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10/05/2007

La tentation dynastique

Violence et politique sont deux mots qui vont très bien ensemble dans le sous-continent. Pas plus tard qu’hier, trois personnes ont été tuées dans l’incendie criminel des locaux du journal tamoul Dinakaran et de la télévision Sun TV Network.

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Les incendiaires entendaient ainsi protester contre un sondage publié par ces médias dont les résultats sont défavorables à leur favori, M.K. Azhagiri, membre du DMK, un parti pro-tamoul.

medium_chief_minister_tamil_nadu_small.jpgL’enquête, effectuée dans tout le Tamil Nadu, portait sur l’identité de l’héritier politique de M. Karunanidhi, l'ancien scénariste nommé cinq fois chief minister de l’Etat (1969-71, 1971-74, 1989-91, 1996-2001 and 2006- ?) et fondateur du DMK en 1969 (photo à gauche).

 

 

Trois figures politiques du Tamil Nadu étaient testées, tous enfants de M. Karunanidhi !

 

medium_mk_stalin_small.jpg Le secrétaire général du DMK, M.K. Stalin (photo à gauche) arrive largement en tête, avec 70% des suffrages, contre seulement 2% pour M. K. Azhagiri.

 

 

 

Même score pour la fille du chief minister, la poétesse Ms. Kanimozhi.

Les partisans de M. K. Azhagiri, basés à Madurai, n’ont pas accepté de tels résultats. Des figures locales du DMK sont descendues dans les rues pour brûler des exemplaires du journal et crier des slogans hostiles. Arrivée très vite sur place, la police n’a pu empêcher les incendiaires d’agir. Les trois victimes sont deux informaticiens et un garde de sécurité.

Quelques instants à peine après l’incendie, les employés de Dinakaran et de Sun TV ont bloqué la circulation sur la route nationale pendant plusieurs heures. Leurs dirigeants réclament l’arrestation de M.K Azhagiri, considéré comme responsable de l’agissement de ses militants.


Réagissant
à ces événements dramatiques, le chief minister M. Karunanidhi a condamné des attaques perpétrées contre « la démocratie et la liberté de la presse ». Dans la bataille féroce qui oppose ses trois enfants, l’homme n’a pas pris parti. L’ancien scénariste a toutefois précisé qu’il n’y aurait pas de « succession dynastique au sein du DMK. » Dommage, ça aurait fait un bon Bollywood !

09/05/2007

Pas touche à ma déesse

medium_Hussain_small.jpgLe Picasso indien pourrait bien revenir au pays. M.F Husain, célèbre peintre musulman indien aux œuvres controversées, vit en exil au Moyen-Orient depuis la fin des années 90.

 

 

 

 

 

 

 

Cette semaine, l’artiste a annoncé son intention de rentrer en Inde : « Mon pays me manque. A 91 ans, je suis prêt à accepter toutes les conséquences de mon retour », a-t-il expliqué à l’International Herald Tribune.

medium_tableau_small.jpgM. F Husain a fui son pays sous la pression des activistes religieux hindous. Ceux-ci lui reprochaient le contenu « outrageux » de plusieurs de ses toiles, notamment celles représentant des déesses hindoues dans leur plus simple apparat.

 

 

L’an dernier, l’une de ses toiles avait fait scandale. Sur ce tableau, une femme nue posant sur une carte de l’Inde avec les noms des Etats indiens sur son corps représente la Bharatmata (la mère Inde). Le peintre avait dû présenter des excuses publiques et promettre de retirer l’oeuvre de son site Internet.

 

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Pour ces différentes raisons, des actions en justice ont été engagées un peu partout dans le pays. La plupart des tribunaux estiment que ces tableaux « blessent les sentiments des Hindous ». En mars, un tribunal du nord du pays a même fait saisir la maison de l’artiste. Motif ? M. F Husain ne s’est pas présenté à l’audience.

Aujourd’hui, ses avocats demandent que toutes les procédures soient regroupées à Dehli et que l’artiste fasse l’objet d’une protection particulière. M. F Husain a en effet reçu de nombreuses menaces de mort. Un ressentiment difficile à comprendre pour celui qui fut un temps la star adulée de l’art indien, recevant en 1966 le prestigieux Padma Shri Prize des mains du gouvernement indien.

07:45 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (3)

08/05/2007

Sauvés par la rosée ?

medium_eau_small.jpg1,4 milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable. Selon les prévisions de l’Unesco, ils seront 2,5 milliards en 2025. Soit un tiers de l’humanité.

 

 

 

 

Longtemps considérée comme une ressource inépuisable, pure et gratuite, l’eau potable est aujourd’hui de plus en plus rare, polluée et chère. L’or bleu est devenu un enjeu stratégique.

Le constat est clair : il est urgent d’agir. Oui, mais comment ? L’une des solutions pourrait venir du laboratoire Eseme (Equipe du supercritique pour l'environnement, les matériaux et l'espace) dirigé par le chercheur Daniel Beysens.

L’homme travaille depuis dix ans sur une nouvelle technologie qui est en passe d’aboutir : récolter les gouttes de rosée et les mettre en bouteilles. « L'idée m'est venue en observant de la buée un matin dans ma voiture. La façon dont les gouttes se formaient, fusionnaient, comment le halo de lumière que j'observais changeait quand je soufflais dessus ! », a-t-il récemment confié aux Echos.

 

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Une usine à rosée est actuellement en test au Gujarat, dans le nord de l’Inde. Elle produit jusqu’à 350 litres d’eau potable par nuit. Deux conditions suffisent : un vent faible et une nuit claire.

L’usine est recouverte d’un isolant thermique qui condense la rosée. Elle est ensuite dirigée vers des bacs où l’eau est filtrée puis désinfectée avant d’être mise en bouteille. À terme, ce gigantesque système de condensation devrait couvrir une superficie totale de 12.000 m2, ce qui devrait permettre de récupérer de 1.200 à 6.000 litres d’eau toutes les nuits. Deux autres usines sont en construction en Inde et au Maroc.

 

Daniel Beysens travaille actuellement à l’établissement d’une cartographie mondiale des sites à rosée. Une goutte d’espoir dans un océan d’incertitudes.

 

Lire le rapport de l'Unesco sur le manque d'eau potable dans le monde. 

07/05/2007

Cinq ans !

« Il jubile », écrit lundi Vaiju Naravane, la correspondante de The Hindu à Paris. « Il », c’est bien entendu Nicolas Sarkozy, élu dimanche président de la République française.

 

medium_résultats_small.jpg (Crédit : lefigaro.fr)

 

Ce matin, la majorité des quotidiens indiens font leur « une » sur la victoire du « candidat conservateur ». « La France prend un tournant définitif à droite », écrit The Hindu. Et le journal de rappeler les thèmes conservateurs autour desquels Sarkozy a mené campagne : retour aux valeurs de l’identité nationale, rigueur économique, mesures contre l’immigration, renouveau du travail, etc.

 

Pour le quotidien de centre-gauche, le succès de Nicolas Sarkozy n’a pas de secret : « Le transfert massif des votes des deux partis d’extrême droite, le FN et le parti anti-musulman du Philippe de Villiers, a permis cette large victoire. »

 

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Quant aux conséquences sur les relations franco-indiennes, The Hindu n’est pas franchement optimiste.

 

 

 

 

« Avec Sarkozy, l’Inde peut s’attendre au renforcement des barrières protectionnistes. Il a en effet promis d’augmenter les taxes sur les marchandises venant de pays qui pratiquent le dumping social, comme l’Inde et la Chine », écrit ainsi Vaiju Naravane.

07:40 Publié dans Vu d'ici | Lien permanent | Commentaires (3)

23/04/2007

On en parle

The Hindu, le plus francophile des journaux anglophones indiens fait sa « une » du jour sur la présidentielle.

 

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Selon Vaiju Naravane, la correspondante du journal à Paris, « les grands perdants » de l’élection française sont François Bayrou, « qui espérait séduire les électeurs du centre-droit et du centre-gauche » et Jean-Marie Le Pen, « qui a multiplié ces dernières semaines les déclarations provocantes afin de récupérer les voix les plus extrêmes ».


Quant à Nicolas Sarkozy, The Hindu estime qu’il a réussi à récupérer un bon nombre de voix de l’extrême droite. Les électeurs de gauche ont de leur côté « tiré les leçons » de la présidentielle de 2002.


Le journal du sud-indien estime que le grand moment d’émotion de cette journée électorale s’est déroulé dans les isoloirs de Clichy-sous-Bois et Argenteuil, « lieu des pires violences urbaines en 2005 ». « Des milliers de jeunes originaires d’Afrique ont juré qu’ils empêcheraient Nicolas Sarkozy de remporter la présidentielle », raconte The Hindu.


Pour la petite histoire, l’électrice que je suis s’est retrouvée soumise à la loi de Murphy (la fameuse LEM) : pour mon bureau de vote français, je suis inscrite à Pondichéry. Pour le Consulat de Pondichéry, je suis inscrite en France. En posant des questions, on s’entend dire : « Il y a sûrement eu une erreur avec votre procuration. » Et les différentes administrations de se renvoyer la balle.


Résultat : étant inscrite partout et nulle par à la fois, je n’ai pas eu le droit de voter. Priver de mes droits civiques pour une erreur administrative ! Seul recours désormais : le tribunal d’instance. Autant vous dire que mes chances de voter au second tour sont minces. Haut les cœurs !


Un peu lassée de tous ces tracas, je prends mon sac à dos et quitte Pondichéry durant les 15 prochains jours, direction : l’Inde du Sud et ses beautés millénaires. Je reviens le 7 mai, le carnet de notes remplit d’histoires indiennes à vous raconter. A très vite !

06:30 Publié dans Vu d'ici | Lien permanent | Commentaires (17)

20/04/2007

Le lion est mort ce soir

 

Etat d’alerte dans le Gujarat. Le braconnage visant les lions asiatiques est en recrudescence. Une dizaine d’entre eux sont morts ces dernières semaines.

 

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Le lion d’Asie régnait autrefois sur tout le sous-continent indien. Il a aujourd’hui pratiquement disparu. Les derniers spécimens vivent à l’état sauvage dans la forêt de Gir, dans l’Etat du Gujarat.


medium_carte_gir_forest_small.jpg Selon le dernier recensement, le sanctuaire de Gir, et ses 1.400 km2 de forêt, abritait 359 lions asiatiques en 2005. Les derniers sur la planète.

 

 

 

 

La création de ce sanctuaire, qui a coûté 9,5 millions de dollars au Gujarat, a permis de sauver cette espèce rare de félin. Au moment de son inauguration en 1965, il ne restait plus que 20 lions !


Mais aujourd’hui, la survivance de l'espèce est menacée par les villageois alentour. Lassés de voir leurs champs pillés par les félins, les fermiers ont construit de gigantesques puits. Un véritable piège pour le lion asiatique. D’autres échouent contre les barrières électrifiées disposées autour des terres agricoles.


Pour mettre fin à ces massacres, les autorités de la réserve naturelle viennent de recruter 600 informateurs : ils seront chargés d’ériger des clôtures autour des puits et d’empêcher le braconnage. Récemment, quelque 30 personnes ont été arrêtées en possession de pinces et de haches.


Pour les autorités du Gujarat, l’enjeu est de taille : il s’agit de sauver une espèce en voie de disparition. Et avec elle, le symbole de la République indienne.

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19/04/2007

L'identité nationale, un thème qui fait recette

C’est reparti pour un tour. La Cour suprême indienne a décidé en début de semaine de se pencher sur un dossier controversé : le droit des personnes naturalisées à occuper des fonctions constitutionnelles ou publiques dans le pays. La cible est claire : Sonia Gandhi, l’actuelle présidente du Parti du Congrès, au pouvoir. 

 

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Sonia Gandhi est née italienne, le 9 décembre 1946, près de Vicence. Lors de ses études à l’université de Cambridge, en Angleterre, elle tombe sous le charme de Rajiv Gandhi, fils d'Indira Gandhi et petit-fils de Jawaharlal Nehru, futur premier ministre indien.


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Ils se marient en 1968 et Sonia s’installe en Inde. Elle devient citoyenne indienne en 1983.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 21 mai 1991, Rajiv Gandhi est assassiné par une kamikaze issue du mouvement des Tigres tamouls (LTTE). Sous la pression du Parti du Congrès, Sonia Gandhi accepte sa présidence en 1998 et se déclare candidate au poste de premier ministre.

L'opposition - principalement le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou) -, entre alors en guerre contre la candidate, rappelant sans cesse qu’elle n’est pas d’origine indienne. Le parti hindou centre sa campagne sur le thème de la nationalité et rappelle que Sonia ne parlait pas couramment hindi avant d’entrer en politique.

medium_sonia_drapeau_small.jpgMais la belle Sonia est populaire. En 2004, le Parti du Congrès remporte les élections générales. Sonia Gandhi doit alors accéder au poste de premier ministre. Mais face aux menaces du BJP et au risque de division du pays, elle abandonne et cède la place à Manmohan Singh, actuel premier ministre.

A l’approche de nouvelles élections générales (2008), la Cour suprême a donc relancé le débat sur la nationalité. Les sages ont décidé d’étudier la pétition déposée par le Rashtriya Mukthi Morcha (droite nationaliste), un texte qu’ils avaient pourtant écarté en 2006.

 

L'avocat du groupuscule nationaliste affirme que, partout dans le monde, seul un citoyen de naissance peut occuper certaines hautes fonctions. Il souligne « la menace politique grave » que représente la présence d'une personne naturalisée à la tête d'institutions capitales du pays.

La Cour suprême devra trancher avant que le sujet n’envenime la campagne électorale. Les juges ont d’ores et déjà indiqué qu’il n’existait aucun texte de loi en Inde interdisant à une personne naturalisée l’accès à des fonctions constitutionnelles. Les hauts magistrats estiment par ailleurs que la décision revient à chaque électeur, au moment du vote.

18/04/2007

Le commissariat où il fait bon être arrêté

medium_carte_small.2.jpgL’Inde est souvent là où on ne l’attend pas. Dernier exemple en date : le commissariat de Shipra Path à Jaipur, capitale du Rajasthan, vient d’être élu «meilleur commissariat au monde». Pas moins.

Le trophée vient d'être décerné par Altus Global Alliance, une association rassemblant six ONG et plusieurs centres de recherche, dont le but est d’améliorer la sécurité et la justice à travers les continents.

En décembre 2006, 2.000 personnes ont visité les commissariats de 23 pays. Celui de Shipra Path figurait dans le Top 5 des enquêteurs. Les cinq jurés ont finalement décidé de lui accorder le titre de « best global police station ».

 

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(Le commissariat de Shipra Path)

 

L’avocat américain Richard Aborn, président de la Citizens’ Crime Commission de New York, était en charge d’inspecter le commissariat de Jaipur. Il a longuement étudié le traitement du public, la transparence, la responsabilité, les préférences communautaires, les conditions de détention et même, la condition physique des agents de police. Sa conclusion ne souffre d’aucune ambiguïté : « Je n’ai jamais vu un tel commissariat ailleurs dans le monde. Il mérite le titre. »

Le Hindu évoque quelques-uns des points positifs de ce commissariat pas comme les autres. Les 54 policiers menés d’une main de maître par le commissaire Sunil Kumar Punia sont « très spéciaux », note le quotidien : ils ne boivent pas de thé (!), ne mangent pas de chewing-gum, ne fument pas et ne consomment pas d’alcool. Vu l’insistance du Hindu, cela doit être plutôt rare au pays de Gandhi. Tous se parlent avec déférence. On s’adresse à l’autre en rajoutant le suffixe « Ji », marque de respect absolu.

Aspect plus fondamental : la corruption. « Aux pots de vin, il disent un grand non », écrit le Hindu. Et de le prouver chaque jour : depuis qu’ils ont reçu ce titre, des dizaines de personnes viennent leur rendre visite, les bras chargés de fleurs et de douceurs. Gentiment mais fermement, les policiers refusent les cadeaux. Même ceux qui ne sont qu’une marque d’affection. L’intégrité poussée jusqu’à l’extrême.

Interrogé, le commissaire a simplement expliqué qu’il souhaitait changer l’image de la police. « Généralement, les gens pensent que la police est l’un des pires aspects de la société. Nous avons essayé de changer cette image. La récompense n’était pas notre but. Nous avons qu’un seul rêve : changer l’image de la police », a-t-il insisté lors de la remise du trophée.

Un titre qui ne passe pas inaperçu dans un pays qui figure habituellement dans les pages corruption des journaux. Selon Transparency International, l’Inde est seulement 70ème, sur 163, au classement des pays les moins corrompus. Entre le Ghana et le Mexique. Et derrière la Chine, la Tunisie et la Turquie !

08:40 Publié dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (2)

17/04/2007

Blatter s’attaque au «géant endormi»

medium_sepp_blatter_small.jpgConvaincre un milliard de fans de cricket de troquer leurs battes contre le ballon rond ? C’est la mission (impossible ?) de Sepp Blatter. Le président de la Fédération internationale de football a débuté hier une visite officielle de trois jours en Inde.

Dès son arrivée, l’homme a exhorté les responsables indiens du football à tout faire pour accéder au niveau international, allant jusqu’à évoquer « un rêve indien de parvenir au meilleur niveau ».« Je me demande quand l'Inde aura les infrastructures pour accueillir ne serait-ce qu'un tournoi de jeunes, alors la Coupe du monde, n'en parlons pas... Il est plus que temps de se mettre au travail. Je veux réveiller ce géant endormi qu'est l'Inde », a-t-il déclaré.

À ses côtés, le président de la Confédération asiatique, le Qatarien Mohammed bin Hammam, en a rajouté une couche : « Avec les structures existantes, ne pensez pas progresser, même dans les cent prochaines années. »

 

L’Inde occupe actuellement le 165e rang mondial, entre Andorre et le Lesotho ( !). Le onze indien est en 34ème position dans le classement asiatique. Le sous-continent n’a plus brillé depuis 1962, date à laquelle l’Inde remportait la médaille d’or des Jeux asiatiques. Quant à leur meilleur résultat, il faut remonter aux JO de Melbourne, en 1956 : l’équipe avait alors atteint les demi-finales.

Pour que l’Inde revienne dans la compétition, Joseph Blatter a annoncé que la FIFA investirait 400.000 dollars afin que ce sport fasse « partie de la vie sociale des gens ». « Nous sommes ici pour vous guider », a-t-il insisté.

Mais le président de la FIFA aura fort à faire s’il veut imposer le ballon rond. Certains l’accusent déjà d’avoir mis au point une manœuvre pour déstabiliser le sport roi qu'est le cricket en Inde. « J’admire le cricket et je ne suis pas là pour remplacer le sport le plus implanté dans votre pays », a pourtant déclaré Sepp Blatter dès son arrivée, avant d’ajouter : «Je milite pour le football parce que dans ce jeu, il n’existe pas de différence de caste, de culture ou de croyance, ni entre les riches et les pauvres.»

 

Mais pour beaucoup d’Indiens, le cricket remplit déjà cette fonction de mixité sociale. Pour preuve, la composition de l’équipe nationale indienne, faite de musulmans, d’hindous et de chrétiens. Il y a quelques semaines, le président de l’Association de cricket de Pondichéry me confiait : « Quand on joue au cricket, il n’y a plus de castes et de religions. Nous ne formons plus qu’un. Qu’on soit à Mumbai, Bangalore ou dans les villages, nous avons un dénominateur commun : notre passion pour le cricket. »

 

Pour Sepp Blatter, reste à espérer que la récente humiliation des joueurs de cricket indiens lors du Mondial caribbéen aura eu pour effet de convertir au football quelques inconditionnels de la batte.

16/04/2007

Des mangues contre des Harley

 

« Des mangues juteuses et rafraîchissantes contre des motos machos. Le deal semble juste », écrit le Hindu dans son édition de samedi. Les Etats-Unis et l’Inde ont signé un nouvel accord de commerce bilatéral vendredi : des mangues v/s des Harley.

Les Américains pourront d’ici peu « retrouver la saveur incomparable des mangues indiennes, dont ils se sont privés trop longtemps », a déclaré le ministre indien du Commerce, Kamal Nath.

 

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Depuis 18 ans, les mangues indiennes n’avaient plus droit de cité sur le territoire américain. Selon Washington, les agriculteurs indiens utilisaient trop de pesticides. « Désormais, les fermiers vont irradier les fruits pour tuer les parasites, afin que la qualité des mangues corresponde à celle recherchée par les Etats-Unis », précise le Hindu.

 

Pour info, sachez que l'irradiation des aliments (par rayonnement gamma, rayons X ou flux d'électrons) est une méthode employée à peu près partout dans le monde. Cette technique, controversée, vise à mieux stériliser et à améliorer la longévité des aliments traités. Elle est interdite en France pour les fruits frais, mais ce n'est pas le cas aux Etats-Unis.

En échange, l’accord prévoit donc le déferlement d’une vague de Harley Davidson en Inde. Une aubaine pour le géant américain de la moto : le marché indien des deux-roues est en pleine expansion. Rien a filtré quant aux prix des futurs bolides. Et quid des futurs Hells Angels indiens ?

 

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