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16/02/2007

Une vie de chien

Mariage peu ordinaire mercredi près de Jajpur, dans l’Etat d’Orissa, où vivent essentiellement des populations tribales. Un petit garçon de 18 mois a été marié à…une chienne !

Ce n’est pas la première fois que l’on entend ce genre d’histoire. Au-delà de l’anecdote, qu’est-ce que ça signifie ? Dans la coutume tribale, l’apparition d’une dent de lait sur la gencive supérieure d’un enfant est signe de mauvais présage. Marier un enfant à un animal permet donc de conjurer le sort.

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C’est ce qui est arrivé au fils de Sunaram Gagari. « Marier un enfant à un chien ou à une chèvre est l’une des façons de faire plaisir au dieu du tigre. Si rien est fait, l’enfant sera attaqué par les tigres », explique-t-il, avant de préciser : « J’ai d’abord pensé à marier mon fils à une chèvre. Mais son propriétaire aurait pu la vendre à un boucher et mon fils se serait retrouvé veuf. Cela aurait déplu au tigre. C’est pourquoi j’ai finalement choisi un chien. » Toutefois, cette union ne l’empêchera pas de se marier à l’âge adulte. Sauvé !

07:38 Publié dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (10)

15/02/2007

Les activistes du vide

medium_st_valentin_small.jpgSur cette photo un activiste du « Forum contre les maux sociaux » (ça ne s’invente pas !), malmène un jeune couple venu fêter la Saint-Valentin. La scène se passe dans un restaurant de Srinagar, au Cachemire indien.

 

 

 

Le Forum en question rassemble différents groupes islamiques qui réclament, entre autres, l’indépendance de la partie indienne du Cachemire. L’un de ces groupes, le Dukhtarane Millat, littéralement « les filles de la Nation », a mené la lutte anti-Saint-Valentin, en dénonçant une « conspiration occidentale pour corrompre la jeunesse musulmane ». Mercredi, sa responsable, Asiya Andrabi, est allée dans les restaurants de Srinagar, prêcher la bonne parole.

 

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« Il n’y a pas de place pour les célébrations de la Saint-Valentin dans notre société islamique et notre culture cachemirie. De tels événements mènent notre société à l’immoralité », a-t-elle expliqué aux couples présents. Ceux-ci ont ensuite été chassés des restaurants.

 


Le Forum avait prévenu. Voici ce que l’on pouvait lire la semaine dernière dans les colonnes du Greater Kashmir : « Nous demandons aux jeunes de ne pas participer aux célébrations de la Saint-Valentin. S’ils le font, nous agirons. »

Les islamistes n’ont pas le monopole du radicalisme. Les activistes du Bharatiya Vidyarthi Sena, la branche étudiante du Shiv Sena, ce parti politique nationaliste hindou extrémiste du Maharastra, y sont également allés de leur petite démonstration de force. Ils ont frappé les vendeurs de cartes de Saint-Valentin. Dans les parcs du Rajasthan, ils ont troublé les promenades des amoureux en brûlant cartes et cadeaux. Dans le Punjab, le Sena a organisé une manifestation…

Bêtise, quand tu nous tiens !

14/02/2007

Un léger sentiment de différence

Une matinée qui commence comme beaucoup d’autres : vingt minutes de mobylette dans la cacophonie peu supportable de l’East Coast Road. Direction : Auroville et la Deepanam School où je donne des cours de français.

Auroville, c’est cette cité utopique et spirituelle fondée dans les années 60 par le philosophe Sri Aurobindo et sa compagne, la Française Mirra Alfassa, appelée Mère. 1880 personnes originaires de 39 pays différents s’y côtoient. Un monde à part dans le sud-est indien.

Après cinq minutes de route dans la poussière rouge d’Auroville, j’aperçois plusieurs deux-roues arrêtés en contrebas. Un peu plus loin, deux imposants 4 x 4 barrent la route. Entourés d’une vingtaine de villageois, plutôt en colère.

 

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S'engage alors un dialogue de sourds.
-    « Que se passe-t-il ? »
-    « Rentrez chez vous. Ici, vous n’êtes plus dans l’Etat. »
-    « Je ne comprends pas. Je suis professeur. Je dois aller travailler. »
-    « Tout ça, c’est de votre faute à vous, les Aurovilliens. »

Pas le temps de lui expliquer que je ne suis pas Aurovillienne, il est déjà reparti. De toute façon, il ne semblait pas vraiment disposé à discuter. Les esprits s’échauffent. Un Aurovillien, qui ne comprend pas bien ce qu’il se passe, tente le passage en force, sourire aux lèvres. Son vélo se retrouve à terre.

Certains villageois s’énervent : ils souhaitent aller travailler et ne comprennent pas l’entêtement des leurs. L’un d’entre eux, moyennant 100 roupies - 1,70 euros – négocie son passage. Ça fonctionne. Tous les combats s’achètent. Face à la détermination des manifestants, beaucoup font demi-tour. À regret, je les imite : les « piqueteros » locaux ne semblent pas vraiment avoir apprécié que je prenne des photos.

Près de 40 ans après la création de la cité, le fossé qui sépare les Aurovilliens des villageois perdure. Auroville se voulait pourtant « cité universelle où des hommes et des femmes de toutes origines pourraient vivre librement en citoyens du monde, croître spirituellement et réaliser l’unité humaine, au-delà de toute nationalité, idéologie ou croyance ». 

 

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L’économie des villages a certes été modifiée en profondeur par la présence d’Auroville. De nombreux de Tamouls ont ainsi trouvé du travail dans les entreprises de la cité. D’autres sont devenus employés de maison. Ils y sont souvent mieux payés qu’à l’extérieur.

Mais la différence de niveau de vie est flagrante. Elle nourrit envie et ressentiment. Bien sûr, les Aurovilliens sont conscients du problème. Avec l’AVAG (Auroville village action group), ils mettent en place des projets de développement dans les villages.

Mais cela ne suffit pas. Améliorer les relations avec les villageois sera l’un des défis principaux de la cité dans les années à venir. Sans quoi Auroville ne sera que ce qu’en font déjà ses détracteurs, à savoir une sorte de Club Med spirituel pour Occidentaux avides de vie luxueuse dans un décor exotique.

13/02/2007

Dilemme cornélien

medium_palais_présidentie.jpgÀ cinq mois de la fin du mandat d’Abdul Kalam à la tête de la République indienne, la course au Rashtrapati Bhavan - le palais présidentiel – est lancée. Le futur premier citoyen du pays sera choisi en juillet par un collège spécial.

 

 

 

En attendant, les rumeurs vont bon train. L’Inde semble entre autres hésiter entre un Dalit - littéralement « opprimé », anciennement appelé « intouchable » - et une star de Bollywood ! Le journaliste Amit Varma s’en fait l’écho sur son blog Indian Uncut.

  

medium_sushil-kumar-shinde_small.jpgLe Dalit est Sushil Kumar Shinde, actuel ministre de l’Energie. En 2003, il fut le premier Dalit nommé au poste de chief minister du Maharastra. En cas de désignation, ce ne serait pas une première.

 

 

Le Dalit Kocheril Raman Narayanan avait en effet été nommé à la magistrature suprême en 1997.

Seul problème pour Sushil Kumar Shinde, la désignation mi-janvier de K.G Balakrishnan, également Dalit, au poste de président de la Cour suprême indienne. Selon certains observateurs, cette nomination pourrait réduire ses chances d’accéder à la présidence. « Comme si cela faisait un Dalit de trop », regrette Amit Varma, avant d’ajouter : « Idéalement, la caste de Shinde ne devrait pas compter. Seules ses compétences devraient être prises en compte. » Un vain espoir dans un pays où le système des castes est encore très fortement ancré dans les mentalités.

medium_acteur_small.jpg Quant à la star de Bollywood, il s’agit d’Amitabh Bachchan. Avec plus de 150 films à son actif, il est la légende vivante du cinéma indien.

 

 

 

 

 

 

Mi-janvier, il a même reçu la légion d’honneur des mains de l’ambassadeur de France à New Dehli.

 

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Ses amis du Samajwadi Party, le parti socialiste indien, parcourent les cercles politiques pour convaincre les petits partis. Ils se seraient d'ores et déjà ralliés une plateforme opposée aux deux ténors de la politique indienne, que sont le BJP (droite nationaliste) et le Parti du Congrès (centre-gauche). Mais on pourrait bien en rester là : « Big B » a d’ores et déjà déclaré que la politique ne l’intéressait pas.

12/02/2007

À quoi rêve la jeunesse indienne ?

medium_couv_small.jpgRegarder la télévision, envoyer emails et SMS, traîner à la maison. Voilà à quoi ressemble le week-end parfait pour la jeunesse urbaine indienne, selon une vaste enquête* réalisée par le India Today.

 

 

 

 

 

En Inde, 47 % de la population a moins de 20 ans. Des jeunes dont le quotidien hésite encore entre modernité et tradition. Une chose est sûre, ici, point de contre-culture ni de rébellion contre le système. L’essentiel tient en deux mots : famille, travail. « C’est une génération qui vit montre en main », résume l’hebdomadaire. Avec des objectifs précis : se marier et réussir.

Cela ne va pas sans quelques sacrifices.  Ce n’est donc pas un hasard si 47 % des jeunes interrogés préfèrent rester à la maison le week-end. Si 50 % d’entre eux n’ont jamais mis les pieds dans un bar ou dans une boîte de nuit. Et si seuls 8 % pratiquent une activité physique.

« A-t-on à faire à une génération de fainéants ? », s’interroge le magazine. Réponse : « Rien de tout cela. » Et de préciser : « Cette génération a tout sauf du temps. » Dans l’Inde mondialisée, les jeunes indiens ont de grandes opportunités de carrière. « Mais plus les portes du travail s’ouvrent, plus se ferment celles du plaisir », analyse le India Today.

Manquant de temps, la jeunesse indienne a trouvé son triptyque idéal : téléphones portables, ordinateurs et iPod. Dans un pays où il y a seulement 16 téléphones pour 1.000 personnes, 70 % des jeunes urbains indiens ont un téléphone portable !

 

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D’où le rôle central joué par les nouvelles technologies. Même quand il s’agit d’amour. Ainsi, quand on leur demande quelle est la meilleure manière de commencer une histoire d’amour, ils répondent, sans hésiter, la conversation téléphonique et le SMS. « Leurs maisons sont leurs refuges, leurs téléphones portables, leur réseau social. La seule chose qui peut les faire sortir de chez eux : un bon film », conclut l’hebdomadaire.

À quand un sondage sur les rêves et les attentes des milliers de jeunes qui peuplent les campagnes indiennes ? Les réponses seraient sûrement bien différentes...

 

*2846 personnes interrogées. Agés de 18 à 30 ans, les sondés vivent dans des villes de taille moyenne et grande.

09/02/2007

L'homme aux 30 millions d'adeptes

Toute discussion « spirituelle » en Inde finira par cette question : « As-tu déjà entendu parler de Sai Baba ? » Une réponse négative vous vaudra un regard étonné de votre interlocuteur. Avec 30 millions de fidèles dans le monde, Sathya Sai Baba est le leader spirituel indien.


medium_sai_baba_en_orange_small.jpg L’homme, qui se distingue par sa coupe afro et ses tenues orange, est né le 23 novembre 1926 à Puttaparthi, en Inde du Sud. À 13 ans, il déclare être la réincarnation de Sai Baba de Shirdi, un saint indien décédé en 1917. Il se présente alors comme le nouvel avatar divin, à l’instar de Rama ou Krishna.

 

 

Dans l’hindouisme, un avatar est l'incarnation d'un dieu sur Terre. Sai Baba possèderait tous les attributs afférents : omniprésence, omniscience et omnipotence. Swami, tel que surnommé par ses fidèles, aurait également à son actif quelques miracles.

 

Sa philosophie tient en une phrase : « Il n'y a qu'une religion, celle de l'amour ; une seule caste, celle de l'humanité ; un seul langage, celui du coeur ; un seul Dieu, omniprésent. »

 

Son credo : « Aider l'individu à prendre conscience de sa propre divinité, à pratiquer l'amour désintéressé, et à rendre les fidèles de toutes les religions plus sincères et dévoués dans la pratique de leur culte d'origine. » Le gourou tient régulièrement des séances spirituelles dans son ashram de Puttaparthi, où de nombreux occidentaux vivent à l’année.

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L’homme s’est également fait connaître pour ses actions caritatives. Là, il fait construire un hôpital. Ici, une école. Il était récemment à Chennai, où il a été reçu en grande pompe par le chief minister M. Karunanidhi, pour l'inauguration d'un nouveau système d’irrigation.

 

Des actions financées essentiellement par les dons des fidèles : l’organisation de Sai Baba est à la tête d’une fortune de 170 millions de dollars. Ses adeptes sont en général avocats, psychiatres, écrivains, journalistes, enseignants, physiciens ou businessmen. L’homme peut également se targuer d’avoir séduit certaines des plus influentes personnalités politiques indiennes.

 

Mais dans le reste du monde, son mouvement fait l’objet de nombreuses critiques pour ses dérives sectaires. Dès 1996, l’Assemblée nationale le classait sur la liste des sectes dangereuses. En 2000, c’est l’Unesco qui lui retirait son soutien, notamment en raison des soupçons d’abus sexuels qui planaient au-dessus de l’organisation.

 

En 2004, un documentaire de la BBC, intitulé « Secret Swami », se faisait l’écho de telles accusations. Alaya, un ancien fidèle, y racontait les abus : « Sai Baba me disait, 'si tu ne fais pas ce que je dis, ta vie ne sera que douleur et souffrance'. » Depuis des centaines de témoignages d’anciens adeptes ont circulé sur le web. De nombreuses vidéos destinées à montrer que les miracles de Sai Baba ne sont que truquage sont régulièrement mises en ligne. Seule la classe politique indienne semble ignorer ces questions. Préférerait-elle fermer les yeux sur les pratiques obscures de ce généreux donateur ?

08/02/2007

Une question de symbole

medium_swastika_small.jpgQuand on se balade en pays hindou, un symbole surprend : le svastika. Sur les temples, les statues, voire même les t-shirts en vente dans la rue : il est partout. Réaction immédiate de l’Occidental de passage : « Comment ont-ils osé utiliser ce symbole ? » (véridique). La réponse est simple : ils l’ont inventé !

 

 

Le terme « svastika » apparaît pour la première fois dans les épopées Ramayana et Mahabhara, les deux textes fondateurs de l’hindouisme et de la civilisation indienne. En sanskrit, il signifie « ce qui apporte la bonne fortune ». Il fut par la suite utilisé par les bouddhistes et les jaïnistes.

 

Dans la religion hindoue, le svastika est un symbole cosmique mettant en scène le mouvement perpétuel de rotation autour d’un point fixe, autrement dit, l’évolution de l’univers. Ainsi Ganesh, invoqué pour écarter les obstacles, est parfois représenté sur un lit de svastikas. Des significations bien éloignées de celle choisie par Hitler : le svastika, désormais croix gammée, était devenu le symbole de la supériorité de la race aryenne. Et de toutes les atrocités qui en ont découlé.

 

Fin janvier, l’Allemagne, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, a relancé le débat sur l’interdiction de ce symbole en Europe, dans le cadre du débat sur une décision-cadre destinée à lutter contre le racisme et la xénophobie. Les communautés hindoues en Europe ont aussitôt revendiqué leur droit à utiliser le svastika lors des cérémonies religieuses.

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Le débat s’annonce ardu, voire impossible : d’un côté, la communauté hindoue, qui craint la mise à l’index du svastika dans lequel l’hindouisme voit un signe de bon augure depuis plus de 5.000 ans, de l’autre, les Européens, pour qui la croix aux quatre potences est synonyme de plus de 50 millions de morts.


« Le parti nazi a utilisé un symbole hindou et en a abusé. Ce n'est pas la faute des hindous. Une cérémonie hindoue est impossible sans le svastika », explique Ramesh Kallidai, le secrétaire général du Forum hindou pour la Grande-Bretagne qui regroupe 275 organisations, au quotidien belge Le Soir. Pour le responsable religieux, l'interdire serait « un acte discriminatoire à l'égard des hindous et des droits de l'homme ». Des associations hindoues de France, des Pays-Bas, de Belgique et d’Italie ont rejoint son combat.


L’affaire a connu un fort écho en Inde, notamment au Bengale, où Svastika est un prénom féminin répandu. « Que va-t-il arriver à ces femmes qui demanderont un visa pour un pays européen. Devront-elles changer de prénom ? », se demandait ainsi le Times of India, fin janvier. Réponse les 19 et 20 avril prochains lors de la réunion du Conseil des ministres européens de la Justice à Luxembourg.

07/02/2007

Le bad boy de Bollywood

Salman Khan, Sallu pour les fans, est le bad boy de Bollywood. À 40 ans passés, ses frasques font régulièrement la une des journaux. Mercredi, le très sérieux Times of India raconte comment l’acteur a offert une rolex à plusieurs membres de l’équipe sri-lankaise de cricket venus dîner chez lui. Motif : Monsieur adore le cricket ! « Les joueurs ont eu un aperçu de la fameuse 'générosité façon Khan' », note le journal.


Et de préciser que ce genre de cadeaux est une tradition dans la famille des Khan, l’une des plus influentes de Bollywood. Salman est le fils du célèbre scénariste Salim Khan. Ses deux frères, Arbaaz Khan et Sohail Khan, sont également acteurs.


medium_salman_muscles_small.jpg La carrure musculaire de Salman Khan n’est pas sans rapport avec son succès : rares sont les films où il n’apparaît pas torse nu ! En bon bad boy, l’acteur a été arrêté et emprisonné à plusieurs reprises.

 

 

D’abord en 1998 pour avoir chassé une antilope noire, une espèce protégée. Il le paiera d’un an de prison. Il est de nouveau arrêté en 2002 pour avoir provoqué un accident mortel : sous l’effet de l’alcool et muni d’un permis périmé, il encastre sa voiture dans une boulangerie de Bombay : un mort et quatre blessés. D’abord poursuivi pour homicide, les charges sont ensuite étrangement abandonnées.

medium_affiche_small.jpg Célibataire, Salman Khan a fréquenté pendant deux ans Aishwarya Rai, actrice de Bollywood et Miss Monde 1994. L’affaire a tourné au vinaigre : la belle a porté plainte pour mauvais traitements et refuse depuis de tourner un film avec lui.

 

 

 

En juillet 2005, une chaîne de télévision indienne avait diffusé l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre les deux ex-amants. Sur la bande, la voix d’un homme menaçait :« Méfies-toi de moi. Je fais partie du milieu du crime organisé et je n’aurai aucun mal à t’éliminer. » Des millions de personnes avaient alors entendu cet enregistrement diffusé en prime time, la chaîne de télé prétendant qu’il s’agissait bien de la voix de Salman Khan. Beaucoup de stars de Bollywood sont en effet connues pour leurs liens avec la mafia. «Nous connaissons tous les pratiques malhonnêtes de Salman Khan. Il a soudoyé des personnalités importantes du cinéma pour qu’elles assistent au mariage de la fille d’un gangster, Dawood Ibrahim », avait à l’époque commenté le juriste Pramod Navalkar. 



Finalement, la police l’avait innocenté. Cette succession de fausses-vraies rumeurs n’entachent en rien la carrière du bellâtre. Bien au contraire. Salman Khan sera au générique de huit films en 2007 !

Extraits
 

06/02/2007

Inde 1 – Google Earth 0

Dans sa bataille contre Google Earth, l’Inde vient de marquer un point. Selon le Times of India, le moteur de recherche aurait en effet accepté de flouter certaines images satellites de l’Inde. Seule solution, semble-t-il, pour éviter une censure totale du site en Inde. Google Earth pourrait également déformer les plans de certaines infrastructures, en y ajoutant par exemple des bâtiments qui n’existent pas. Toutefois, côté américain, l’information n’a pas encore été confirmée.

medium_inde_google_earth.jpgDès le lancement du logiciel gratuit en 2005, l’Inde était montée au créneau. Le président Abdul Kalam avait à l’époque dénoncé le risque pour « la sûreté du territoire national ». Il avait alors mis en place un groupe d’experts, sous la houlette du ministère de la Science et de la Technologie, afin de dresser une liste des endroits jugés « sensibles ».

medium_base_small.4.jpgC’est cette liste qui a été transmise à Google. Elle comprend, entre autres, des installations militaires, nucléaires et spatiales ainsi que des bâtiments gouvernementaux.

 

 

« Ces plans sont une mine d’or pour les groupes terroristes », a expliqué l’un des responsables du ministère au quotidien. Des sites nucléaires censés être « hautement secrets » étaient ainsi disponibles en haute résolution.

 

L’Inde n’est pas le premier pays à formuler une telle demande. Les Pays-Bas et l’Italie ont également exigé la censure de certaines images satellites. La Maison-Blanche avait quant à elle peu apprécié de voir ses moindres recoins dévoilés sur la toile.

 

De nombreux pays pourraient suivre l’exemple indien. Mi-janvier, les services secrets britanniques ont ainsi révélé que des terroristes irakiens avaient utilisé Google Earth pour mener des attaques contre les troupes britanniques en poste à Bassorah.

05/02/2007

Fiers d'être Indiens

« Mera Bharat Mahan » - « My India is great » - disait, il y a quelques années, une campagne nationale destinée à renforcer le patriotisme indien. Le leitmotiv aurait-il fonctionné ? Selon un sondage* publié par la BBC lundi, 71 % des Indiens sont fiers de l’être. En tête, les Chrétiens, avec 73 %, puis les Hindous, 71 %. Les Musulmans arrivent en dernière position : seulement 60% d’entre eux se disent fiers d’être Indiens.

 

Objectif de ce sondage - le premier de cette ampleur réalisé par une agence internationale - ? Comprendre comment les Indiens perçoivent leur propre pays à un moment où le monde entier salue la montée en puissance de l’Inde.

 

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L’optimisme général est semble-t-il partagé par les personnes interrogées. 65 % d’entre elles estiment qu’il est important que l’Inde soit une superpuissance économique et 60 % qu’elle doit également être une puissance politique et militaire. Les sondés sont également fiers de leur système judiciaire. Ainsi, 55 % d’entre eux pensent que la justice indienne « traite les pauvres et les riches de la même façon ». Un chiffre surprenant au regard des nombreux échecs de la justice et de la police indiennes (Lire la note sur les meurtres de Nithari).

 

Optimistes, les Indiens le sont aussi par rapport aux relations entre les hommes et les femmes : 52 % des personnes interrogées pensent qu’être une femme n’est pas un handicap pour réussir. Sur le sujet, voir ce rapport de l’OCDE, où l’on peut lire, entre autres : « Avec environ 500 millions de femmes qui souffrent de discriminations dans de nombreux domaines, la situation de la femme en Inde est nettement plus mauvaise qu’en Chine. C’est le premier pays du monde pour le nombre de femmes soumises à un statut très inégalitaire par rapport aux hommes. »

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Même la corruption semble plus ou moins tolérée : 47 % des personnes interrogées estiment ainsi qu’elle est « quelque chose de la vie que l’on doit accepter. Le prix à payer pour faire du business ».

 

Tout n'est pas rose pour autant. Principal enseignement du sondage selon le Times of India : les Indiens ont toujours le système des castes fermement ancré dans la tête. Ainsi, 51 % des personnes interrogées estiment que le système des castes représente une « barrière à l’harmonie sociale » et empêche le pays d’avancer. « Une surprise alors que plusieurs éminents sociologues pensaient que l’urbanisation et l’industrialisation avaient permis de casser les frontières entre les castes », écrit le quotidien.

Sur le sujet, lire L'Inde, l'avènement politique de la caste par Christophe Jaffrelot.

 

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Autre point noir : la croissance économique. Les personnes interrogées sont formelles quant au fait que l’Inde doit être une grande puissance économique.

 

 

 

 

Mais près de la moitié d’entre elles estiment ne pas avoir directement profité de la croissance des dix dernières années. Autant de défis qui l'Inde devra relever.

 

*1.616 personnes interrogées en décembre 2006, marge d’erreur de +/- 2,5 points.

 
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