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16/03/2007

Rouge fureur

« La terreur rouge a encore frappé », « Les naxalites massacrent des policiers », « L’attaque la plus meurtrière depuis des mois ». Ce matin, eu  « une » de la presse et des télés indiennes, un sujet détrônait la Coupe du monde de cricket : la dernière attaque des rebelles maoïstes.


medium_naxalites_map_small.jpg Jeudi, à 2 heures du matin, entre 300 et 400 naxalites ont attaqué par surprise le poste de sécurité de Rani Bodli, situé à 600 km au sud de Raipur, la capitale de l’Etat de Chhattisgarh. 55 personnes ont été tuées, dont 16 membres de l’armée.

 

 

 

Les autres victimes sont des villageois enrôlés par les forces de sécurité locales pour lutter contre les rebelles. (Reportage sur les lieux du drame).

 

Selon les experts, l’assaut avait été extrêmement bien préparé. Les maoïstes étaient lourdement armés : ils ont lancé des dizaines de grenades et de bombes incendiaires sur le poste de police. Les assaillants sont repartis avec un lourd butin : des dizaines de fusils, des pistolets, des munitions, etc.


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À New Delhi, le ministre de l'Intérieur, Shivraj Patil, est resté ferme : « De telles attaques n'entameront pas la détermination du gouvernement à régler le problème des maoïstes. »


Début mars, après sept mois de trêve, 8 personnes avaient été tuées dans l’explosion d’une mine, déposée par les rebelles. Vu l’ampleur de cette nouvelle attaque, les autorités indiennes craignent que les maoïstes n’aient mis cette trêve à profit pour se moderniser et acquérir davantage d’armes.


medium_naxal_men_small.jpg Le territoire d'implantation de la rébellion constitue un «couloir rouge» qui s'étire du sud de l'Inde jusqu'à la frontière du Népal en passant par les forêts du centre. Au total, les naxalites sont présents dans neuf Etats. Le mouvement compte environ 12.000 combattants.


Le terme « Naxal » dérive de Naxalbari, le village au nord du Bengale d'où le mouvement est issu. Les maoïstes ont déclenché leur insurrection en 1967. Leur mot d’ordre est la lutte armée au nom des paysans pauvres et des sans terre. Ils prônent la révolution agraire et la redistribution des terres.

 

En 2006, le premier ministre Manmohan Singh avait présenté l'insurrection maoïste comme la plus grave menace intérieure à la sécurité de l'Inde.

 

Pour en savoir plus sur l'insurrection naxalite, lire ce dossier du Times of India. 

15/03/2007

Besoin d'espace

medium_SpaceShip_Two_small.jpgDepuis ce matin, l’Inde connaît le nom de son premier touriste de l’espace. Il s’agit de Santosh George Kulangara, un passionné de voyage originaire d’un village du Kerala.

 

 

 

 

L’homme, à la tête de l’une des plus importantes maison d’édition scolaire en Inde, a déjà visité plus de 50 pays. Mais l’espace manquait à son palmarès.


Ce sera chose faite mi-2008, quand il embarquera à bord de Space Ship Two aux côtés de cinq autres touristes en quête d’espace. La navette a été financée par le milliardaire britannique Richard Branson et le gouverneur de l'Etat américain du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, dans le but clairement affiché de démocratiser le tourisme spatial. Les deux hommes ont créé Virgin Galactic, agence de voyage spécialisée dans les vols à destination de l’espace. Près de 40.000 personnes seraient déjà inscrites sur les listes d’attente.

 

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Santosh George Kulangara, lui, a d’ores et déjà reçu son numéro de réservation. Le 38. « Je suis surexcité. Ce sera un moment historique. L’espace est la dernière destination connue de l’homme et je suis heureux de pouvoir la découvrir », a-t-il confié aux médias venus l’interroger de tout le pays. Avec ses futurs colocataires de navette, il assistera à la première réunion de préparation à Paris en mai avant de partir pour les Etats-Unis afin d’effectuer une semaine d’entraînement intensif.

Space Ship Two décollera de la base américaine de Rutan, dans le désert de Mojave, en Californie. « Il n'y aura aucun vrai atterrissage dans l'espace, mais nous pourrons éprouver la pesanteur et l’entrée du vaisseau spatial dans l'atmosphère terrestre. Le voyage durera seulement 2 ou 3 heures », a précisé le futur touriste spatial.

 

Santosh George Kulangara ne l’a pas encore dit à ses deux enfants, seule sa femme et quelques amis sont au courant : « Pour nous, il est difficile de croire qu’un Indien puisse réussir une telle chose. Mon message pour la nouvelle génération est clair : si vous avez un rêve, réalisez-le. » Il a reçu l’autorisation de filmer le voyage et compte bien faire partager ses impressions au monde entier. Des impressions qui lui coûteront la bagatelle de 200.000 dollars.

 

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Un vol bon marché comparé au prix du billet du premier touriste de l’espace en 2001 : l’homme d’affaires californien Dennis Tito avait dû débourser 20 millions de dollars pour embarquer à bord de la mission Soyouz TM-32.

 

 

 

14/03/2007

L’Inde, capitale mondiale du diabète

La cuisine indienne serait-elle plus mauvaise pour la santé que la junk food occidentale ? Le Times of India a lancé le débat en début de semaine. Une équipe de chercheurs indiens a mené l'enquête. Leur constat est sans appel : la nourriture occidentale est plus saine que son homologue indienne.


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Un exemple : la portion de 100 grammes de french fries contient entre 4,2 % et 6,1 % d’acides gras contre 9,5 % pour la même quantité de bhatura (galette de farine frite) et 7,8 % pour le paratha (sorte de crêpe, cuite avec du ghee, un beurre clarifié très riche en lipides, photo ci-contre).

 

 

 

Or, ces pains, au même titre que les naans, accompagnent la plupart des repas indiens.

 

medium_paratha_grande_small.jpg (Bhatura)

 

« En Inde, nous nous moquons sans cesse de la junk food occidentale. Pourtant, la nourriture indienne est plus mauvaise pour la santé. La présence élevée d’acides gras fait craindre la multiplication des cas de diabète et de maladies coronariennes d’ici vingt à trente ans », s’alarme le docteur Anoop Misra, directeur du département « Diabète et maladies du métabolisme » d’un grand hôpital indien.

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(Dosa. Plat typique d’Inde du Sud. Pâte préparée avec des lentilles et du riz.)

 

L’Inde compte déjà le plus grand nombre de diabétiques au monde. Et les choses devraient empirer. En 2010, il y aura 57 millions de diabétiques en Inde, soit presque autant que la population française ! 80 millions d’Indiens devraient être concernés en 2030. Dans les zones urbaines, la prévalence du diabète atteint 12 % de la population adulte. Un énième défi pour le géant indien.


Sur le diabète en Inde, lire cet article de la Fédération internationale du diabète.

07:15 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (3)

13/03/2007

Réalisateurs étrangers, bienvenus chez vous !

Après le tourisme médical et le tourisme spirituel, l’Inde cherchait un nouveau moyen d’attirer les étrangers sur son territoire. Lundi, elle a peut être trouvé la nouvelle poule aux oeufs d'or. Lors d’une réunion spéciale à la Lok Sabha - l’équivalent de notre Assemblée nationale - le ministre de l’Information et de la Diffusion, Priya Ranjan Dasmunsi, a présenté un nouveau plan : faire de l’Inde la destination à la mode pour le tournage de films. Le concept de « tourisme cinématographique » est né.

Pour se faire, les autorités promettent de simplifier les délais d’attente pour les formalités administratives d’entrée sur le territoire. Objectif : passer de plusieurs mois actuellement à seulement trois petites semaines. Une réduction des délais synonyme de gros efforts administratifs pour l’énorme machine bureaucratique indienne. Mais certains sont optimistes : « Dans les mois qui viennent, l’Inde pourrait voir arriver de nombreux réalisateurs en quête de l’image juste », écrit le Deccan Chronicle dans son édition de mardi.

 

medium_brad_jolie_small.jpg(Balade en rickshaw pour Brad Pitt et Angelina Jolie lors du tournage de "A mighty heart")


Ces dernières années, plusieurs grosses productions hollywoodiennes ont été tournées en Inde, à l’image de The Bourne Supremacy (La Mort dans la peau) avec Matt Damon, ou récemment, A mighty heart avec Angelina Jolie et Brad Pitt. Le film, basé sur le livre de Mariane Pearl, raconte le calvaire de Daniel Pearl, reporter du Wall Street Journal, décapité au Pakistan quatre semaines après son enlèvement en 2002. Sortie prévue sur les écrans français le 19 septembre 2007.


medium_shantaram_small.jpg Le prochain film de la réalisatrice indienne, Mira Nair, aujourd’hui basée à New York, sera également tourné à Mumbai dans les prochains mois. Mira Nair s’attaque au célèbre roman Shantaram, écrit par Gregory David Roberts, sorte de parcours initiatique d’un cocaïnomane australien dans les bidonvilles indiens.

 

 

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À l’affiche, la star de Bollywood, Amitabh Bachchan et  Johnny Depp.

 

 

 


 

 

 

 

Mais cet appel du pied des autorités indiennes aux réalisateurs étrangers aura bien sûr quelques limites. Il ne faut pas oublier qu’en Inde, la censure se porte plutôt bien (A ce sujet, lire ce post).


Premier problème : le tournage dans des endroits dits « sensibles ». « Si par exemple le réalisateur veut aller tourner dans l’Etat du Jammu et Cachemire, dans le nord-est indien - où sévissent les rebelles marxistes naxalites -, ou aux différentes frontières du pays, les dossiers seront étudiés en coopération avec le ministère de l’Intérieur. Cela prendra plus de temps », a ainsi expliqué Priya Ranjan Dasmunsi.


Autre point expressément précisé par les autorités indiennes : les autorisations de tournage pour des films qui traiteront de sujets polémiques seront « très longuement étudiées », dixit Priya Ranjan Dasmunsi. Entre autres exemples donnés par le ministre de l’Information : « Les questions communautaires, les droits de l’homme, les populations tribales, le nucléaire, les questions de défense et tout autre sujet considéré comme provocateur ou sensible ayant trait au domaine économique, social et politique du pays. » Réalisateurs étrangers, bienvenus chez vous ?

12/03/2007

Cricket Mania

medium_joueurs_indiens_small.jpgCes derniers temps, l'Inde n’a qu’une idée en tête : le parcours des « hommes en bleu ». Un petit air de déjà vu ? Il ne s’agit pourtant pas de ballon rond mais de batte de cricket. La neuvième Coupe du monde de cricket a en effet officiellement débuté dimanche soir, avec la cérémonie d’ouverture au Trelawny Stadium de Montego Bay, en Jamaïque.


La légende du cricket caribéen, Sir Garfield Sobers, a déclaré ouverte la compétition, qui se déroule pour la première fois aux Caraïbes. C’est donc parti pour sept longues semaines de folie pour les milliards de fans à travers le monde.

 

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Et toute l’Inde d’afficher son soutien à ses Bleus à elle. Impossible de faire l’impasse.

 

 

 

 

Ainsi pouvait-on lire sur le site du Times of India, le plus grand quotidien en langue anglaise du pays : « Le moment est enfin venu. Dans les jours qui viennent, toutes les batailles pour la suprématie mondiale auront pour théâtre les terrains de cricket. Les hommes en bleu portent en eux les aspirations de toute une nation. (…) Tous nos encouragements aux joueurs. Nous souhaitons qu’ils ramènent au pays la coupe la plus convoitée au monde. »


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(Des supporters Indiens et Pakistanais assistent ensemble à la cérémonie d'ouverture)

 

Vu de France, cela peut surprendre. Mais le cricket (pour comprendre les règles, cliquez ici) est un sport très populaire dans de nombreux pays. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2 milliards de téléspectateurs, 16 équipes internationales, 51 matchs, 12 stades, 9 pays hôtes, 5 millions de dollars de prix, 3 millions de dollars pour l’équipe championne du monde… Quant à la région Caraïbes, il lui en coûtera 300 millions de dollars pour organiser l’événement.


L’Inde, qui a perdu en finale de la dernière coupe du monde contre l’Australie, compte bien prendre sa revanche. À en croire les médias indiens, l’équipe a cette fois-ci toutes les chances de l’emporter. Cyberkitty, journaliste et blogueuse de Dehli, voit une finale Inde - Afrique du Sud avec, bien sûr, la victoire finale de l’Inde. Réponse le 28 avril, aux Barbades.

 

Le site officiel de la Coupe du monde de cricket 2007.

Plus de photos de la cérémonie d’ouverture.

Le dossier spécial du Times of India.

09/03/2007

Trop de rêves tuent la rave

Les rave party n’ont définitivement pas la faveur des autorités. Dimanche dernier, des milliers de jeunes venus de toute l’Inde s’étaient donné rendez-vous dans la ville de Donaje, près de Puna, au sud de Bombay. Objectif : organiser une vaste full moon party.

 

Mais les autorités locales n’étaient pas de cet avis. Alertée par des SMS envoyés aux futurs raver depuis un site pornographique ( !), la police a débarqué sur les lieux de la fête. Déguisés en « jeunes teuffeurs », ils ont observé les jeunes s’échanger maintes substances illicites avant de passer à l’action. Bilan des courses : 250 arrestations.

 

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Sept étrangers - originaires d’Allemagne, d’Iran et de Palestine -, ont également été arrêtés. Pour eux, les choses devraient se corser : en matière de drogue, la règle appliquée en Inde est celle de la tolérance zéro.

 

Le trafic et la consommation de produits stupéfiants sont sévèrement punis en vertu d’une loi de 1985, que les tribunaux indiens appliquent avec une grande rigueur. Elle prévoit la peine de mort dans certains cas de récidive.

 

Il y a sept ans, un ressortissant français était arrêté en Inde en possession de 2,5 kg de cannabis. Il a été condamné à 10 ans d’emprisonnement ferme. Une peine confirmée en appel au mois de septembre 2004. À bon entendeur…

08/03/2007

Pondichéry, ville propre (?)

 

Les apparences sont parfois trompeuses. A Pondichéry, tout dépend d’où vient le voyageur. Ainsi, celui-ci arrivé de Dehli, Mumbai ou Madurai, se dira : « Tiens, il existe une ville propre en Inde. Incroyable ! ». Mais celle-ci, arrivée directement depuis Paris, pensera : « Tiens, l’Inde, ce n’est pas si sale. Les stéréotypes ont la peau dure ! »

 

Et chacun aura un peu raison. Pondichéry est une ville plutôt propre. Ici, il n’est point question d’héritage colonial français mais de programme européen. (Ou peut être que le premier a permis le second). Toujours est-il que depuis 2002, dans le cadre du plan européen Asia Urbs, « un partenariat de la propreté » a été initié entre Pondichéry et les villes de Villeneuve-sur-Lot, en France, et Urbino, en Italie. Objectif : « réduire les conséquences sanitaires, environnementales, sociales et économiques de l'amoncellement des 200 tonnes de déchets que produisent chaque jour les 300.000 habitants Pondichéry. » L’Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) soutient le projet.

 

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Concrètement, une collecte sélective pour les matériaux recyclables et les matières organiques a été mise en place dans l’ancien quartier colonial de Pondichéry, la ville blanche, ainsi qu’au sein du marché principal. Une plateforme de compostage a également été créée, gérée par un groupe de femmes.

À n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, des dizaines de femmes, reconnaissables par leur tablier vert, balaient les rues de la ville. Dans chaque poubelle, elles ramassent les déchets et effectuent un premier tri sélectif. Dans d’autres quartiers, les habitants apportent papier, cartons et autres bouteilles en plastique dans des magasins spécialisés moyennant quelques roupies. Les matériaux sont ensuite triés et recyclés.



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Partout, de grandes affiches rappellent aux habitants que Pondichéry doit être une ville propre. Le Pondicherry Pollution Control Committee veille.

 

 

 

 

 

 

Seul bémol : difficile de trouver la moindre poubelle dans la partie indienne de Pondichéry, la ville noire. La préoccupation environnementale des autorités locales serait-elle guidée par des impératifs touristiques ?

 

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07/03/2007

Les sans-abri de Delhi

medium_sans_abri_delhi_small.jpgParis, quai du canal Saint-Martin, une centaine de SDF attend toujours d’être relogée. À des milliers de kilomètres, les sans-abri de Delhi n’y croient plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque jour, la capitale indienne voit son lot de migrants débarquer des campagnes environnantes. Tous espèrent y trouver un travail et des conditions de vie décentes. En arrivant, ils s’installent sur le trottoir. Beaucoup ne le quitteront plus. Un récent rapport note que les mouvements migratoires vers la capitale sont une fois et demie supérieurs à la moyenne nationale. Chaque jour, 665 personnes débarquent à Delhi.


Dans son supplément dominical, le Hindu consacre un long reportage à ces migrants venus d’ailleurs. Le quotidien du sud indien dénonce une « politique de l’habitat qui leur assure de rester dehors durant l’hiver meurtrier ». En attendant de trouver mieux, ces migrants vivent de petites ventes : fleurs, papiers, encens. Les enfants font l’aumône, suivent les touristes en attendant que quelques roupies tombent dans leurs mains.

 

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The Hindu raconte l’histoire de Pokhar et de sa femme, Tiliya. Ils ont trois enfants. C’est une famille d’artisans comme l’Inde en compte des milliers. Dans leur village natif, près de Alwar, au Rajasthan, ils vivaient de leur poterie. Leur communauté est connue pour faire les meilleurs pots à eau de tout le pays. Mais depuis quelques années, les ventes ont baissé. Et les artisans ont peu à peu sombré dans la pauvreté. Pokhar et Tiliya ont choisi de tout quitter pour venir à Delhi. Ils n’y ont rien trouvé.

06/03/2007

Le festival de la bonne humeur

Pendant qu’au Tamil Nadu les Hindous célébraient Masi Magam, dans le nord du pays, les couleurs étaient à l’honneur. Chaque année, après la pleine lune, les Indiens fêtent Holi, un festival qui marque la fin de l’hiver et le début du printemps. Il symbolise donc la vie et l’exubérance, associées à cette saison.

 

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Et quand il s’agit d’exubérance, les Hindous ne font pas les choses à moitié. La tradition est d’allumer de grands feux de joie et de s’enduire de couleurs

 

medium_filles_holi_small.jpgLes jeunes vont de villages en villages, aspergeant tout le monde sur leur passage et criant « Bura Na Mano, Holi Hai ». En hindi : « Ne soyez pas fâchés, c’est holi ! » La fête contamine jusqu’aux hommes politiques.

 

 

Pendant trois jours, les croyants chantent et dansent au rythme des tambours. Ils participent aussi à de vastes processions. Poèmes humoristiques et autres blagues sont également au programme. En un mot, le festival de la bonne humeur.


Ce festival est en général associé à la figure de Krishna, incarnation de l'amour du bonheur divin. Krishna, jaloux de la belle couleur de peau de Râdhâ, la charmante fille de son père adoptif, demanda à la mère Yashoda la raison de cette différence. Elle lui répondit en rigolant : « Si tu es jaloux, tu n’as qu’à changer son teint en l’enduisant de couleur ». Ce qu’il fit.

 

Quant aux grands feux qui sont organisés pendant holi, ils ont aussi leur origine sacrée. Le jeune Prahlada, un fervent croyant, était détesté par son père, le roi Hirnakashyipu. Celui-ci passait son temps à inventer des stratagèmes pour éliminer son fils. La sœur du roi, Holika, prit alors la défense du jeune Prahlada. Ne craignant pas le feu, elle prit le jeune homme par le bras et entra dans les flammes. Prahlada sorti du feu sans aucune brûlure mais Holika y resta. Dès lors, le père de Prahlada le laissa tranquille. Ce feu, allumé chaque année lors de Holi, symbolise la victoire du bien sur le mal.


Mais depuis quelques années, les associations de défense de l’environnement dénoncent un festival qui, faute de célébrer la nature, la détruit. Entre autres reproches, l’utilisation excessive de couleurs à base de produits chimiques, de bois pour faire les feux et d’eau, pour nettoyer les dégâts. L’exubérance a ses limites.

05/03/2007

Les idoles en fête

Masi Magam ou la fête des idoles. Samedi, des milliers de personnes ont célébré cette fête hindoue du Tamil Nadu. « Masi » signifie les mois de février-mars en tamoul. « Magam » est l’une des 27 étoiles de l’astrologie indienne. La fête de Masi Magam est célébrée chaque année, le jour de la pleine lune.

 

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À Pondichéry, des milliers de fidèles viennent se purifier de leurs péchés sur la plage nord, bientôt suivis par les idoles de 80 temples de la région. Un spectacle hors du commun.

À l’aube, a lieu la cérémonie Theerthavari : les idoles sont alors aspergées d’eau de mer. Un rituel synonyme de chance pour les temples et leurs fidèles. Cette année, le chief minister de Pondichéry, N. Rangaswamy, était de la partie.

 

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Toute la journée, des milliers de fidèles affrontent le soleil brûlant pour se recueillir devant les différents temples, et participer aux puja, les cérémonies religieuses hindoues.

 

 

 

 

 

Ici, une femme dessine les bindis - ces points rouges - sur les fronts des croyants. Là, une autre vend des plateaux de noix de coco et de bananes à offrir aux divinités.


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Mais l’ambiance est loin d’être pieuse. Masi Magam est avant un jour de fête pour les hindous du sud de l’Inde. La journée est rythmée au son des tambours. Dans les ruelles étroites de Kurusukkupam et Vaithikuppam - les quartiers des pêcheurs - s’est installé un véritable marché. 

 

Colliers, bracelets, tirelires et autres babioles en plastique : on trouve tout et n'importe quoi. Dans Pondichéry, des stands de boissons et riz en tout en genre ont été installés à la hâte. De grandes distributions de nourriture s’organisent.

 

Masi Magam ne serait pas une vraie fête hindoue s’il n’existait pas une légende à son origine. Celle-ci veut qu’il y a bien longtemps, Shiva, Dieu de la vie et Dieu de la mort, soit apparu sous les traits d’un enfant devant le roi Vallala de Tiruvannamalai, une ville sainte du nord du Tamil Nadu. Mourant, le roi s’inquiétait de disparaître sans descendance, c’est-à-dire sans personne pour effectuer les derniers rituels mortuaires. Shiva lui promis alors de s’en occuper.

 

Promesse tenue : le roi mourra le jour de Masi Magam et Shiva se chargea des derniers rituels. En bénissant la dépouille du défunt, Shiva annonça que toute personne qui se baignerait dans la mer le jour de Masi Magam fusionnerait avec lui et accèderait au stade de « moksha » : la libération finale de l’âme individuelle. De quoi donner envie de se jeter à l'eau !

 
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