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21/02/2007

Pondichéry fête la « Mère »

21 février 1878 – 21 février 2007. Aujourd’hui, le tout Pondi fête l’anniversaire de la « Mère », compagne du philosophe bengali Sri Aurobindo et fondatrice d’Auroville, cité universelle.

 

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Concrètement, cela donne beaucoup de monde dans l’ancien quartier colonial de la ville, où l’Ashram a ses bureaux. Ils sont faciles à reconnaître : tous les bâtiments appartenant à cette communauté spirituelle sont gris.  

 

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Sous un soleil de plomb, des centaines de visiteurs, venus parfois de très loin, attendent pour voir la maison où ont vécu Sri Aurobindo et la Mère, rue de la Marine. Les disciples ont notamment rendez-vous pour le Darshan, c’est-à-dire le moment où ils seront en contact visuel avec la représentation de leur maître spirituel disparu. (Voir ce film)

 

medium_mère_small.jpgPour mieux comprendre cette ferveur, revenons un peu en arrière. Derrière le personnage mystique de la Mère, se cache Mirra Alfassa. Fille d’une Egyptienne et d’un Turc, elle est née à Paris en 1878. Très jeune, elle vit de nombreuses expériences mystiques.

 

 

 

Devenue peintre, elle se marie avec l’impressionniste Henri Morisset et passe ses soirées en compagnie de Rodin et de Gustave Moreau. En 1910, elle divorce et épouse le philosophe Paul Richard. Le jeune couple part à la découverte de l’Inde en 1914. Arrivée à Pondichéry, Mirra Alfassa tombe sous le charme de Sri Aurobindo, révolutionnaire devenu philosophe. En 1920, elle quitte tout pour le rejoindre.



medium_sri_aurobindo_small.jpgSri Aurobindo est l’un des fondateurs du mouvement militant indépendantiste indien. Son combat lui vaut une année de prison. De nouveau inquiété par les autorités britanniques, il se réfugie à Pondichéry en 1910, alors comptoir français.

 

 

 

II se consacre alors exclusivement à la méditation et à l'élaboration de sa philosophie du yoga intégral. Autour de lui s'organise un ashram, dont Mirra Alfassa, devenue entre temps la « Mère », la direction en 1926. Son but ? «Etablir une conscience de Vérité qui créera un nouvel être, l'être supramental».

 

Le 28 février 1968, la Mère fonde la communauté d'Auroville, à quelques kilomètres de Pondichéry. Elle réalise ainsi son rêve de voir un endroit dans le monde où « tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations pourraient vivre librement en citoyens du monde, obéissant à une seule autorité, celle de la vérité Suprême, un lieu de paix, de concorde et d'harmonie ». (Lire mes notes précédentes sur Auroville).

Elle meurt le 17 novembre 1973, assassinée, dit-on, par ses disciples, qui voulaient la « déifier » de son vivant…

 

Pour en savoir plus, lire cet article de The Hindu, écrit en 2003 à l'occasion du 125ème anniversaire de la Mère. 

14/02/2007

Un léger sentiment de différence

Une matinée qui commence comme beaucoup d’autres : vingt minutes de mobylette dans la cacophonie peu supportable de l’East Coast Road. Direction : Auroville et la Deepanam School où je donne des cours de français.

Auroville, c’est cette cité utopique et spirituelle fondée dans les années 60 par le philosophe Sri Aurobindo et sa compagne, la Française Mirra Alfassa, appelée Mère. 1880 personnes originaires de 39 pays différents s’y côtoient. Un monde à part dans le sud-est indien.

Après cinq minutes de route dans la poussière rouge d’Auroville, j’aperçois plusieurs deux-roues arrêtés en contrebas. Un peu plus loin, deux imposants 4 x 4 barrent la route. Entourés d’une vingtaine de villageois, plutôt en colère.

 

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S'engage alors un dialogue de sourds.
-    « Que se passe-t-il ? »
-    « Rentrez chez vous. Ici, vous n’êtes plus dans l’Etat. »
-    « Je ne comprends pas. Je suis professeur. Je dois aller travailler. »
-    « Tout ça, c’est de votre faute à vous, les Aurovilliens. »

Pas le temps de lui expliquer que je ne suis pas Aurovillienne, il est déjà reparti. De toute façon, il ne semblait pas vraiment disposé à discuter. Les esprits s’échauffent. Un Aurovillien, qui ne comprend pas bien ce qu’il se passe, tente le passage en force, sourire aux lèvres. Son vélo se retrouve à terre.

Certains villageois s’énervent : ils souhaitent aller travailler et ne comprennent pas l’entêtement des leurs. L’un d’entre eux, moyennant 100 roupies - 1,70 euros – négocie son passage. Ça fonctionne. Tous les combats s’achètent. Face à la détermination des manifestants, beaucoup font demi-tour. À regret, je les imite : les « piqueteros » locaux ne semblent pas vraiment avoir apprécié que je prenne des photos.

Près de 40 ans après la création de la cité, le fossé qui sépare les Aurovilliens des villageois perdure. Auroville se voulait pourtant « cité universelle où des hommes et des femmes de toutes origines pourraient vivre librement en citoyens du monde, croître spirituellement et réaliser l’unité humaine, au-delà de toute nationalité, idéologie ou croyance ». 

 

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L’économie des villages a certes été modifiée en profondeur par la présence d’Auroville. De nombreux de Tamouls ont ainsi trouvé du travail dans les entreprises de la cité. D’autres sont devenus employés de maison. Ils y sont souvent mieux payés qu’à l’extérieur.

Mais la différence de niveau de vie est flagrante. Elle nourrit envie et ressentiment. Bien sûr, les Aurovilliens sont conscients du problème. Avec l’AVAG (Auroville village action group), ils mettent en place des projets de développement dans les villages.

Mais cela ne suffit pas. Améliorer les relations avec les villageois sera l’un des défis principaux de la cité dans les années à venir. Sans quoi Auroville ne sera que ce qu’en font déjà ses détracteurs, à savoir une sorte de Club Med spirituel pour Occidentaux avides de vie luxueuse dans un décor exotique.

22/12/2006

Christmas party

Christmas Party à la Deepanam school of Auroville. Une centaine d'enfants et quelque 33 nationalités. Mais quand il s'agit de jouer, tout le monde se comprend.
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J'avoue que mon statut de "super maîtresse de français" en a pris un coup : impossible de mettre une seule fléchette dans la cible, de viser des cibles avec les cerceaux ou de pêcher une bouteille avec un anneau… Quant à ce jeu étrange, sur la photo : il s'agit d'enlever toutes les cartes avec ses cils en moins d'une minute. Un jeu tamoul, m’a t-on expliqué. Je me disais aussi...
Et l'info du jour : la sortie de la version indienne du viagra. UP de son petit nom. "Un produit 100 % naturel", selon ses fabricants. Seule consigne : "Ce produit peut être utilisé par les hommes et les femmes ayant plus de 18 ans". Avis aux amateurs...

10:30 Publié dans Auroville | Lien permanent | Commentaires (9)

15/12/2006

Let's speak french ! (II)

« Je suis, tu es, il est, elle est, nous sommes, vous êtes, ils sont, elles sont ». Depuis ce matin, c'est le nouvel air à la mode à Auroville. Ou plutôt dans l’une des écoles d’Auroville : 11 gamins l’ont chanté à tue-tête toute la matinée.
C’était juste avant la petite leçon d’anatomie. Les plus grands ont à peu près capté qu’il fallait se toucher les pieds quand la maîtresse (moi !) dit le mot « pied ». Mais les petits galèrent, surtout la plus jeune, Tom, sept ans. Quelque soit le mot prononcé, elle montre sa bouche. Aurais-je encore quelques lacunes au niveau de l’enseignement ? C’est pas grave, Tom m’a dit que j’étais la plus belle maîtresse qu’elle avait jamais eu !

06:40 Publié dans Auroville | Lien permanent | Commentaires (7)

06/12/2006

Let's speak french !

Enseigner le français à 15 enfants issus d'origines différentes (Inde, Israël, Etats-Unis, Russie, France, etc.) ? C'est le défi que vient de me lancer Rajiv, le directeur de l'école d'Auroville (cf. photo ci-dessous). Je commence vendredi.
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Auroville, "la cité de l'Aurore", située à une dizaine de kilomètres de Pondichéry, est une ville internationale fondée en 1968 par celle que tout le monde ici appelle Mother, la compagne de Sri Aurobindo, poète et philosophe bengali.
Son but ? Créer un lieu permettant "une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprennent à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités". La ville est classée "modèle de vie communautaire" au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Près de 40 ans après sa création, Auroville demeure un lieu mystérieux, voire mystique. Un lieu décrié par certains, adoré par d'autres. Enseigner là-bas devrait me permettre de mener l'enquête...
Et pour les passionnés de compétition asiatique, sachez que l'Inde a remporté in extremis une deuxième médaille d'or (au billard cette fois-ci!), lors de la toute dernière compétition des jeux. Deux médailles d'or en une journée, un "jour mémorable", selon The Hindu.

10:40 Publié dans Auroville | Lien permanent | Commentaires (5)

 
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