monopole du radicalisme. Les activistes du Bharatiya Vidyarthi Sena, la branche étudiante du Shiv Sena, ce parti politique nationaliste hindou extrémiste du Maharastra, y sont également allés de leur petite démonstration de force. Ils ont frappé les vendeurs de cartes de Saint-Valentin. Dans les parcs du Rajasthan, ils ont troublé les promenades des amoureux en brûlant cartes et cadeaux. Dans le Punjab, le Sena a organisé une manifestation…

Bêtise, quand tu nous tiens !

14/02/2007

Un léger sentiment de différence

Une matinée qui commence comme beaucoup d’autres : vingt minutes de mobylette dans la cacophonie peu supportable de l’East Coast Road. Direction : Auroville et la Deepanam School où je donne des cours de français.

Auroville, c’est cette cité utopique et spirituelle fondée dans les années 60 par le philosophe Sri Aurobindo et sa compagne, la Française Mirra Alfassa, appelée Mère. 1880 personnes originaires de 39 pays différents s’y côtoient. Un monde à part dans le sud-est indien.

Après cinq minutes de route dans la poussière rouge d’Auroville, j’aperçois plusieurs deux-roues arrêtés en contrebas. Un peu plus loin, deux imposants 4 x 4 barrent la route. Entourés d’une vingtaine de villageois, plutôt en colère.

 

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S'engage alors un dialogue de sourds.
-    « Que se passe-t-il ? »
-    « Rentrez chez vous. Ici, vous n’êtes plus dans l’Etat. »
-    « Je ne comprends pas. Je suis professeur. Je dois aller travailler. »
-    « Tout ça, c’est de votre faute à vous, les Aurovilliens. »

Pas le temps de lui expliquer que je ne suis pas Aurovillienne, il est déjà reparti. De toute façon, il ne semblait pas vraiment disposé à discuter. Les esprits s’échauffent. Un Aurovillien, qui ne comprend pas bien ce qu’il se passe, tente le passage en force, sourire aux lèvres. Son vélo se retrouve à terre.

Certains villageois s’énervent : ils souhaitent aller travailler et ne comprennent pas l’entêtement des leurs. L’un d’entre eux, moyennant 100 roupies - 1,70 euros – négocie son passage. Ça fonctionne. Tous les combats s’achètent. Face à la détermination des manifestants, beaucoup font demi-tour. À regret, je les imite : les « piqueteros » locaux ne semblent pas vraiment avoir apprécié que je prenne des photos.

Près de 40 ans après la création de la cité, le fossé qui sépare les Aurovilliens des villageois perdure. Auroville se voulait pourtant « cité universelle où des hommes et des femmes de toutes origines pourraient vivre librement en citoyens du monde, croître spirituellement et réaliser l’unité humaine, au-delà de toute nationalité, idéologie ou croyance ». 

 

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L’économie des villages a certes été modifiée en profondeur par la présence d’Auroville. De nombreux de Tamouls ont ainsi trouvé du travail dans les entreprises de la cité. D’autres sont devenus employés de maison. Ils y sont souvent mieux payés qu’à l’extérieur.

Mais la différence de niveau de vie est flagrante. Elle nourrit envie et ressentiment. Bien sûr, les Aurovilliens sont conscients du problème. Avec l’AVAG (Auroville village action group), ils mettent en place des projets de développement dans les villages.

Mais cela ne suffit pas. Améliorer les relations avec les villageois sera l’un des défis principaux de la cité dans les années à venir. Sans quoi Auroville ne sera que ce qu’en font déjà ses détracteurs, à savoir une sorte de Club Med spirituel pour Occidentaux avides de vie luxueuse dans un décor exotique.

13/02/2007

Dilemme cornélien

medium_palais_présidentie.jpgÀ cinq mois de la fin du mandat d’Abdul Kalam à la tête de la République indienne, la course au Rashtrapati Bhavan - le palais présidentiel – est lancée. Le futur premier citoyen du pays sera choisi en juillet par un collège spécial.

 

 

 

En attendant, les rumeurs vont bon train. L’Inde semble entre autres hésiter entre un Dalit - littéralement « opprimé », anciennement appelé « intouchable » - et une star de Bollywood ! Le journaliste Amit Varma s’en fait l’écho sur son blog Indian Uncut.

  

medium_sushil-kumar-shinde_small.jpgLe Dalit est Sushil Kumar Shinde, actuel ministre de l’Energie. En 2003, il fut le premier Dalit nommé au poste de chief minister du Maharastra. En cas de désignation, ce ne serait pas une première.

 

 

Le Dalit Kocheril Raman Narayanan avait en effet été nommé à la magistrature suprême en 1997.

Seul problème pour Sushil Kumar Shinde, la désignation mi-janvier de K.G Balakrishnan, également Dalit, au poste de président de la Cour suprême indienne. Selon certains observateurs, cette nomination pourrait réduire ses chances d’accéder à la présidence. « Comme si cela faisait un Dalit de trop », regrette Amit Varma, avant d’ajouter : « Idéalement, la caste de Shinde ne devrait pas compter. Seules ses compétences devraient être prises en compte. » Un vain espoir dans un pays où le système des castes est encore très fortement ancré dans les mentalités.

medium_acteur_small.jpg Quant à la star de Bollywood, il s’agit d’Amitabh Bachchan. Avec plus de 150 films à son actif, il est la légende vivante du cinéma indien.

 

 

 

 

 

 

Mi-janvier, il a même reçu la légion d’honneur des mains de l’ambassadeur de France à New Dehli.

 

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Ses amis du Samajwadi Party, le parti socialiste indien, parcourent les cercles politiques pour convaincre les petits partis. Ils se seraient d'ores et déjà ralliés une plateforme opposée aux deux ténors de la politique indienne, que sont le BJP (droite nationaliste) et le Parti du Congrès (centre-gauche). Mais on pourrait bien en rester là : « Big B » a d’ores et déjà déclaré que la politique ne l’intéressait pas.

12/02/2007

À quoi rêve la jeunesse indienne ?

medium_couv_small.jpgRegarder la télévision, envoyer emails et SMS, traîner à la maison. Voilà à quoi ressemble le week-end parfait pour la jeunesse urbaine indienne, selon une vaste enquête* réalisée par le India Today.

 

 

 

 

 

En Inde, 47 % de la population a moins de 20 ans. Des jeunes dont le quotidien hésite encore entre modernité et tradition. Une chose est sûre, ici, point de contre-culture ni de rébellion contre le système. L’essentiel tient en deux mots : famille, travail. « C’est une génération qui vit montre en main », résume l’hebdomadaire. Avec des objectifs précis : se marier et réussir.

Cela ne va pas sans quelques sacrifices.  Ce n’est donc pas un hasard si 47 % des jeunes interrogés préfèrent rester à la maison le week-end. Si 50 % d’entre eux n’ont jamais mis les pieds dans un bar ou dans une boîte de nuit. Et si seuls 8 % pratiquent une activité physique.

« A-t-on à faire à une génération de fainéants ? », s’interroge le magazine. Réponse : « Rien de tout cela. » Et de préciser : « Cette génération a tout sauf du temps. » Dans l’Inde mondialisée, les jeunes indiens ont de grandes opportunités de carrière. « Mais plus les portes du travail s’ouvrent, plus se ferment celles du plaisir », analyse le India Today.

Manquant de temps, la jeunesse indienne a trouvé son triptyque idéal : téléphones portables, ordinateurs et iPod. Dans un pays où il y a seulement 16 téléphones pour 1.000 personnes, 70 % des jeunes urbains indiens ont un téléphone portable !

 

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D’où le rôle central joué par les nouvelles technologies. Même quand il s’agit d’amour. Ainsi, quand on leur demande quelle est la meilleure manière de commencer une histoire d’amour, ils répondent, sans hésiter, la conversation téléphonique et le SMS. « Leurs maisons sont leurs refuges, leurs téléphones portables, leur réseau social. La seule chose qui peut les faire sortir de chez eux : un bon film », conclut l’hebdomadaire.

À quand un sondage sur les rêves et les attentes des milliers de jeunes qui peuplent les campagnes indiennes ? Les réponses seraient sûrement bien différentes...

 

*2846 personnes interrogées. Agés de 18 à 30 ans, les sondés vivent dans des villes de taille moyenne et grande.

08/02/2007

Une question de symbole

medium_swastika_small.jpgQuand on se balade en pays hindou, un symbole surprend : le svastika. Sur les temples, les statues, voire même les t-shirts en vente dans la rue : il est partout. Réaction immédiate de l’Occidental de passage : « Comment ont-ils osé utiliser ce symbole ? » (véridique). La réponse est simple : ils l’ont inventé !

 

 

Le terme « svastika » apparaît pour la première fois dans les épopées Ramayana et Mahabhara, les deux textes fondateurs de l’hindouisme et de la civilisation indienne. En sanskrit, il signifie « ce qui apporte la bonne fortune ». Il fut par la suite utilisé par les bouddhistes et les jaïnistes.

 

Dans la religion hindoue, le svastika est un symbole cosmique mettant en scène le mouvement perpétuel de rotation autour d’un point fixe, autrement dit, l’évolution de l’univers. Ainsi Ganesh, invoqué pour écarter les obstacles, est parfois représenté sur un lit de svastikas. Des significations bien éloignées de celle choisie par Hitler : le svastika, désormais croix gammée, était devenu le symbole de la supériorité de la race aryenne. Et de toutes les atrocités qui en ont découlé.

 

Fin janvier, l’Allemagne, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, a relancé le débat sur l’interdiction de ce symbole en Europe, dans le cadre du débat sur une décision-cadre destinée à lutter contre le racisme et la xénophobie. Les communautés hindoues en Europe ont aussitôt revendiqué leur droit à utiliser le svastika lors des cérémonies religieuses.

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Le débat s’annonce ardu, voire impossible : d’un côté, la communauté hindoue, qui craint la mise à l’index du svastika dans lequel l’hindouisme voit un signe de bon augure depuis plus de 5.000 ans, de l’autre, les Européens, pour qui la croix aux quatre potences est synonyme de plus de 50 millions de morts.


« Le parti nazi a utilisé un symbole hindou et en a abusé. Ce n'est pas la faute des hindous. Une cérémonie hindoue est impossible sans le svastika », explique Ramesh Kallidai, le secrétaire général du Forum hindou pour la Grande-Bretagne qui regroupe 275 organisations, au quotidien belge Le Soir. Pour le responsable religieux, l'interdire serait « un acte discriminatoire à l'égard des hindous et des droits de l'homme ». Des associations hindoues de France, des Pays-Bas, de Belgique et d’Italie ont rejoint son combat.


L’affaire a connu un fort écho en Inde, notamment au Bengale, où Svastika est un prénom féminin répandu. « Que va-t-il arriver à ces femmes qui demanderont un visa pour un pays européen. Devront-elles changer de prénom ? », se demandait ainsi le Times of India, fin janvier. Réponse les 19 et 20 avril prochains lors de la réunion du Conseil des ministres européens de la Justice à Luxembourg.

06/02/2007

Inde 1 – Google Earth 0

Dans sa bataille contre Google Earth, l’Inde vient de marquer un point. Selon le Times of India, le moteur de recherche aurait en effet accepté de flouter certaines images satellites de l’Inde. Seule solution, semble-t-il, pour éviter une censure totale du site en Inde. Google Earth pourrait également déformer les plans de certaines infrastructures, en y ajoutant par exemple des bâtiments qui n’existent pas. Toutefois, côté américain, l’information n’a pas encore été confirmée.

medium_inde_google_earth.jpgDès le lancement du logiciel gratuit en 2005, l’Inde était montée au créneau. Le président Abdul Kalam avait à l’époque dénoncé le risque pour « la sûreté du territoire national ». Il avait alors mis en place un groupe d’experts, sous la houlette du ministère de la Science et de la Technologie, afin de dresser une liste des endroits jugés « sensibles ».

medium_base_small.4.jpgC’est cette liste qui a été transmise à Google. Elle comprend, entre autres, des installations militaires, nucléaires et spatiales ainsi que des bâtiments gouvernementaux.

 

 

« Ces plans sont une mine d’or pour les groupes terroristes », a expliqué l’un des responsables du ministère au quotidien. Des sites nucléaires censés être « hautement secrets » étaient ainsi disponibles en haute résolution.

 

L’Inde n’est pas le premier pays à formuler une telle demande. Les Pays-Bas et l’Italie ont également exigé la censure de certaines images satellites. La Maison-Blanche avait quant à elle peu apprécié de voir ses moindres recoins dévoilés sur la toile.

 

De nombreux pays pourraient suivre l’exemple indien. Mi-janvier, les services secrets britanniques ont ainsi révélé que des terroristes irakiens avaient utilisé Google Earth pour mener des attaques contre les troupes britanniques en poste à Bassorah.

05/02/2007

Fiers d'être Indiens

« Mera Bharat Mahan » - « My India is great » - disait, il y a quelques années, une campagne nationale destinée à renforcer le patriotisme indien. Le leitmotiv aurait-il fonctionné ? Selon un sondage* publié par la BBC lundi, 71 % des Indiens sont fiers de l’être. En tête, les Chrétiens, avec 73 %, puis les Hindous, 71 %. Les Musulmans arrivent en dernière position : seulement 60% d’entre eux se disent fiers d’être Indiens.

 

Objectif de ce sondage - le premier de cette ampleur réalisé par une agence internationale - ? Comprendre comment les Indiens perçoivent leur propre pays à un moment où le monde entier salue la montée en puissance de l’Inde.

 

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L’optimisme général est semble-t-il partagé par les personnes interrogées. 65 % d’entre elles estiment qu’il est important que l’Inde soit une superpuissance économique et 60 % qu’elle doit également être une puissance politique et militaire. Les sondés sont également fiers de leur système judiciaire. Ainsi, 55 % d’entre eux pensent que la justice indienne « traite les pauvres et les riches de la même façon ». Un chiffre surprenant au regard des nombreux échecs de la justice et de la police indiennes (Lire la note sur les meurtres de Nithari).

 

Optimistes, les Indiens le sont aussi par rapport aux relations entre les hommes et les femmes : 52 % des personnes interrogées pensent qu’être une femme n’est pas un handicap pour réussir. Sur le sujet, voir ce rapport de l’OCDE, où l’on peut lire, entre autres : « Avec environ 500 millions de femmes qui souffrent de discriminations dans de nombreux domaines, la situation de la femme en Inde est nettement plus mauvaise qu’en Chine. C’est le premier pays du monde pour le nombre de femmes soumises à un statut très inégalitaire par rapport aux hommes. »

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Même la corruption semble plus ou moins tolérée : 47 % des personnes interrogées estiment ainsi qu’elle est « quelque chose de la vie que l’on doit accepter. Le prix à payer pour faire du business ».

 

Tout n'est pas rose pour autant. Principal enseignement du sondage selon le Times of India : les Indiens ont toujours le système des castes fermement ancré dans la tête. Ainsi, 51 % des personnes interrogées estiment que le système des castes représente une « barrière à l’harmonie sociale » et empêche le pays d’avancer. « Une surprise alors que plusieurs éminents sociologues pensaient que l’urbanisation et l’industrialisation avaient permis de casser les frontières entre les castes », écrit le quotidien.

Sur le sujet, lire L'Inde, l'avènement politique de la caste par Christophe Jaffrelot.

 

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Autre point noir : la croissance économique. Les personnes interrogées sont formelles quant au fait que l’Inde doit être une grande puissance économique.

 

 

 

 

Mais près de la moitié d’entre elles estiment ne pas avoir directement profité de la croissance des dix dernières années. Autant de défis qui l'Inde devra relever.

 

*1.616 personnes interrogées en décembre 2006, marge d’erreur de +/- 2,5 points.

02/02/2007

Soleil, Taj Mahal et bistouri

Vous connaissiez le tourisme médical en Tunisie, voici venu le tourisme médical made in India. Des agences dévouées vous concocteront un savoureux mélange de visites touristiques et d’opérations en tout genre.

 

medium_bruce_small.jpg Dernière histoire en date : cet Américain de 43 ans, John Joseph Conway, venu se faire faire une mâchoire identique à celle de sa star préférée : Bruce Willis.

 

 

 

 

 

« Je suis pompier. Je dois être au top. Je voulais avoir une plus belle mâchoire et Bruce Willis a une belle mâchoire », a tout simplement expliqué l’intéressé.

 

« Il nous a contacté par mail. Il nous disait qu’étant pompier, intervenant dans des immeubles en feu, il était au centre de l'attention. Il nous a donc expliqué qu’il devait renforcer l’image de mâle associée à celle du pompier », raconte Vivek Kumar, membre de l’équipe médicale du Sir Ganga Ram Hospital de Dehli qui a opéré John Conway.

 

L’opération a duré trois heures et a coûté 1.600 dollars. Conway, qui s’est dit « satisfait » du résultat, compte désormais revenir avec sa mère et sa sœur. Un lifting pour la première, une liposuccion pour la deuxième. Au total, ils devraient dépenser 4.600 dollars. Soit un dixième de ce qu’ils auraient dû débourser aux Etats-Unis.

 

Selon une étude récente, l’Inde serait en passe de devenir la première destination au monde pour qui veut se refaire la poitrine ou subir une petite chirurgie des yeux. En 2006, le tourisme médical y a rapporté près de 320 millions de dollars. Et on parle déjà 2 milliards de dollars en 2012 !

 

Mais le système n’est pas à l’abri de dérives. Cyberkitty, journaliste blogueuse de Dehli, note ainsi que certains de ces établissements privés n’hésitent pas à proposer des greffes illégales à leurs riches patients venus d'ailleurs. Un système qui vien alimenter le trafic d’organes en Inde.

 
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