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18/05/2007

Films indiens cherchent compétition internationale

Bollywood aime Cannes. Mais quid de Cannes ? Le célèbre festival n’aimerait-il pas le cinéma indien ? Ce dernier ne serait-il pas à la hauteur de la sélection officielle ?

medium_couple_bollywood_small.jpgDepuis quelques jours, le débat agite la rédaction du Times of India. « L’Inde, plus gros producteur de films au monde, échoue une nouvelle fois aux portes de la sélection officielle », écrit le quotidien au lendemain de la cérémonie d’ouverture.

 

 

 

 

(Ci-dessus, le couple bollywoodien, Aishwarya Rai et Abhishek Bachchan, lors de la cérémonie d’ouverture)

 

Et d’insister : « Si la compétition est cette année dominée par les films européens, quelques très bons films asiatiques sont présents. Mais aucun film indien. »

Le critique de cinéma, Saibal Chatterjee, en rajoute une couche dans les colonnes du journal : « Les membres du jury, qui ont choisi les films des différentes compétitions, n’ont pas trouvé un seul film indien qui en valait la peine. » La conclusion est implacable : « L’Inde ne produit rien qui se rapproche des meilleurs travaux cinématographiques du reste du monde. »

Maigre consolation pour le cinéma indien : le court de Raka Dutta, « Chinese Whispers », a été sélectionné pour la compétition des courts métrage réalisés par des étudiants, décerné par le jury de la Cinéfondation.

Autre lot de consolation : l’Inde présentera sept films lors du festival « Tous les cinémas du monde », qui se déroule en parallèle de la compétition officielle. Un festival qui a pour but « d'illustrer la vitalité et la diversité du cinéma mondial, le dynamisme de la jeune création et l'implication des institutions qui participent à l'épanouissement du cinéma d'auteur ».

Mais là encore, le Times of India est perplexe : « Tous les médias indiens semblent fascinés par le fait que sept films indiens soient présentés lors du prestigieux festival. Pourtant, aucun d’entre eux ne sera présenté en sélection officielle ». Pas de quoi se réjouir donc, selon le très sérieux quotidien.

Le Times of India va plus loin, regrettant, il y a quelques jours, que l’Inde soit présente dans cette section « destinée aux industries cinématographiques naissantes de pays émergents ». « Pour l’Inde, se retrouver à côté du Liban, de l’Angola, du Kenya, de la Slovénie et de la Colombie n’est pas vraiment un honneur, comme semble le penser certains médias indiens », écrit le journal, s’estimant toutefois satisfait que les organisateurs du Festival marque la différence en accordant deux jours à l’Inde quand les autres pays n’en ont qu’un.

Ce qui semblait être une dénonciation du peu d’intérêt du reste du monde pour le cinéma indien, se retourne finalement contre Bollywood. « Les réalisateurs indiens ont encore des efforts à faire s’ils veulent passer des marges du Festival de Cannes à son centre », conclut en effet le Times of India.


Sur la passion du cinéma en Inde, lire cet excellent papier du Monde Diplomatique : « En Inde, la religion du cinéma », publié en août 2004.

04/04/2007

Le tsunami donne des idées à Bollywood

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De « San Francisco » en 1936 au « Jour d’après » en 2004, en passant par « La Tour infernale », « Twister » et le « Pic de Dante », les catastrophes naturelles ont toujours inspiré les réalisateurs.

 

 

 

 

Quid d’un film sur le tsunami du 26 décembre 2004 ? 230.000 victimes, 1,5 million de réfugiés, cinq pays touchés, des centaines d’heures d’images tournées par des vidéastes amateurs. De quoi donner des idées aux réalisateurs.

Pourtant, jusqu’à présent, seule la télévision américaine s’y est intéressée. Fin 2006, HBO a diffusé un téléfilm en deux parties, « Tsunami, The Aftermath », avec Tim Roth.

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Le réalisateur américain Michael Patwin a quant à lui dans ses cartons le projet de tourner « Hereafter ». Mais le tournage est sans cesse repoussé depuis deux ans. Le film doit raconter l’histoire d’un Américain qui a marché pieds nus sur 100 km pour retrouver sa femme et ses enfants après le passage de la vague meurtrière.

 La production a promis que la majeure partie des recettes générées par le film seraient reversées aux victimes.

medium_poissons_small.jpgCette semaine, Bollywood a annoncé son intention de combler ce vide. Le réalisateur indien Ujjal Chatterjee va tourner « Tsunami », avec, dans les rôles principaux, les très Bollywoodiens Aamir Khan et Rani Mukherjee.

 

 

 

 

 

Rappelons que l’Inde a également été victime de la catastrophe : près de 10.000 personnes sont mortes au Tamil Nadu et dans les îles Andaman et Nicobar.

 

Le film de Chatterjee devrait raconter deux histoires : celle d’un prêtre venant en aide aux sans-abri et celle d’un géologue qui va retrouver sa femme vivante après le tsunami. « Les changements climatiques et les catastrophes naturelles, comme le tsunami, ont frappé les esprits. Ce sont donc des sujets de cinéma appropriés », a indiqué le réalisateur. Le tournage devrait avoir lieu prochainement dans le sud de l’Inde, ainsi qu’à Bali (Indonésie) et à Phuket (Thaïlande). Comme d’habitude, on peut compter sur Bollywood pour rajouter une bonne dose de mélodrame glamour.

01/03/2007

Équilibre précaire au Gujarat

medium_affiche_film_smal.jpgIl y a cinq ans, l’Etat du Gujarat connaissait de terribles émeutes anti-musulmanes. Le réalisateur Rahul Dholakia, originaire de cette région, en a fait un film, « Parzania », sorti ces jours-ci sur tous les écrans du pays.

 

 

 

 

Tous ? Non. Car le film a été interdit au Gujarat, dirigé par Narendra Modi, représentant de la ligne dure du BJP, les nationalistes hindous.

Tout commence le 27 février 2002, quand 58 personnes meurent dans l’incendie d’un train à Godhra, au Gujarat. Ce jour-là, le Sabarmati express, qui fait la route entre Ahmedabad et les villes du nord de l’Uttar Pradesh, transportait des activistes hindous, les Kar Sevaks.

Ces derniers rentrent d’un pèlerinage contesté à Ayodhya. Depuis longtemps, cette ville  cristallise les violences intercommunautaires entre hindous et musulmans. En cause ? L’emplacement de la mosquée Babur. Les hindous prétendent qu’elle se trouve sur le lieu d’un ancien temple dédié à Rama. Le 6 décembre 1992, la mosquée est détruite par les activistes hindous, entraînant une vague d'affrontements intercommunautaires.

 

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En février 2002, les extrémistes hindous accusent leur pendant musulman d’avoir commandité l'incendie du train. Il n’en faut pas plus pour déclencher un véritable pogrom anti-musulman.

 

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Entre 800 et 2.000 personnes, selon les sources, ont été tuées. 75.000 autres ont dû fuir leurs maisons.

 

 

 

 

 

 

 

Après les émeutes, la Commission nationale des droits de l’homme a mis en évidence la responsabilité de l'État du Gujarat dans le déroulement de ces violences. Plusieurs rapports de l'ONG Human Rights Watch ont également conclu à une planification des tueries antérieure à l'incendie du train. Par ailleurs, l’enquête, rendue difficile par la mauvaise volonté des autorités locales, n’a jamais permis de savoir si l’incendie était accidentel ou criminel.

Cinq ans après, le fait que le film ne soit pas sorti au Gujarat montre que l’équilibre communautaire reste fragile dans cette partie de l’Inde. « Le film rappelle que les fantômes de 2002 hantent toujours l’Etat du Gujarat et qu’ils ne seront pas exorcisés tant que les responsables du carnage seront au pouvoir », écrit le magazine Frontline cette semaine. Et de conclure : « Cinq ans après, la peur règne toujours au Gujarat. »


Sur les violences de 2002, lire l’article de Christophe Jaffrelot, spécialiste de l’Inde et directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI).

13/02/2007

Dilemme cornélien

medium_palais_présidentie.jpgÀ cinq mois de la fin du mandat d’Abdul Kalam à la tête de la République indienne, la course au Rashtrapati Bhavan - le palais présidentiel – est lancée. Le futur premier citoyen du pays sera choisi en juillet par un collège spécial.

 

 

 

En attendant, les rumeurs vont bon train. L’Inde semble entre autres hésiter entre un Dalit - littéralement « opprimé », anciennement appelé « intouchable » - et une star de Bollywood ! Le journaliste Amit Varma s’en fait l’écho sur son blog Indian Uncut.

  

medium_sushil-kumar-shinde_small.jpgLe Dalit est Sushil Kumar Shinde, actuel ministre de l’Energie. En 2003, il fut le premier Dalit nommé au poste de chief minister du Maharastra. En cas de désignation, ce ne serait pas une première.

 

 

Le Dalit Kocheril Raman Narayanan avait en effet été nommé à la magistrature suprême en 1997.

Seul problème pour Sushil Kumar Shinde, la désignation mi-janvier de K.G Balakrishnan, également Dalit, au poste de président de la Cour suprême indienne. Selon certains observateurs, cette nomination pourrait réduire ses chances d’accéder à la présidence. « Comme si cela faisait un Dalit de trop », regrette Amit Varma, avant d’ajouter : « Idéalement, la caste de Shinde ne devrait pas compter. Seules ses compétences devraient être prises en compte. » Un vain espoir dans un pays où le système des castes est encore très fortement ancré dans les mentalités.

medium_acteur_small.jpg Quant à la star de Bollywood, il s’agit d’Amitabh Bachchan. Avec plus de 150 films à son actif, il est la légende vivante du cinéma indien.

 

 

 

 

 

 

Mi-janvier, il a même reçu la légion d’honneur des mains de l’ambassadeur de France à New Dehli.

 

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Ses amis du Samajwadi Party, le parti socialiste indien, parcourent les cercles politiques pour convaincre les petits partis. Ils se seraient d'ores et déjà ralliés une plateforme opposée aux deux ténors de la politique indienne, que sont le BJP (droite nationaliste) et le Parti du Congrès (centre-gauche). Mais on pourrait bien en rester là : « Big B » a d’ores et déjà déclaré que la politique ne l’intéressait pas.

07/02/2007

Le bad boy de Bollywood

Salman Khan, Sallu pour les fans, est le bad boy de Bollywood. À 40 ans passés, ses frasques font régulièrement la une des journaux. Mercredi, le très sérieux Times of India raconte comment l’acteur a offert une rolex à plusieurs membres de l’équipe sri-lankaise de cricket venus dîner chez lui. Motif : Monsieur adore le cricket ! « Les joueurs ont eu un aperçu de la fameuse 'générosité façon Khan' », note le journal.


Et de préciser que ce genre de cadeaux est une tradition dans la famille des Khan, l’une des plus influentes de Bollywood. Salman est le fils du célèbre scénariste Salim Khan. Ses deux frères, Arbaaz Khan et Sohail Khan, sont également acteurs.


medium_salman_muscles_small.jpg La carrure musculaire de Salman Khan n’est pas sans rapport avec son succès : rares sont les films où il n’apparaît pas torse nu ! En bon bad boy, l’acteur a été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises.

 

 

D’abord en 1998 pour avoir chassé une antilope noire, une espèce protégée. Il le paiera d’un an de prison. Il est de nouveau arrêté en 2002 pour avoir provoqué un accident mortel : sous l’effet de l’alcool et muni d’un permis périmé, il encastre sa voiture dans une boulangerie de Bombay : un mort et quatre blessés. D’abord poursuivi pour homicide, les charges sont ensuite étrangement abandonnées.

medium_affiche_small.jpg Célibataire, Salman Khan a fréquenté pendant deux ans Aishwarya Rai, actrice de Bollywood et Miss Monde 1994. L’affaire a tourné au vinaigre : la belle a porté plainte pour mauvais traitements et refuse depuis de tourner un film avec lui.

 

 

 

En juillet 2005, une chaîne de télévision indienne avait diffusé l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre les deux ex-amants. Sur la bande, la voix d’un homme menaçait :« Méfies-toi de moi. Je fais partie du milieu du crime organisé et je n’aurai aucun mal à t’éliminer. » Des millions de personnes avaient alors entendu cet enregistrement diffusé en prime time, la chaîne de télé prétendant qu’il s’agissait bien de la voix de Salman Khan. Beaucoup de stars de Bollywood sont en effet connues pour leurs liens avec la mafia. «Nous connaissons tous les pratiques malhonnêtes de Salman Khan. Il a soudoyé des personnalités importantes du cinéma pour qu’elles assistent au mariage de la fille d’un gangster, Dawood Ibrahim », avait à l’époque commenté le juriste Pramod Navalkar. 



Finalement, la police l’avait innocenté. Cette succession de fausses-vraies rumeurs n’entachent en rien la carrière du bellâtre. Bien au contraire. Salman Khan sera au générique de huit films en 2007 !

Extraits
 

 
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