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01/02/2007

Noir coton

Épidémie de suicides dans les champs de coton du Maharastra. Depuis le début de la semaine, 16 fermiers se sont donné la mort dans la région rurale de Vidarbha, rapportent jeudi les médias indiens. Ce qui porte à 67 le nombre d’agriculteurs décédés depuis le début du mois de janvier.

Selon l’association Vidarbha Jan Andolan Samiti (VIJAS), qui vient en aide aux fermiers du Maharastra, 1452 agriculteurs se sont suicidés en 2006 dans cet Etat. Dans cette zone rurale, 3,2 millions de fermiers produisent à eux seuls 75 % du coton indien.

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Pourtant, le Maharastra, avec Bombay, capitale financière, est l’Etat le plus riche de l’Inde. Mais les mauvaises récoltes et la chute des cours ont plongé le secteur du coton dans une crise sans précédent. Contraints à multiplier les emprunts aux taux exorbitants, des milliers de fermiers se retrouvent surendettés.

La crise s’est aggravée en 2005 quand l’Etat du Maharastra a annulé, en conformité avec les règles imposées par l’Organisation mondiale du commerce, un programme d’aides : il achetait alors l’intégralité de la production cotonnière à prix fixe. Depuis, les prix sont fixés par le marché. Difficile pour les cultivateurs indiens de faire concurrence au coton américain. Subventionné par Washington, il est jusqu’à 40 % moins cher que son concurrent local.

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Avec des slogans tels que « tueurs de fermiers », VIJAS dénonce régulièrement un « Etat vendu aux normes de l’OMC, au libéralisme et à la mondialisation ». L’association regrette également la mauvaise foi du gouvernement. « Selon les autorités, la plupart des suicides ont des causes non agraires, comme l’alcoolisme, les problèmes de famille et les tensions sociales », indique son président, Kishore Tiwari. Une tactique qui permet à l’Etat de ne pas verser aux familles des suicidés l’indemnisation d’un lakh - 1740 euros - prévue dans ce cas. Ainsi, sur les 1452 suicides commis l’an dernier, seuls 686 cas ont fait l’objet d’indemnisations.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Début juillet, le premier ministre Manmohan Singh a débloqué une aide de 640 millions d’euros. En vain. Depuis, le ministre en chef de l’état du Maharashtra, Vilasrao Deshmukh, a reconnu que le gouvernement n’avait pas de solution au problème des cultivateurs…

30/01/2007

Tout un village se mobilise contre le sida

« Un village montre l’exemple pour mettre fin à l’épidémie du sida », titre mardi le Times of India. Il s’agit de Budni, situé dans l’Etat méridional du Karnataka. Ses 4.000 habitants viennent de voter en faveur du dépistage obligatoire des garçons et des filles avant le mariage. Depuis cinq ans, 15 villageois, dont 4 enfants, sont morts du sida.

« Nos filles ont été mariées à des hommes venus de Mumbai, Kolhapur ou Goa, qui avaient contracté le virus. Elles sont ensuite revenues au village : veuves et malades. De même, certains de nos garçons ont été contaminés par des filles originaires d’autres villages. C’est pourquoi nous avons décidé de rendre le test obligatoire », explique l’un des membres du panchayat, l’équivalent de nos communes.

« Ce qui est frappant, s’étonne le Times of India, c’est que ce soit un village si peu développé qui ait pris cette mesure positive ». En effet, à Budni, l’hôpital le plus proche est à 10 kilomètres. Il n’y a ni route ni école secondaire. La majorité des 600 familles vit dans des maisons de boue.

Désormais, une « révolution silencieuse est en marche », estime le quotidien. Les « devadasis » ont pris la tête de la lutte contre le sida. Les devadasis, issues de la caste des intouchables, sont des esclaves de Dieu. À leur naissance, elles sont vouées à une déesse hindoue et devront ensuite offrir leurs corps aux hommes. Des prostituées divines, premières victimes de l’épidémie.

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Tous les jours, les devadasis de Budni font le tour du village avec des instruments de musique afin de « réveiller les consciences ».







Le peu de moyens ne les a pas découragés : elles ont créé un comité de santé qui s’occupe actuellement de 35 personnes atteintes du HIV. « J’ai été consacrée devadasi à l’âge de neuf ans. Ce qui s’est passé ensuite s’apparente à l’enfer. Je ne veux pas que les filles du village connaissent ce que j’ai subi. Maintenant, je travaille pour la communauté, je lutte contre le HIV et contre le système des devadasis », explique Kalavathy. Elle a permis à 12 jeunes filles d’échapper à ce tragique destin. « Une vraie révolution », conclut le Times of India.

Selon le dernier rapport d’Onusida, l’Inde détient le triste record du plus grand nombre de personnes infectées par le VIH. Avec 5,7 millions de personnes contaminées, l’Inde dépasse désormais l’Afrique du Sud (5,5 millions).

22/01/2007

Le voyage astral de Saddam

« Où est l’âme de Saddam ? », s’interroge le Deccan Chronicle, près d’un mois après la pendaison de l’ancien raïs. Pour répondre à cette question, le quotidien a fait appel à Veenu Sandal, journaliste et astrologue de renom en Inde. Et cette manchette prometteuse : « Veenu Sandal a suivi pour nous l’âme de Saddam Hussein dans le monde astral. »

L’article commence par les interrogations de rigueur : « Saddam Hussein est-il devenu un fantôme qui vient hanter ceux qui l’ont tué ? Sa présence étant désormais indétectable, même par les gadgets de sécurité les plus sophistiqués, va-t-il aller à la Maison-Blanche ou rendre visite au président Bush dans son ranch texan ? Est-il allé au paradis pour avoir donné sa vie à son pays ou est-il en train de souffrir pour toutes les souffrances dont on dit qu’il est responsable ? »

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S’en suit une longue explication des différents scénarii post-mortem. « Quand une personne meurt, l’âme, accompagnée par des messagers du Dieu de la Mort et ses proches disparus, se dirige vers le monde astral », explique l’astrologue.

Oui, mais voilà, « certaines fois, l’âme ne quitte pas la terre et devient un fantôme ». Là, plusieurs cas de figure : soit l’âme se transforme en fantôme errant. Et ce, parce qu’il y a eu « une défaillance au cours de la cérémonie mortuaire ». Soit, l’âme devient un fantôme parce qu’elle « n’a pas assez de force pour embarquer à bord de son voyage astral ». Dans le cas d’une maladie, par exemple.

Autre possibilité : l’âme devient un fantôme parce qu’elle ne veut pas quitter la terre et que personne ne peut la forcer. Ou encore parce qu’elle a quelque chose à accomplir avant de rejoindre les astres. Et l’astrologue de poursuivre très sérieusement : « Par exemple, chez moi, j’ai deux fantômes. Le premier, un prêtre de son vivant, était là bien avant que la maison ne soit construite. Quand il passe, un parfum exquis envahit la pièce. »

À quelle catégorie appartient donc Saddam ?

Après de longues explications sur le pourquoi du comment Saddam est mort - avec un passage inquiétant sur le thème du «Si Bush et Blair se sont trompés en envahissant l’Irak, pourquoi Saddam n’aurait-il pas eu le droit de se tromper aussi ?» - Veenu Sandal arrive à trois certitudes :

• « Son âme n’est ni au paradis ni en enfer »
• « À chaque date anniversaire de sa mort, beaucoup de gens verront son fantôme »
• « Son âme connaît en ce moment même un processus intense de purification spirituelle »

Et de conclure : « Ce qui est une bonne chose pour tous. Pour ses sympathisants comme pour ses détracteurs. »

Nous voilà rassurés.

La version de Charlie Hebdo

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(DR/Charlie Hebdo)

19/01/2007

Un ministre au secours de la moralité publique

De l’art de la censure. Le gouvernement indien vient d’interdire AXN, la chaîne des séries télé et des programmes de télé-réalité. Et ce, jusqu’au 15 mars. Selon le ministre de l’Information, Priya Ranjan Dasmunsi, le contenu de cette chaîne étrangère est «indécent et de mauvais goût». Un programme a particulièrement déclenché la colère de ce ministre puritain : «The world's sexiest commercials», soit un tour du monde des publicités les plus sexy. Ranjan Dasmunsi estime que cela « nuit à la moralité publique ». Sauf à celle des habitants de Chennai et de Pondichéry, où, en raison de mystérieux problèmes techniques, la chaîne diffuse encore !

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(Capture d'écran d'une publicité)

La décision a bien sûr provoqué la colère des téléspectateurs, privés de leurs séries préférées. « C’est ridicule. La décision du gouvernement est injuste. Je ne vais pas pouvoir regarder mes séries ! », s’indigne un fan d’AXN dans les colonnes du Deccan. D’autres se demandent où est la logique, tel cet étudiant en MBA : « Certains clips diffusés sur les chaînes musicales sont beaucoup plus osés que les publicités du programme. » (cf. Let’s dance)

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Les publicitaires ont vivement réagi. « Le gouvernement a pris une décision absurde. Si les politiciens jugent que certains programmes sont obscènes, ils doivent demander à la chaîne de les retirer », estime l’un d’entre eux. Et de s’interroger : « Comment une seule personne peut-elle décider de ce qu’un milliard de personnes a envie de regarder ? »

D’autres s’interrogent sur la définition même de l’indécence. « Comment définir l’indécence ? Je ne soutiens pas l’obscénité mais nous devrions nous mettre d’accord sur ce qui est ou non indécent. Ce genre de décision ne doit pas être politique », estime le vice-président d’une boîte de pub.

Par le passé, cinq chaînes ont déjà connu des interdictions temporaires. Depuis deux ans, le gouvernement indien a adressé 203 rappels à l’ordre à différentes chaînes de télévision, dont un tiers pour diffusion d’images à caractère obscène.

18/01/2007

Quand le racisme s’invite chez Big Brother

Soupçons de racisme sur le Big Brother anglais. Lors de la quotidienne de mardi, diffusée sur Channel Four, trois candidates du célèbre jeu de télé-réalité ont tenu des propos racistes envers la participante indienne, l’actrice Shilpa Shetty.

Les médias indiens et anglais se sont aussitôt emparés de l’affaire. « Big Brother India soutient Shilpa », titrait jeudi le Deccan Chronicle. « Big Brother est devenu Big Bother (gênant) - hier soir », titrait-t-on côté britannique.

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(Photo AP)

Et le Deccan Chronicle de donner des exemples desdits propos.
Dialogue entre deux candidates :
« Elle me rend malade. »
« Oui, c’est un chien. Elle rêverait d’être blanche. »

Autre exemple, devant un poulet cuisiné par l’actrice de Bollywood :
« Je n’ai pas assez confiance pour manger ce poulet. J’ai peur. »
« Oui, qui sait où elle a mis ses mains. »

Quant aux questions posées à la candidate indienne, elles se passent de commentaire : « Tu habites dans une maison ou dans une cabane ? »



L’Ofcom, l’autorité britannique de surveillance audiovisuelle, a reçu plus de 19.000 plaintes de téléspectateurs choqués. Le CSA anglais a promis que des décisions seraient prises en fonction des lois en vigueur au Royaume-Uni.

La polémique embarrasse les autorités britanniques. Elle a atterri à la Chambre des Communes où un député d’origine indienne, Keith Vaz, a interpellé Tony Blair. Réponse de l’intéressé : «Je n’ai pas vu l’émission, je ne peux donc pas faire de commentaire». Le chef du gouvernement a toutefois rappelé son opposition au « racisme sous toutes ses formes ».

Londres tente désormais de calmer le jeu. Un porte-parole britannique a ainsi rappelé « le rôle important joué par la communauté indienne au Royaume-Uni. »

Côté indien, le gouvernement a demandé aux autorités britanniques de sanctionner ces propos. Et le ministre indien de l’Information de donner un conseil à ses compatriotes : « Avant de participer à ce genre de programmes à l’étranger, veuillez informer le gouvernement. » A bon entendeur…

15/01/2007

"La maison aux horreurs"

« Le portrait du diable », « Dans la tête du monstre », « Les bouchers de Noida ». Cette semaine, tous les hebdos indiens reviennent sur les meurtres de Nithari. Tout commence le 29 décembre quand la police, alertée par le père d’une prostituée portée disparue, découvre des os et des crânes enterrés dans le jardin d’une maison de Noida, banlieue moderne du nord-ouest de Dehli. Au total, 17 corps, principalement des enfants, sont déterrés et identifiés. « Et il pourrait y en avoir beaucoup plus. Jusqu’à 40 », rapporte un officier chargé de l’enquête. Soit autant que le nombre d’enfants portés disparus dans cette zone depuis 2004.

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Depuis deux ans, le propriétaire de la maison, Moninder Singh Pandher - un riche homme d’affaires de 52 ans, surdiplômé et ayant ses entrées dans le milieu politique du Uttar Pradesh - et son domestique - Surendra Koli, s’adonnaient à un petit jeu macabre. Mais face aux policiers, Surendra Koli a craqué : avec des bonbons, il attirait les enfants de Nithari, le bidonville voisin, dans ce que les médias indiens ont surnommé « la maison aux horreurs ». Où il les violait avant de les tuer. Il violait à nouveau les cadavres avant de les découper en compagnie de son maître. Ce dernier, décrit par son fils comme « la personne la plus normale qu’il connaisse », a nié toutes les accusations. Il a seulement reconnu avoir eu des « relations sexuelles orales » avec les enfants. Les policiers estiment cependant qu'il est le cerveau de l'histoire.

« L’Inde n’a jamais connu un crime aussi barbare. Un crime d’autant plus barbare que celui qui l’a perpétré est un homme d’affaires influent. Un homme dont les motivations déconcertent les meilleurs psychologues du pays », écrit le India Today.

Et la découverte de crânes et d’os d’alimenter les rumeurs les plus folles. Certains parlent de cannibalisme. D’autres penchent pour le trafic d’organes. D’autres encore, pour un réseau pédophile, des CD et vidéos mettant en scène des mineurs ayant été retrouvés dans la maison.

Dans ce capharnaüm, les policiers tentent de trouver des indices tangibles. Afin de prouver matériellement la culpabilité de Moninder Singh Pandher. Sans quoi ils craignent que ses relations politiques lui permettent de s’en tirer à bon compte.

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De leur côté, les familles de Nithari sont en colère. Elles reprochent à la police de n’avoir rien fait pendant deux ans. «Certains policiers attachent plus d’importance à élucider un vol de voiture qu’une disparition d’enfant», reconnaît le commissaire adjoint de Dehli. Pour ceux de Nithari, la police n’est pas intervenue en raison de leur origine modeste. Preuve à l’appui : en novembre, l'enfant d’un riche homme d’affaires avait été retrouvé cinq jours après sa disparition.

Chaque année, près de 45.000 enfants disparaissent en Inde. 16.000 rien qu’à New Dehli. Une situation à laquelle les hommes politiques de la région, qui sont se sont rendus tour à tour sur les lieux du drame, promettent de mettre fin. Une promesse bienvenue à quelques semaines des élections en Uttar Pradesh...

11/01/2007

Quand le Bangladesh vacille, l’Inde s’inquiète

Depuis samedi, le chaos règne dans les rues de Dacca. Chaque jour voit son lot de manifestants arriver des quatre coins du pays. Emmenés par la ligue Awami - un parti nationaliste et laïque de gauche -, les 14 partis d’opposition dénoncent la manipulation électorale à venir lors des législatives du 22 janvier. L’opposition est en effet convaincue que les autorités ont ajouté 14 millions de citoyens fantômes sur les listes électorales, et ce, au profit du Parti nationaliste du Bangladesh, le parti au pouvoir avant le début de la crise, il y a trois mois.

Et alors que le gouvernement a déployé 60.000 soldats à travers tout le pays, l’opposition entend durcir son mouvement. Elle menace de poursuivre le blocus des transports et de faire le siège du palais présidentiel. Depuis fin octobre, 35 personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées.

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(AFP/Getty Images)

Une situation qui inquiète le voisin indien. Dehli craint en effet la déstabilisation de la région dont l’équilibre était déjà incertain. « La situation au Bangladesh pose des problèmes de sécurité à long terme pour l’Inde », écrit ainsi le Times of India.

Les relations indo-bangladaises, déjà tendues, devraient en prendre un coup. Depuis de nombreuses années, Dehli s’inquiète de la présence possible de rebelles du Nord-est indien en territoire bangladais. Or, les troubles actuels pourraient profiter aux indépendantistes.

Autre sujet d’inquiétude : l’immigration massive des Bangladais dans le nord-est indien. Comme les Etats-Unis au Mexique, l’Inde construit depuis 1989 une clôture de barbelés le long des 4.000 kilomètres de frontière qui la sépare du Bangladesh. Celle-ci devrait être terminée dans le courant de l’année. « Le mur de la honte » existerait-il aussi en Asie ?

05/01/2007

Ardh Kumbh Mela

Allahabad, Uttar Pradesh. Au cœur du pays hindou. Depuis mercredi, on y fête l’Ardh Kumbh Mela, littéralement « la fête de la cruche ». L’un des plus grands rassemblements religieux au monde. Durant six semaines, 70 millions de pèlerins hindous, venus de toute l’Inde, vont se baigner dans les eaux glacées du Gange. Un bain sacré censé réduire le nombre de réincarnations : les hindous espèrent ainsi atteindre plus rapidement le nirvana. La vie dans l’au-delà.
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(Photo Reuters)

L’Ardh Kumbh Mela est célébrée quatre fois tous les douze ans dans quatre lieux saints différents : Allahabad, Haridwar, Ujjain et Nasik.

La légende hindoue raconte que, dans des temps reculés, les dieux et les démons firent une alliance provisoire pour élaborer l’amrita, un nectar d’immortalité. Mais quand la cruche contenant le précieux liquide apparut, les démons s’en emparèrent. Durant douze jours et douze nuits divines, l’équivalent de douze années humaines, les dieux et les démons combattirent dans le ciel pour la possession de la cruche. Pendant la bataille, des gouttes d’amrita tombèrent dans quatre endroits : les quatre villes où l’on fête depuis lors l’Ardh Kumbh Mela.



« Tous les douze ans, l'Inde tout entière frémit ; les villages s'agitent, les monastères se vident, des grottes de l'Himalaya descendent des ermites nus barbouillés de cendres, de la côte de Malabar, du cap Comorin, du golfe du Bengale, des monts Vindhya, du désert du Thar convergent des charrettes de toutes sortes, des cortèges de moines, des bandes de chemineaux, des troupes de lépreux, des suites de rajahs, des coches bondés de femmes cachées par des rideaux blancs, des trains pleins de citadins, une foule prodigieuse assoiffée de sainteté : les pèlerins de la Kumbh-Mela »
Mircea Eliade, L'Inde

29/12/2006

Warm welcome

Depuis ce matin, la "white town" - la partie 'coloniale' de Pondi - est en effervescence. Ici, les balayeuses, habillés de leurs traditionnels tabliers verts, semblent être dix fois plus nombreuses qu'à l'accoutumée. Et chacune d'agiter son balai de paille sur chaque centimètre de bitume.
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, ces hommes qui repeignent à la hâte les barrières qui entourent la place du Gouvernement.
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Ailleurs, les policiers qui, avec leurs beaux képis rouges hérités de l'époque française, peaufinent les derniers détails de leur stratégie.
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Plus loin, des dizaines de barrages. Destinés à réduire la vitesse et à contrôler les passages.
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Pourquoi tant de remue-ménage ? Shri Bhairon Singh Shekhawat est en visite officielle demain à Pondi. Et quand il s'agit d'accueillir le vice-président de la République indienne, les autorités locales font les choses en grand.
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L'homme, issu d'une famille d'agriculteurs du Rajasthan, est très apprécié des Indiens, notamment pour les programmes de développement qu'il a mis en place à travers tout le pays. Pour en savoir plus, voir son site Internet.

26/12/2006

Taste the Coke side of life

Le ri frit, le dosa (sorte de grande crêpe garnie de légumes), ou le biryani végétarien. Ici, "tout est meilleur avec Coca-Cola". A Pondi, le géant de la boisson est partout.
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Une situation bien éloignée de celle du Kerala voisin où Coca-Cola fait l'objet de toutes les critiques depuis trois ans. D'abord accusé d'assécher les nappes phréatiques au détriment des paysans locaux, Coca-Cola se voit désormais reprocher la présence de résidus de pesticides dans ses bouteilles. Cet été, les communistes, au pouvoir dans cet Etat, en ont interdit la fabrication et la vente. Une décision levée fin septembre en raison d'un vice de procédure. Mais d'autres poursuites sont en cours.
Il faut dire que les communistes kéralais ont la dent dure contre les géants américains : ils ont récemment décidé de promouvoir le logiciel libre Linux dans toutes les écoles et les universités de l'Etat. Un pied de nez au Windows de Microsoft.

 
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