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17/05/2007

L'émancipation sexuelle inquiète les autorités

« Le sexe occasionnel », celui qui ne passe pas par les mariages arrangés, est en passe de devenir un comportement majoritaire chez les jeunes indiens. Du moins, si l’on en croit la dernière étude publiée par le National AIDS Control Organisation (NACO), qui dépend du ministère indien de la Santé.

 

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L’enquête, menée sur 40.000 jeunes âgés de 15 à 24 ans, révèle que 8,4 % d’entre eux ont des relations sexuelles avec différents partenaires avant le mariage.

« L’étude révèle quelque chose que tout le monde sait déjà : question sexe, les hommes sont les plus audacieux », écrit le Daily News and Analysis. 13,1 % des adolescents interrogés ont eu des relations sexuelles avec différentes partenaires au cours des douze derniers mois. Contre seulement 3,3 % des femmes de la même tranche d’âge.


Chose intéressante : les chiffres ne varient pas vraiment de la ville à la campagne. 8,9 % des jeunes urbains ont des relations sexuelles avec différents partenaires avant et après le mariage, contre 8,2 % des jeunes ruraux.


Cette tendance inquiète le gouvernement. 40 % des maladies sexuellement transmissibles concernent des adolescents âgés de 15 à 29 ans. Autre inquiétude : selon le NACO, « de nombreux jeunes auraient recours aux travailleurs du sexe. »


Cette découverte du « sexe occasionnel » s’accompagne de comportements à risques. Si 83,7 % des jeunes indiens « sexuellement actif » ont conscience de l’importance des préservatifs, seuls 47 % d’entre eux les utilisent régulièrement.

 

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Or, selon le dernier rapport d’Onusida, l’Inde détient le triste record du plus grand nombre de personnes infectées par le VIH. Avec 5,7 millions de personnes contaminées, le sous-continent dépasse désormais l’Afrique du Sud (5,5 millions).

09:15 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (3)

14/03/2007

L’Inde, capitale mondiale du diabète

La cuisine indienne serait-elle plus mauvaise pour la santé que la junk food occidentale ? Le Times of India a lancé le débat en début de semaine. Une équipe de chercheurs indiens a mené l'enquête. Leur constat est sans appel : la nourriture occidentale est plus saine que son homologue indienne.


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Un exemple : la portion de 100 grammes de french fries contient entre 4,2 % et 6,1 % d’acides gras contre 9,5 % pour la même quantité de bhatura (galette de farine frite) et 7,8 % pour le paratha (sorte de crêpe, cuite avec du ghee, un beurre clarifié très riche en lipides, photo ci-contre).

 

 

 

Or, ces pains, au même titre que les naans, accompagnent la plupart des repas indiens.

 

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« En Inde, nous nous moquons sans cesse de la junk food occidentale. Pourtant, la nourriture indienne est plus mauvaise pour la santé. La présence élevée d’acides gras fait craindre la multiplication des cas de diabète et de maladies coronariennes d’ici vingt à trente ans », s’alarme le docteur Anoop Misra, directeur du département « Diabète et maladies du métabolisme » d’un grand hôpital indien.

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(Dosa. Plat typique d’Inde du Sud. Pâte préparée avec des lentilles et du riz.)

 

L’Inde compte déjà le plus grand nombre de diabétiques au monde. Et les choses devraient empirer. En 2010, il y aura 57 millions de diabétiques en Inde, soit presque autant que la population française ! 80 millions d’Indiens devraient être concernés en 2030. Dans les zones urbaines, la prévalence du diabète atteint 12 % de la population adulte. Un énième défi pour le géant indien.


Sur le diabète en Inde, lire cet article de la Fédération internationale du diabète.

07:15 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (3)

02/03/2007

Recherche fumeur désespérément ?

Depuis un mois, les fumeurs français n’ont plus droit à la cigarette dans les entreprises. Bientôt, les restaurants et les cafés leur seront également interdits. L’éternel débat sur l’interdiction de fumer n’a semble-t-il pas atteint l’ancien comptoir français. Dans les rues de Pondichéry, il y a peu de fumeurs, peu de mégots, peu de vendeurs de cigarettes. L’Inde aurait-elle échappé au fléau ? Pas si sûr.

 

Avec 680.000 tonnes par an, l’Inde est en effet le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et les Etats-Unis. 36 millions d’Indiens travaillent, directement ou indirectement, pour les géants de la cigarette. 

 

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Oui, mais voilà, en Inde, les bidies, gutka et autres pan masala - cigarettes roulées à la main et tabac à mastiquer - ont depuis toujours la préférence des fumeurs. Les cigarettes classiques ne représentent que 14 à 20 % de la consommation totale de tabac. Le nombre de ces cigarettes fumées par habitant par an n’est que de 141. L’un des plus faibles ratios au monde.

 

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Entre autres raisons, le coût des cigarettes classiques. En 2003, le géant Philip Morris a lancé sa Marlboro indienne. Mais à 80 roupies le paquet (1,4 euros), elle reste inaccessible pour la majorité des Indiens, dont 300 millions vivent avec moins de 2 dollars par jour.

L’Inde n’en est pas pour autant épargnée par les maladies liées au tabac. Les cigarettes « traditionnelles » sont en effet beaucoup plus chargées en nicotine et en goudron. L’Inde compte ainsi un sixième des malades du tabagisme dans le monde. Selon les chiffres du ministère indien de la Santé, 900.000 personnes meurent chaque année de maladie liées au tabac. Autre chiffre alarmant : 90% des cancers de la bouche dans le monde sont détectés en Inde.

medium_logo_natocon_small.jpg Chaque année, le gouvernement indien dépense 300 milliards de roupies (5,2 milliards d’euros) pour soigner ces maladies. De quoi donner envie de mettre le holà.

 

En 2003, les autorités indiennes ont pris plusieurs mesures draconiennes : interdiction du tabac dans les lieux publics, interdiction de toute publicité directe et de toute sponsorisation d’événements sportifs par des marques de tabac.

En 2005, le gouvernement indien a porté un nouveau coup à l’industrie du tabac, en interdisant la diffusion des films et des programmes télévisés montrant des fumeurs, des paquets de cigarettes, ou des publicités de tabac. La législation est très sévère : chaque scène où un acteur apparaît avec une cigarette doit être effacée par les chaînes de télévision. Une loi censée s’appliquer aux films indiens comme aux films étrangers, un travail de titan ! Mais les autorités indiennes ne plaisantent pas, récemment, une star de Bollywood a dû présenter des excuses publiques pour avoir posé avec un cigare sur l’affiche de son dernier film.

Le ministre indien de la Santé, le Pondichérien Anbumani Ramadoss, figure de proue de la lutte anti-tabac, ne compte pas s’arrêter là. « Le royaume du Bhoutan a été le premier pays au monde à interdire toute vente de tabac sur son territoire - en décembre 2004 -. Je crois que l’Inde devrait suivre cet exemple », a-t-il déclaré fin septembre à Bombay, lors d’une conférence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le ministre avait-il oublié ce jour-là que le Bhoutan ne compte que 2 millions d’habitants, contre plus d’un milliard d’Indiens ?

02/02/2007

Soleil, Taj Mahal et bistouri

Vous connaissiez le tourisme médical en Tunisie, voici venu le tourisme médical made in India. Des agences dévouées vous concocteront un savoureux mélange de visites touristiques et d’opérations en tout genre.

 

medium_bruce_small.jpg Dernière histoire en date : cet Américain de 43 ans, John Joseph Conway, venu se faire faire une mâchoire identique à celle de sa star préférée : Bruce Willis.

 

 

 

 

 

« Je suis pompier. Je dois être au top. Je voulais avoir une plus belle mâchoire et Bruce Willis a une belle mâchoire », a tout simplement expliqué l’intéressé.

 

« Il nous a contacté par mail. Il nous disait qu’étant pompier, intervenant dans des immeubles en feu, il était au centre de l'attention. Il nous a donc expliqué qu’il devait renforcer l’image de mâle associée à celle du pompier », raconte Vivek Kumar, membre de l’équipe médicale du Sir Ganga Ram Hospital de Dehli qui a opéré John Conway.

 

L’opération a duré trois heures et a coûté 1.600 dollars. Conway, qui s’est dit « satisfait » du résultat, compte désormais revenir avec sa mère et sa sœur. Un lifting pour la première, une liposuccion pour la deuxième. Au total, ils devraient dépenser 4.600 dollars. Soit un dixième de ce qu’ils auraient dû débourser aux Etats-Unis.

 

Selon une étude récente, l’Inde serait en passe de devenir la première destination au monde pour qui veut se refaire la poitrine ou subir une petite chirurgie des yeux. En 2006, le tourisme médical y a rapporté près de 320 millions de dollars. Et on parle déjà 2 milliards de dollars en 2012 !

 

Mais le système n’est pas à l’abri de dérives. Cyberkitty, journaliste blogueuse de Dehli, note ainsi que certains de ces établissements privés n’hésitent pas à proposer des greffes illégales à leurs riches patients venus d'ailleurs. Un système qui vien alimenter le trafic d’organes en Inde.

30/01/2007

Tout un village se mobilise contre le sida

« Un village montre l’exemple pour mettre fin à l’épidémie du sida », titre mardi le Times of India. Il s’agit de Budni, situé dans l’Etat méridional du Karnataka. Ses 4.000 habitants viennent de voter en faveur du dépistage obligatoire des garçons et des filles avant le mariage. Depuis cinq ans, 15 villageois, dont 4 enfants, sont morts du sida.

« Nos filles ont été mariées à des hommes venus de Mumbai, Kolhapur ou Goa, qui avaient contracté le virus. Elles sont ensuite revenues au village : veuves et malades. De même, certains de nos garçons ont été contaminés par des filles originaires d’autres villages. C’est pourquoi nous avons décidé de rendre le test obligatoire », explique l’un des membres du panchayat, l’équivalent de nos communes.

« Ce qui est frappant, s’étonne le Times of India, c’est que ce soit un village si peu développé qui ait pris cette mesure positive ». En effet, à Budni, l’hôpital le plus proche est à 10 kilomètres. Il n’y a ni route ni école secondaire. La majorité des 600 familles vit dans des maisons de boue.

Désormais, une « révolution silencieuse est en marche », estime le quotidien. Les « devadasis » ont pris la tête de la lutte contre le sida. Les devadasis, issues de la caste des intouchables, sont des esclaves de Dieu. À leur naissance, elles sont vouées à une déesse hindoue et devront ensuite offrir leurs corps aux hommes. Des prostituées divines, premières victimes de l’épidémie.

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Tous les jours, les devadasis de Budni font le tour du village avec des instruments de musique afin de « réveiller les consciences ».







Le peu de moyens ne les a pas découragés : elles ont créé un comité de santé qui s’occupe actuellement de 35 personnes atteintes du HIV. « J’ai été consacrée devadasi à l’âge de neuf ans. Ce qui s’est passé ensuite s’apparente à l’enfer. Je ne veux pas que les filles du village connaissent ce que j’ai subi. Maintenant, je travaille pour la communauté, je lutte contre le HIV et contre le système des devadasis », explique Kalavathy. Elle a permis à 12 jeunes filles d’échapper à ce tragique destin. « Une vraie révolution », conclut le Times of India.

Selon le dernier rapport d’Onusida, l’Inde détient le triste record du plus grand nombre de personnes infectées par le VIH. Avec 5,7 millions de personnes contaminées, l’Inde dépasse désormais l’Afrique du Sud (5,5 millions).

03/01/2007

Ayurvedic massage

Dans la série « J’ai testé », aujourd’hui : le massage ayurvédique. Version Edouard Baer « et tu oins ton corps d’huile de jojoba ». Ça commence par dix minutes de réflexologie plantaire. Et là, pas de chance, vous tombez sur l’élève reflexologue. Son regard va de vos pieds à son grand classeur – où chaque partie dudit pied est détaillée à grands renforts de croquis – puis de son grand classeur à vos pieds.

Il hésite puis se lance. Et d’enfoncer ses doigts dans différents endroits de vos pieds. Un peu comme s’il essayait de vous transpercer la plante des pieds. Il paraît que derrière le gros orteil, ça correspond à la colonne vertébrale. Je ne sais pas si j’ai mal au dos, mais au pied, c’est désormais une certitude !

J’en étais à peu près là de ma réflexion sur la philosophie ayurvédique quand la masseuse - la vraie, cette fois-ci – est venue me chercher. Destination : une petite salle au centre de laquelle trône une grande table en bois. Elle : « Il faut tout enlever ». Moi : « Tout ? ». « Oui, oui ». Et voilà comment on se retrouve allongé dans son plus simple appareil à imaginer que le cinquantenaire ventru qui nous a précédé était exactement au même endroit !

Puis le moment tant attendu du massage arrive enfin. Et là, on y croit : « Enfin, je vais me détendre. » Et on y arriverait presque s’il n’y avait pas ces moments où elle vous enfonce ses doigts sur les bras, réoriente votre colonne vertébrale ou vous tape sur la tête. Le must – car il y en a quand même un - : le massage du visage et la douche chaude à la fin !

Pour plus d'infos, le site de l'APMA, l'association pour la promotion de la médécine et du massage ayurvédique. On vous explique notamment que le massage ayurvédique permet d'atteindre la parfaite union entre « le corps et l’esprit, l’être et l’univers, le Microcosme et le Macrocosme ». A méditer...

27/12/2006

Healthy smiles

Dans la série « J’ai testé », aujourd’hui : le dentiste à Pondichéry.
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Un bon conseil : savoir exactement à quelle dent vous avez mal. Parce qu’apparemment, ce n’est pas le docteur Carounanidy Usha qui vous le dira. « Il y a plusieurs hypothèses. Je vais faire une exploration et ensuite je déciderai d’une intervention. Rendez-vous la semaine prochaine ». Une « exploration » ! Est-ce que c’est le moment où je pars en courant ? À 200 roupies la consultation (environ 3 euros), j’aurais peut-être dû me méfier…

La photo du jour dans la presse : l’hommage des étudiants des Beaux Arts de Chennai aux 11.000 victimes indiennes du tsunami.
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Mardi, le Tamil Nadu a célébré avec émotion le second anniversaire du « black day ». Les embarcations des pêcheurs, ornées d’un drapeau noir, sont restées exceptionnellement à quai.

07:25 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (3)

26/12/2006

Taste the Coke side of life

Le ri frit, le dosa (sorte de grande crêpe garnie de légumes), ou le biryani végétarien. Ici, "tout est meilleur avec Coca-Cola". A Pondi, le géant de la boisson est partout.
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Une situation bien éloignée de celle du Kerala voisin où Coca-Cola fait l'objet de toutes les critiques depuis trois ans. D'abord accusé d'assécher les nappes phréatiques au détriment des paysans locaux, Coca-Cola se voit désormais reprocher la présence de résidus de pesticides dans ses bouteilles. Cet été, les communistes, au pouvoir dans cet Etat, en ont interdit la fabrication et la vente. Une décision levée fin septembre en raison d'un vice de procédure. Mais d'autres poursuites sont en cours.
Il faut dire que les communistes kéralais ont la dent dure contre les géants américains : ils ont récemment décidé de promouvoir le logiciel libre Linux dans toutes les écoles et les universités de l'Etat. Un pied de nez au Windows de Microsoft.

20/12/2006

Maternity hospital

Maternité de Pondichéry, 12h30. Les portes viennent d'ouvrir. Femmes, hommes et enfants se ruent vers l'entrée, afin de rejoindre celles qui ont passé la nuit dans leur chambre d'hôpital.
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Dans le couloir qui mène à la salle d'échographie, une affiche attire le regard : "Déterminer le sexe du foetus lors d'un diagnostic prénatal est un crime puni par la loi pour ceux qui le font, ceux qui le font faire et ceux qui l'encouragent." En Inde, l'échographie ne sert pas tant à déceler les éventuelles pathologies du bébé qu'à découvrir son sexe. Et pour les familles indiennes, au déshonneur d'avoir une fille, s'ajoute souvent un autre problème : la dot. Nécessaire au mariage des filles, elle représente un fardeau financier que les familles préfèrent éviter. Chaque année, environ 500.000 foetus féminins sont ainsi éliminés. Sur les vingt dernières années, le foeticide féminin aurait entraîné un déficit de dix millions de femmes en Inde. "Pourquoi es-tu venue au monde ma fille, quand un garçon je voulais ? Va donc à la mer remplir ton seau : puisses-tu y tomber et t'y noyer", dit l'une des chansons populaires indiennes. A méditer...
Sur le sujet, lire Le premier siècle après Béatrice, d'Amin Maalouf. L'écrivain imagine un futur ravagé par la découverte d'une substance favorisant la naissance des garçons au détriment de celle des filles.

04/12/2006

So chik !

Qui dit premier week-end à Pondichéry dit : se balader en scooter accrochée derrière Mister D., découvrir les plages du coin, flâner au Sunday market, déguster croissants et pains au chocolat au Daily Bread le dimanche à l’heure du brunch…
Oui, mais non. J’ai opté pour l’option « week-end au lit », all inclusive : la fièvre (un bon 39), le mal de tête, du genre « mais pourquoi ce type s’amuse à serrer un étau autour de mon crâne », et d’autres détails biens moins sympas à raconter. Mais en bonne survivante du palu malien, j’ai dit non au chikungunya, dans sa version pondichérienne. Résultat : aujourd’hui, je pourrais presque danser sur un bon zouk.
Voire même sur la B.O de Something Something, LE film tamoul de l’été.

podcast

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