Avertir le modérateur

15/05/2007

Le raz de «Maya»

medium_carte_up_small.jpgEn remportant seule les élections en Uttar Pradesh, l’Etat le plus peuplé - 180 millions d’habitants - et le plus pauvre de l’Union indienne, Mayawati, a fait mentir tous les sondages.

 

 

 

Et a réussi un exploit : c’est la première fois depuis seize ans qu'un parti (Bahujan Samaj Party, BSP) dirigera seul et sans coalition cet Etat du nord indien.

 

medium_couverture_india_today_small.2.jpgTous les journaux lui rendent hommage. À l’image de l’hebdomadaire India Today, qui titre « Mighty Maya », i.e « Maya la puissante ». Le sous-titre est explicite : « Comment elle a démoli ses rivaux ».

 

 

 

 

 

Depuis plusieurs semaines, les instituts de sondage prévoyaient une vague safran, la couleur du BJP. Mais les nationalistes hindous subissent un lourd revers : l’ex-institutrice remporte 206 sièges sur les 403 que compte l’assemblée de l’Etat. Un véritable raz-de-marée.

 

Mayawati est assurée de devenir le nouveau premier ministre du Uttar Pradesh (Chief minister). Et ce, pour la quatrième fois : en 1995, elle avait été la première femme dalit à devenir chief minister, tous Etats confondus.

 medium_mayawati_small.Jpg

 
« Sur la base de ce fantastique succès, je dis avec fierté que c'est la victoire de l'espoir des classes opprimées », a déclaré Mayawati devant ses partisans enthousiastes, avant d’ajouter : « Le peuple de l'Etat a également montré qu'il croyait en la démocratie et je promets que nous allons libérer des millions de gens du régime de la peur et de l'injustice et leur offrir tous leurs droits démocratiques. »
 

Fondé en 1984, le BSP est le parti des hors-castes : les Dalits (autrefois appelés intouchables). Il s’inscrit dans la droite ligne des idées du Dr Ambedkar, défenseur de la cause dalit et père de la constitution indienne.

L'audience du parti est essentiellement cantonnée dans le nord du pays, où les clivages entre castes sont les plus marqués. Mais Mayawati a réussi un tour de maître : convaincre les brahmanes du Uttar Pradesh, les plus hautes castes du système hindou, de voter pour elle (Lire l’analyse du New York Times).

medium_caricature_small.jpgSeule ombre au tableau : Mayawati est impliquée dans une histoire de corruption. L’affaire est sérieuse : le dossier est actuellement entre les mains du Central Bureau of Investigation. Autre bémol : plusieurs députés du BSP ont un casier judiciaire. Serait-il difficile de réussir sans "coup de pouce" ?

14/05/2007

Incertitudes au sommet de l'Etat

medium_abdul_kalam_small.jpgLe Parti du Congrès n’a pas franchement envie de le voir réoccuper pour cinq ans les prestigieux locaux du Rashtrapati Bhavan, le palais présidentiel indien. Le BJP, parti nationaliste hindou, y est clairement opposé.

 

 

 

 

Pourtant, à deux mois de la désignation du prochain chef de l’Etat, l’actuel président, Abdul Kalam, reste le favori des Indiens.

Du moins, les Indiens des villes. Selon un sondage Times of India-TNS, réalisé dans huit grandes villes du pays, le « président chercheur », comme le surnomme le quotidien en raison de ses nombreux diplômes scientifiques, a la préférence de 72 % des personnes interrogées. Autre enseignement du sondage : 74 % des sondés préfèrent une personnalité issue de la société civile plutôt qu’un homme politique pour incarner la République indienne.

Rappelons qu’en Inde, héritage britannique oblige, le président a essentiellement des fonctions symboliques. Il est élu tous les cinq ans par un collège spécial composé de 5.750 élus.

Mais selon le Times of India, un second mandat pour Abdul Kalam est difficilement envisageable : « Entre les deux principaux partis qui ne s’intéressent pas à lui (Parti du Congrès et le BJP), et la gauche, qui a clairement expliqué qu’elle ne voulait d’un chef de l’Etat issu de la société civile, ses chances d’être réélu sont compromises. »

 

medium_sen_small.jpg (Le prix Nobel de l'Economie, Amartya Sen)

 

Parmi les autres personnalités susceptibles d’accéder à la magistrature suprême, figurent N. R Narayana Murthy, le fondateur de la boîte de software Infosys, l’actuel vice-président Bhairon Singh Shekhawat, le prix Nobel de l’Économie, Amartya Sen, le communiste Jyoti Basu ou encore le président de l’Assemblée nationale, Somnath Chatterjee. La piste, un temps évoquée, d’un Dalit ou d’une star de Bollywood semble avoir été écartée. Réponse le 17 juillet.

10/05/2007

La tentation dynastique

Violence et politique sont deux mots qui vont très bien ensemble dans le sous-continent. Pas plus tard qu’hier, trois personnes ont été tuées dans l’incendie criminel des locaux du journal tamoul Dinakaran et de la télévision Sun TV Network.

medium_incendie_small.jpg

Les incendiaires entendaient ainsi protester contre un sondage publié par ces médias dont les résultats sont défavorables à leur favori, M.K. Azhagiri, membre du DMK, un parti pro-tamoul.

medium_chief_minister_tamil_nadu_small.jpgL’enquête, effectuée dans tout le Tamil Nadu, portait sur l’identité de l’héritier politique de M. Karunanidhi, l'ancien scénariste nommé cinq fois chief minister de l’Etat (1969-71, 1971-74, 1989-91, 1996-2001 and 2006- ?) et fondateur du DMK en 1969 (photo à gauche).

 

 

Trois figures politiques du Tamil Nadu étaient testées, tous enfants de M. Karunanidhi !

 

medium_mk_stalin_small.jpg Le secrétaire général du DMK, M.K. Stalin (photo à gauche) arrive largement en tête, avec 70% des suffrages, contre seulement 2% pour M. K. Azhagiri.

 

 

 

Même score pour la fille du chief minister, la poétesse Ms. Kanimozhi.

Les partisans de M. K. Azhagiri, basés à Madurai, n’ont pas accepté de tels résultats. Des figures locales du DMK sont descendues dans les rues pour brûler des exemplaires du journal et crier des slogans hostiles. Arrivée très vite sur place, la police n’a pu empêcher les incendiaires d’agir. Les trois victimes sont deux informaticiens et un garde de sécurité.

Quelques instants à peine après l’incendie, les employés de Dinakaran et de Sun TV ont bloqué la circulation sur la route nationale pendant plusieurs heures. Leurs dirigeants réclament l’arrestation de M.K Azhagiri, considéré comme responsable de l’agissement de ses militants.


Réagissant
à ces événements dramatiques, le chief minister M. Karunanidhi a condamné des attaques perpétrées contre « la démocratie et la liberté de la presse ». Dans la bataille féroce qui oppose ses trois enfants, l’homme n’a pas pris parti. L’ancien scénariste a toutefois précisé qu’il n’y aurait pas de « succession dynastique au sein du DMK. » Dommage, ça aurait fait un bon Bollywood !

13/02/2007

Dilemme cornélien

medium_palais_présidentie.jpgÀ cinq mois de la fin du mandat d’Abdul Kalam à la tête de la République indienne, la course au Rashtrapati Bhavan - le palais présidentiel – est lancée. Le futur premier citoyen du pays sera choisi en juillet par un collège spécial.

 

 

 

En attendant, les rumeurs vont bon train. L’Inde semble entre autres hésiter entre un Dalit - littéralement « opprimé », anciennement appelé « intouchable » - et une star de Bollywood ! Le journaliste Amit Varma s’en fait l’écho sur son blog Indian Uncut.

  

medium_sushil-kumar-shinde_small.jpgLe Dalit est Sushil Kumar Shinde, actuel ministre de l’Energie. En 2003, il fut le premier Dalit nommé au poste de chief minister du Maharastra. En cas de désignation, ce ne serait pas une première.

 

 

Le Dalit Kocheril Raman Narayanan avait en effet été nommé à la magistrature suprême en 1997.

Seul problème pour Sushil Kumar Shinde, la désignation mi-janvier de K.G Balakrishnan, également Dalit, au poste de président de la Cour suprême indienne. Selon certains observateurs, cette nomination pourrait réduire ses chances d’accéder à la présidence. « Comme si cela faisait un Dalit de trop », regrette Amit Varma, avant d’ajouter : « Idéalement, la caste de Shinde ne devrait pas compter. Seules ses compétences devraient être prises en compte. » Un vain espoir dans un pays où le système des castes est encore très fortement ancré dans les mentalités.

medium_acteur_small.jpg Quant à la star de Bollywood, il s’agit d’Amitabh Bachchan. Avec plus de 150 films à son actif, il est la légende vivante du cinéma indien.

 

 

 

 

 

 

Mi-janvier, il a même reçu la légion d’honneur des mains de l’ambassadeur de France à New Dehli.

 

medium_légion_small.2.jpg

 

Ses amis du Samajwadi Party, le parti socialiste indien, parcourent les cercles politiques pour convaincre les petits partis. Ils se seraient d'ores et déjà ralliés une plateforme opposée aux deux ténors de la politique indienne, que sont le BJP (droite nationaliste) et le Parti du Congrès (centre-gauche). Mais on pourrait bien en rester là : « Big B » a d’ores et déjà déclaré que la politique ne l’intéressait pas.

25/01/2007

Amour, gloire et politique

Dans l’Etat du Tamil Nadu, les politiques sont en général de bons acteurs. La raison est simple : ce sont de vrais acteurs ! Sortis tout droit de Tamilwood, le Bollywood tamoul.

medium_MGR_SMALL.jpg Il y eut d’abord M.G. Ramachandran. M.G.R pour les intimes. L’homme se présente aux élections régionales en 1977. Sur grand écran, la superstar incarne les héros épiques. Sur le terrain, le public-électeur ne fait pas la différence : M.G.R récite devant la foule en liesse les dialogues qui ont fait son succès.


Le discours est creux mais peu importe, l’électeur retrouve le plaisir déjà éprouvé dans les salles obscures. Adoré, adulé, l’homme va régner pendant dix ans sur l’Etat du Tamil Nadu.

À sa mort, les tamouls assistent à un étrange duel. La femme de M.G.R et sa maîtresse s’affrontent dans un combat sans merci pour capter son héritage politique. Un scénario digne des meilleurs films tamouls. Et ce d’autant plus que la maîtresse n’est autre que la jeune première du cinéma indien, Jayalalitha. Habile, cette dernière remporte les élections régionales en 1991. Elle devient la première femme élue au poste de « chief minister » d’un Etat.

medium_jaya_small.jpg

Jayalalitha s’est fait connaître pour son populisme teinté d’autoritarisme. Les journalistes sont les premiers à en faire les frais. Elle est aussi connue pour son culot : impliquée dans six affaires de corruption, elle retourne l’accusation contre le premier ministre de l’époque, Atal Behari Vajpayee , et est réélue en 2001. Elle est alors au top de sa popularité : des temples lui sont entièrement consacrés ! La « femme de fer » est même entrée au Guiness des Records pour avoir organisé le plus grand banquet de mariage : son fils était entouré de 150.000 convives.

medium_nouveau_small.jpg Un record vraisemblablement insuffisant pour être réélue en mai 2006. C’est désormais le docteur Kalaignar M. Karunanidhi qui est à la tête du Tamil Nadu. Et ce pour la cinquième fois.


Lui n’a pas été acteur mais scénariste, avec plus de 70 films à son compteur. Un peu comme si Jean-Marie Poiré prenait la tête de la région Ile-de-France !

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu